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Crise sanitaire : les entreprises du BTP ont répondu avec rapidité et efficacité

Xavier Haertelmeyer - Mise à jour le 20/10/2020 17:30

Les actions menées par les entreprises du BTP pour la reprise post-confinement du printemps en contexte d’épidémie de Covid-19 ont fait l’objet d’une enquête de terrain de l’OPPBTP. Elle dévoile que les acteurs du secteur ont bien adopté les mesures sanitaires en associant réorganisation, adaptation et obligation.

Opérateur sur un chantier se lavant les mains au gel hydroalcoolique

 

Comment les entreprises ont-elles organisé leur reprise d’activité en appliquant les recommandations pour se protéger de la Covid-19 ? C’est ce qu’a cherché à savoir l’OPPBTP en les interrogeant, un mois après le déconfinement de mai 2020. En tenant compte de leurs craintes et de leurs difficultés, il s’agissait de relever les pratiques, bonnes ou mauvaises, et les réponses originales et adaptées à la situation. Ce retour d’expérience réalisé dans quatre secteurs d’activité, trois régions, et dans des entreprises de toutes tailles, souligne la bonne implication de tous les acteurs de l’entreprise*.

Guide et documents mis à jour

Le premier constat est sans appel : tous saluent l’arrivée du guide de l’OPPBTP et de ses documents associés. « Il y a eu un avant et un après », déclarent en chœur les intervenants, qui y ont trouvé les actions à déployer et les réponses pour mettre à jour leurs documents (DUER, plans d’action, PPSPS). Considérés comme nécessaires et suffisants par l’encadrement, et satisfaisants et adaptés par les compagnons, ils ont servi de point d’appui pour construire un dialogue constructif et pédagogique pour la reprise des chantiers. « Le guide et l’ensemble des documents mis à jour ont permis aux entreprises une action de confiance avec les salariés mais aussi avec les clients, notamment les particuliers, précise Vincent Campion, responsable du pôle construction au sein de la direction technique de l’OPPBTP. Cet ensemble a apporté une réponse pour la maîtrise des risques, un facteur clé de la reprise et de son succès. »

Zoom sur

Cinq points de l’enquête

  1. Le mètre de distance est considéré comme respecté de façon suffisante et appropriée, et plus spontanément sur les déplacements horizontaux que verticaux.
  2. Le lavage des mains et l’hygiène des locaux sont les mesures les mieux acceptées, appréciées et respectées par l’ensemble des entreprises rencontrées.
  3. Le masque est touché régulièrement par automatisme ou pour l’ajuster en raison de l’inconfort (température, activité, gêne respiratoire, port de lunettes...).
  4. La désinfection des outils n’est pas systématique, même si les compagnons sont plus engagés à respecter et à entretenir leurs petits matériels de façon autonome.
  5. Certaines dépenses liées aux dispositions prises pourraient être considérées comme des investissements générant des gains en performance à terme.

La motivation, un facteur clé de la reprise

La motivation a aussi été un facteur clé de la reprise. Tant l’encadrement que les opérateurs affichaient une forte volonté de retourner travailler, avec une attention particulière liée à la situation. « L’enquête révèle la bienveillance de certains maîtres d’ouvrage, note Vincent Campion, mais dévoile également chez d’autres une absence de volonté d’accorder des délais supplémentaires ou de mettre en place des indemnités », une préoccupation économique en rapport avec les frais supplémentaires dédiés aux mesures spécifiques Covid et à l’allongement des délais des chantiers.

L’enquête relève également l’absence de disparité entre les métiers et la taille des entreprises sur la façon dont les actions se sont organisées. Toutefois, « la taille de l’entreprise influe sur la capacité d’action, reprend le responsable. Plus l’entreprise est structurée, meilleure est l’organisation. Les plus petites, qui n’ont pas forcément une culture affirmée en prévention, affichent un résultat tout juste satisfaisant malgré la prise de conscience forte. » L’attention à l’hygiène est une avancée notable. « Le lavage des mains et le nettoyage sont des mesures acceptées et respectées, signale Vincent Campion. Tous veulent que cela se poursuive. » Et la créativité a été de mise : portes de camionnette avec lave-mains intégré, sets de table plastifiés, essuie-mains jetables et poubelles à pédales dès l’entrée du chantier sur le sens unique de circulation, casiers avec boîtes de rangements pour les gants... Pour le nettoyage, soit l’entreprise fait appel à un prestataire, soit les salariés l’effectuent à raison d’une à deux fois par jour.

Port du masque: des situations disparates

S’agissant du port du masque, la situation est plus contrastée. Fatigant et contraignant, il perturbe la vue et donc l’évolution dans l’espace. Quant au problème de buée avec les lunettes, certains le résolvent avec un écran facial, observant parfois un effet loupe, tandis que d’autres portent... des lunettes de piscine. En fonction de la distanciation physique possible, l’entreprise l’impose à certains ou le recommande à d’autres.

L’organisation du chantier joue aussi sur son port, notamment les horaires décalés, les zonages, le sens de circulation... Une entreprise s’est ainsi aperçue qu’un ouvrier seul pouvait poser un revêtement PVC rigide en cinquante minutes, dont cinq de pause, alors qu’à deux, l’opération réclamait trente minutes. Un gain de productivité d’une part et de distanciation de l’autre.

 

Les bonnes pratiques perdurent. Il y a aussi du bon sens dans la limitation de la coactivité, une meilleure gestion de l’espace et du travail en poste, des interventions réparties, comme dans la démarche Lean.

 

Attention aux autres risques

Les horaires décalés, très pratiqués, limitent le nombre de personnes dans les véhicules, ou le transport en période de forte affluence, un atout notamment en Ile-de-France. « Cette enquête révèle que les dirigeants, quelle que soit la taille de l'entreprise, ont fait des choix forts et déterminants pour la sécurité des salariés et pour les finances de l'entreprise. » Les risques sanitaires sont compris et acceptés, mais la vigilance sur les autres risques tend à être oubliée.

Si aucune recrudescence du nombre d’accidents n’est observée, l’enquête indique tout de même une augmentation des « presqu’accidents ». Un sujet sur lequel l’OPPBTP a réagi dès cet été en lançant une campagne de sensibilisation. Aujourd'hui, la deuxième vague de l’épidémie appelle à une vigilance accrue : sur les risques de contamination dans la sphère privée, qui impacte le risque de contamination au travail, sans oublier les risques professionnels du BTP.

 

* Les informations au sujet de l’épidémie de Covid-19 évoluent rapidement. Cette enquête a été menée en juin 2020.



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