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Addictions : oser en parler

- Mise à jour le 22/03/2016 15:31

Médicaments, alcool, drogues illicites, les addictions restent un sujet tabou en entreprise. La prévention est complexe et le dépistage des salariés à risque, difficile. Depuis la loi de 2011, cette prévention fait pourtant partie intégrante des missions de la médecine du travail. Comment agir en amont et accompagner les salariés concernés ?

addictions

 

Rapid Stat. Deux mots qui désignent un test salivaire, utilisé par la gendarmerie, capable de dépister en huit minutes la présence de cinq drogues. Depuis 2012, une centaine d’encadrants du groupe Bouygues Énergies et Services ont appris à le réaliser. L’enjeu : pouvoir éloigner de son poste un collaborateur visiblement sous l’emprise d’une drogue dont le comportement pourrait être dangereux pour lui ou ses collègues. Car le sujet des addictions est pris très au sérieux au sein du groupe de BTP. Dès 2009, à l’occasion de sa Journée internationale de sécurité, l’entreprise a ouvert la discussion. " Nous avons fait intervenir la gendarmerie qui a abordé la question de l’alcoolisme et des drogues sous l’angle de la sécurité routière ", explique David Aubertin, responsable QSE du groupe. Selon l’INPES, 20 à 30 % des 650 000 accidents du travail recensés chaque année sont en effet liés à la consommation d’une substance psychoactive : alcool, tabac, drogues illicites ou médicaments psychotropes. Face à ce constat, a été adopté en 2013 le premier plan gouvernemental de lutte contre les drogues et les conduites addictives. "Car c’est en termes de prévention qu’une action forte et coordonnée s’avère indispensable ", soulignait Jean-Marc Ayrault. Et les entreprises du BTP sont particulièrement concernées par la consommation de boissons alcoolisées ou de substances psychotropes. Des substances qui modifient la vigilance, altèrent les capacités cognitives, allongent les temps de réaction et risquent donc de provoquer des accidents graves pouvant engager la responsabilité des employeurs.

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Cet article est extrait du dossier santé du magazine Prévention BTP n°196 (avril 2016).
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Agir le plus tôt possible

En cas de suspicion d’usage de stupéfiants, le règlement intérieur de l’entreprise peut prévoir le recours au médecin du travail. " Lorsqu’un employeur nous appelle, le salarié est, en général, en difficulté depuis longtemps, explique le Dr Claudine Vigneron, médecin du travail à l'APST-BTP. Idéalement, il faudrait agir bien en amont, lorsque la consommation est soit ponctuelle mais dans des situations à risque, soit excessive mais sans dépendance." [...]

Un accompagnement personnalisé

Pour accompagner les entreprises qui sont confrontées à des problèmes d’addictions, il existe un certain nombre de structures. Les centres de soins d’accompagnement et de prévention en addictologie (CSAPA) offrent par exemple une prise en charge médicale, psychologique et éducative en ambulatoire. Il est également possible de se tourner vers les consultations d’addictologie susceptibles de proposer un temps d’hospitalisation. La liste des établissements est disponible sur le site drogues infos services . Enfin, le SIST-BTP de la côte d’Or a créé une "  boîte à outils  ", huit documents téléchargeables sur leur site. Très complète, elle permet de mieux comprendre le phénomène des addictions, leurs causes, et les leviers d’action. [...]

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A lire également dans le magazine PréventionBTP n°196

Quelle est la place du cannabis au travail ? Que peut faire l'employeur ? Retrouvez l'interview du Bertrand Dautzenberg, professeur de pneumologie à l’université Pierre et Marie Curie et pneumologue à La pitié salpêtrière (Paris).

Face aux addictions...

à éviter :

  • Le discours moralisateur. Quand une personne consomme plusieurs joints par jour, elle est dépendante. Lui parler des méfaits de la drogue est peu opérant.
  • Faire un dépistage systématique des addictions. C’est interdit.

à pratiquer :

  • Demander simplement "Avez-vous déjà songé à arrêter ? " Si la réponse est négative, inutile d’aller plus loin. Mais le fait d’avoir posé cette question peut déclencher l’envie d’arrêter. Si la réponse est positive, orienter vers une consultation spécialisée.
  • Sensibiliser, mentionner dans le règlement intérieur l’interdiction d’introduire sur le lieu de travail des substances illicites, réaliser des sondages par la voie de questionnaires anonymes.

 



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