Le dernier bilan de l’assurance maladie fait état d’une baisse significative des accidents du travail en 2009, tous secteurs confondus. Une tendance positive à nuancer, cependant, par la diminution du nombre de salariés dans le secteur du BTP, crise oblige.
C’est un record : en 2009, le nombre d’accidents du travail (AT) tous secteurs confondus a reculé de 7,5 %, touchant environ 650 000 salariés contre plus de 700 000 en 2008. L’indice de fréquence des AT est également le plus bas que la France ait connu ces dernières années s’établissant à 36 accidents pour 1 000 salariés. Les accidents mortels ayant pour leur part connu une baisse de 5 % avec un peu moins de 550 cas recensés. Dans le BTP, secteur accidentogène, le taux de fréquence des accidents graves avec incapacité permanente enregistre, lui, une baisse de 6,5 % entre 2008 et 2009.
Seuls les accidents de trajet domicile-travail (hors accidents routiers) poursuivent une hausse entamée depuis 2004 (+6,8 % en un an). Ces bons résultats sont à mettre en partie au crédit du Plan national d’actions coordonnées de l’assurance maladie, élaboré en 2008, et qui est un élément majeur du Plan de santé au travail 2 (PST 2) du ministère du Travail, et de l’amélioration constante des mesures de sécurité dans les entreprises et sur les chantiers. Mais cette baisse résulte également d’éléments conjoncturels. La crise a en effet particulièrement affecté l’emploi dans des secteurs traditionnellement exposés aux accidents du travail comme le BTP, qui a connu une baisse de 2 % de ses salariés. «
Certes il y a moins de chantiers, donc moins de salariés et automatiquement moins d’accidents, dans le secteur du bâtiment,
confirme Philippe Bourges, ingénieur-conseil à la Cnam AT-MP.
Pour autant, l’indice de fréquence baisse également, ce qui prouve que la tendance s’est véritablement inversée
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Hausse des maladies professionnelles
Ces résultats positifs ne doivent pas en revanche masquer une autre réalité : les maladies professionnelles (MP) connaissent, elles, une envolée sans précédent. En 2009, elles ont augmenté de 5,1 % avec un total de plus de 45 000 affections déclarées, dont près de 80 % relèvent des troubles musculo-squelettiques (TMS). Au total, plus de 9,2 millions de journées de travail ont été perdues en 2009. «
L’augmentation ne s’explique pas uniquement par une hausse des affections mais aussi par une meilleure connaissance des TMS par les salariés et donc une augmentation des déclarations,
estime Philippe Bourges.
Pour autant, cette augmentation demeure préoccupante car les MP coûtent extrêmement cher et la baisse des accidents du travail ne suffit pas à compenser leur hausse.
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Enfin, la Cnam TS a présenté un bilan des actions menées en 2009, dans le secteur du BTP notamment, sur la prévention contre les accidents du travail. En tout, ce sont plus de 23 340 visites de chantier qui ont été réalisées par les ingénieurs-conseils et contrôleurs sécurité pour promouvoir le « socle commun » de mesures de prévention (chutes de hauteur, manutention, hygiène et conditions de travail) élaboré avec l’OPPBTP et l’INRS.