Plus de la moitié des médecins du travail ont plus de 55 ans et de moins en moins d'étudiants en médecine optent pour cette filière jugée parfois peu gratifiante. Il y a donc urgence à donner une nouvelle orientation à la médecine du travail. Alors qu’un large consensus se dégage sur la nécessaire évolution de cette spécialité, le projet de réforme qui s’inscrit dans le cadre du Plan de santé au travail 2 dessine un nouveau modèle pour la filière santé-travail. Mais des zones d’ombre et des points de désaccord demeurent.
La médecine du travail sera bien réformée. Le ministre du Travail Eric Woerth, reprenant le projet de son prédécesseur, Xavier Darcos, l’a confirmé le 11 mai au Conseil d’orientation des conditions de travail. Dans son sillage, l’examen du projet de loi est même annoncé pour cette année, semble-t-il, intégré dans le paquet législatif « retraites ».
Le gouvernement le garantit : les principes fondateurs de cette spécificité française née en 1946 (universalité, indépendance, vocation préventive) seront respectés. Pour le reste, c’est l’attente. Une chose est sûre : la médecine du travail va s’affirmer au sein de services de santé-travail, désormais dépositaires de missions. Une orientation considérée comme une réelle avancée pour Paul Frimat, professeur de médecine du travail à l’Université de Lille II : « Pendant cinquante ans, les services de santé au travail ont vendu de la visite médicale. Désormais, les actions seront intégrées dans une communauté d’objectifs, déclinés selon les besoins du terrain dans le cadre de programmes et de projets évaluables».
Des compétences à chercher
Loin d’un tel satisfecit, les autres mesures interpellent. Sujet de discorde, le transfert de la responsabilité des missions des médecins au directeur de service qui devra, à l’instar d’un directeur général de centre hospitalier, mettre les moyens nécessaires pour la mise en œuvre des objectifs opérationnels et veiller à leur exécution. Christian Expert, médecin à l’APST BTP 06 s’interroge sur les conséquences d’une telle mesure : « Quid de l’indépendance et de l’autonomie du médecin du travail ? ». Paul Frimat, lui, déplace le débat sur la question de la compétence, qui selon lui n’est pas toujours au rendez-vous. « D’où la nécessité de former ces cadres à la thématique santé-travail afin qu’ils comprennent les enjeux du système de santé ».
(Voir l'article complet dans le numéro de juin de Prévention BTP, n°131)
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