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Les précautions à prendre sur les chantiers en été

- Mise à jour le 07/07/2014 09:35

Le travail par grande chaleur et/ou en plein soleil peut être à l’origine d’accidents graves, voire mortels. Dans le secteur particulièrement concerné du BTP, employeurs comme salariés doivent adapter leurs journées pour faire face à ces risques. Rappels et conseils.

Les précautions à prendre sur les chantiers en été

Même si, cette année, l'été tarde à s'installer sur la France, les températures peuvent augmenter brutalement dans les semaines qui viennent. Or, en cas d’accident dû aux conditions climatiques, la responsabilité de l’entreprise peut être engagée. Cette dernière sera alors appréciée par rapport aux mesures de prévention qui auront été prises.

Les travaux réalisés par temps caniculaire présentent certains dangers qui doivent être mentionnés dans le document unique. Il s’agit, entre autres, du risque d’accident du travail consécutif à une perte de vigilance due à la chaleur ; du risque de crampes musculaires ou de malaise pour les individus exposés ; du risque de coup de chaleur.

Le coup de chaleur

Le coup de chaleur, qui correspond à une élévation de la température du corps au-delà de 40,6° C, est une urgence vitale. Mortel dans 15 à 25 % des cas, il doit être pris en charge et soigné rapidement pour ne pas entraîner de séquelles. Il faut donc connaître les signes d’alerte (anomalies du comportement, grande faiblesse ou grande fatigue, vertiges, nausées, vomissements, soif intense…) et réagir précocement. En attendant les secours, il s’agira de réfrigérer au maximum le malade (lui enlever ses vêtements, le ventiler et l’asperger d’eau fraîche).

Surveiller la météo

En période de canicule, la première mesure de sécurité consiste à vérifier quotidiennement les conditions météorologiques et les bulletins d’alerte afin d’évaluer le risque au jour le jour. La vigilance est impérative dès que la température dépasse les 30° C à l’ombre et accrue dès lors que les températures nocturnes sont supérieures à 25° C (cela nuit à la récupération complète de l’organisme).

Modifier les conditions de travail

Dans un contexte de grande chaleur, il faut être vigilant quant aux tâches à exécuter. Cela implique par exemple de limiter le travail physique et de réaliser les tâches lourdes tôt le matin, de prévoir et de fournir des aides à la manutention (des abris et des brumisateurs) et enfin, une vigilance renforcée face à certains types de travaux comme les interventions sur les toits pour les couvreurs ou sur les enrobés pour les ouvriers des travaux publics.

Aménager l’organisation

Des mesures de prévention organisationnelles peuvent également être mises en place pour s'adapter aux fortes chaleurs. Il s'agira par exemple de privilégier le travail d’équipe. Il permet, en effet, une surveillance mutuelle des salariés et l'aménagement des horaires (plus tôt le matin et augmentation des pauses). Pour limiter le temps d'exposition au soleil, il peut être conseillé d'effectuer une rotation des tâches lorsque des postes moins exposés en donnent la possibilité.

Adapter l'habillement

Tout comme lorsque les températures sont très basses, les fortes chaleurs nécessitent d'opter pour le port de vêtements adaptés. Ainsi, couleurs claires favorisent l’évaporation de la sueur (le travail en bermuda est interdit et le torse nu est dangereux pour les coups de soleil). Même en cas de hausse du mercure, le casque et les chaussures de sécurité doivent être conservés. Enfin, il faudra penser à protéger les yeux avec des lunettes de protection teintées.

Adopter une hygiène de vie appropriée

Sur les chantiers du BTP, les employeurs sont tenus de mettre à la disposition des travailleurs trois litres d’eau, au moins, par jour et par travailleur ( article R. 4534-143 du Code du travail ). Parmi les bonnes habitudes préventives, il faut en outre : boire régulièrement (un verre d’eau fraîche toutes les 20 minutes), même si l’on ne ressent pas la soif, ne pas consommer d’alcool et manger salé pour compenser l’élimination des sels minéraux. Pour savoir si l'on a assez bu, la couleur des urines est un bon indicateur. Lorsqu’elles sont claires, l’hydratation est suffisante et tout va bien. En revanche, plus elles sont foncées, plus elles indiquent un état de déshydratation.

Les risques de l’abstinence pour les ouvriers du BTP

La pratique du ramadan est de plus en plus courante  et rigoureuse chez les ouvriers de confession musulmane. Elle peut entraîner déshydratation, fatigue,  baisse de la vigilance… Une organisation spécifique est à prévoir.

S’il était fréquent, il y a encore dix ou quinze ans, qu’un imam conseille à ses fidèles d’aménager leur jeûne ou encore de " rattraper " plus tard la période de privations, beaucoup de croyants optent aujourd’hui pour une abstinence totale (aucune ingestion solide ou liquide du lever au coucher du soleil). La situation est particulièrement délicate lorsque le ramadan tombe en été, comme c'est le cas cette année, où il a commencé le 29 juin. Le risque principal, pour les ouvriers du BTP, est la déshydratation, puisqu’il est conseillé, pendant la saison chaude, de boire au moins 1,5  litre d’eau pendant la journée.

S’ajoute à cela la fatigue liée à la privation de nourriture et aux horaires décalés qui induisent une dette de sommeil, car on se restaure pendant la nuit, et les nuits d’été sont très courtes. Cette fatigue entraîne une baisse importante de la vigilance aussi préjudiciable pour celui qui jeûne que pour ses collègues qu’il peut mettre en danger. Le risque n’est pas à négliger, car en cas d’accident l’entreprise peut être considérée comme responsable. Une solution, pour celui qui prévoit de faire un jeûne strict, consiste à prendre ses vacances. Le responsable de l’entreprise peut aussi discuter avec les compagnons pour leur demander d’accepter un assouplissement de la règle, et dans le même temps aménager leur poste et les horaires. Si l’organisation du travail le permet, pourquoi ne pas leur proposer d’intégrer les équipes de nuit ?

 

Pour vous aider :

Télécharger le dépliant "La canicule et nous ... comprendre et agir" de l'INPES"

Ministère des affaires sociales et de la santé : Canicule et chaleurs extrêmes 

Plan national canicule 2014



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