Chantier EDF Romanche-Gavet : un accueil sécurité innovant
Le plus grand chantier de construction hydraulique d’Europe est un bon exemple de partenariat entre maîtres d’ouvrage, entreprises et organismes de prévention. L’ensemble des intervenants et des visiteurs devra obtenir un "Passeport Sécurité" avant de pénétrer sur ce chantier d’envergure avec comme objectif zéro accident grave durant les cinq ans que durera l’ouvrage.
La sécurité est au cœur des préoccupations du plus grand chantier de construction hydroélectrique européen actuel, réalisé par EDF sur la commune de Livet-et-Gavet (38), et qui prévoit la suppression de six barrages. Cet ouvrage, exceptionnel par sa durée et son ampleur, s’achèvera en 2017. Il mobilise un grand nombre d’intervenants – 250 personnes en effectif de pointe – et nécessite de réaliser de nombreux travaux spéciaux et très techniques dans un environnement souterrain et à proximité d’une rivière, tels que des forages, des tirs de mines ou des terrassements profonds. Conscient du risque accru de dangers engendrés par ces particularités (chute de pierres, ensevelissement, noyade), EDF, maître d’ouvrage et maître d’œuvre, a sollicité l’OPPBTP afin de mettre sur pied un dispositif de sécurité innovant avec un effort particulier porté sur l’accueil des intervenants. Ainsi, l’ensemble des ouvriers, opérateurs, cadres et visiteurs du chantier devra obligatoirement obtenir son «Passeport Sécurité» avant de pouvoir pénétrer sur le chantier, à l’instar de ce qui se pratique déjà dans l’industrie, notamment. "Le chantier devrait accueillir un millier de personnes en cinq ans et chacune d’entre elles bénéficiera de cet accueil sécurité", explique Joël Finiel, ingénieur prévention à l’OPPBTP.
Trois niveaux d’exigence
Le précieux sésame s’acquiert à l’issue d’une formation d’une demi-journée pour l’encadrement et de deux heures trente pour les opérateurs et les visiteurs, dispensée au sein de la Maison Romanche Énergies de Gavet. Celle-ci comprend la projection d’un film et d’un diaporama sur la sécurité, suivie d’un quiz portant sur les principaux risques pouvant être rencontrés sur le chantier, sur les équipements obligatoires et sur la conduite à tenir en cas d’incident. Trois niveaux d’autorisation sont ensuite délivrés aux répondants en fonction de leur typologie. Ainsi les visiteurs, souvent peu au fait des risques encourus, sont également concernés par le dispositif. "C’est l’occasion de leur rappeler que l’on ne visite pas un chantier comme on visite un musée, souligne Paul Gaudron, chef d’aménagement du chantier. Mais c’est aussi et surtout une manière de faire acquérir à l’ensemble des intervenants une culture commune de la sécurité." Un comité de pilotage rassemblant des représentants de l’ensemble des acteurs du chantier (Spie Batignolles, Campenon Bernard, l’Apave, l’OPPBTP, la Carsat Rhône-Alpes et les services de santé au travail) se réunira tous les six mois afin d’assurer le suivi du chantier et de faire évoluer les mesures de prévention et de sécurité en fonction des besoins. «Ce dispositif préfigure clairement de ce qui pourrait se faire de manière systématique sur les chantiers à l’avenir, car un grand nombre d’entreprises se sont montrées très intéressées par ce système de Passeport Sécurité», conclut Joël Finiel.
Mise à jour le 09/10/2012



