Le bruit

Homme travaillant dans un atelier avec un casque pour se protéger du bruit

Préserver la santé auditive constitue un enjeu de prévention majeur dans les métiers du BTP. En effet, du chantier à l’atelier, le bruit est omniprésent. Or, lors d’une exposition prolongée et répétée, il peut affecter la santé et le travail. Pour protéger les salariés des atteintes dues à cette exposition, les recommandations s’appuient sur l’évaluation des risques et les mesures de prévention collectives et individuelles.

  • Ajouter à mes favoris (espace e-prévention)
  • Imprimer
  • Grossir le corps de texte Diminuer le corps de texte
  • Partager

Appliquer les mesures de prévention

 

Évaluer le risque d’exposition au bruit

Estimation du niveau sonore des postes et des situations de travail

Pour estimer le niveau sonore à un poste, effectuez au préalable le test suivant :

  • s'il est nécessaire d’élever la voix pour communiquer avec un collègue situé à 1 mètre, le risque lié au bruit est élevé.
  • s'il faut crier pour se faire entendre à 2 mètres de distance, le niveau sonore est évalué à au moins 85 dB (A) : le risque est avéré.

Une fois ce test réalisé, procédez à l’estimation :

  1. Caractérisez les sources de bruit (machines, outils, environnement, coactivité, voix, etc.).
  2. Distinguez les bruits continus et les bruits intenses mais de courte durée. Notez les situations dans lesquelles ils se produisent.
  3. Effectuez des mesures représentatives de l’activité.

Attention : prenez en compte tous les travailleurs concernés dans une unité de travail. Par exemple, plusieurs travailleurs sont exposés au bruit lorsqu’ils se trouvent au voisinage de quelqu’un qui pioche.

Organisez cette démarche en sollicitant le personnel, ses représentants, le CSE s’il existe ou, à défaut, le conseiller OPPBTP, le médecin du travail… En ce qui concerne le personnel, veillez particulièrement à prendre en compte le vécu des salariés pour établir le diagnostic et faciliter la priorisation des actions.

Mesurage

Lorsque le risque est avéré, un mesurage est nécessaire pour déterminer son importance. Il doit être effectué par des personnes compétentes, internes ou externes à l’entreprise. Le mesurage peut être réalisé selon deux approches différentes mais souvent confondues, la cartographie et la dosimétrie.

  • La cartographie permet de repérer un certain nombre de sources de bruit et d’établir une carte de bruits aisément communicable.
  • La dosimétrie consiste à mesurer les niveaux sonores réellement reçus par les salariés, grâce à un appareil porté sur des périodes représentatives de l’activité (plusieurs heures).

A savoir
Assurez-vous que les mesures sont réalisées conformément à la norme NF EN ISO 9612 sur la détermination de l'exposition au bruit en milieu de travail.

Transcrivez les résultats de cette évaluation dans votre Document unique .

Privilégier les mesures de prévention collective

Supprimer ou limiter la production de bruit

Pour supprimer ou diminuer l’exposition des travailleurs au bruit, il est possible d’agir en amont sur plusieurs paramètres :

  • dès la conception : nouveaux locaux, réaménagement, matériaux utilisés ;
  • lors de la préparation des travaux : organisation du travail, choix de procédés, d’équipements ou de techniques alternatives moins bruyants.

Au niveau des machines, plusieurs mesures sont applicables :

  • réduire la propagation du bruit issu du contact entre les machines et leurs supports en installant des plots antivibratiles ;
  • diminuer le bruit issu des chocs, par exemple, le bruit provenant du tapis amortisseur pour les pièces qui tombent ;
  • installer une barrière acoustique (capotage, encoffrement…) ;
  • entretenir régulièrement les machines afin de préserver leur efficacité et réduire leur nuisance sonore ;
  • lors de l’achat d’une machine ou d’un outil, comparer les performances acoustiques.

Exemple de barrière acoustique : l’encoffrement
L’encoffrement consiste à placer la machine bruyante dans une boîte présentant un isolement phonique élevé de façon à garantir l’étanchéité sonore. Cette solution est de plus en plus souvent adoptée et se révèle efficace si la machine est automatique ou nécessite peu d'interventions manuelles, et si l'encoffrement fait l'objet d'un entretien minutieux.

Comment choisir des équipements selon leurs caractéristiques acoustiques ?

Afin de choisir les équipements ayant les meilleures performances acoustiques, prenez en compte les indications données par le fabricant. Elles figurent sur la notice et l’étiquetage. Ces indications comprennent le niveau de puissance acoustique et son niveau de pression acoustique au poste de travail.

Informer et former les opérateurs

Informez les opérateurs sur le danger sonore et sur les moyens de prévention, notamment pour pouvoir réagir et se protéger en cas de situations dangereuses. Pour communiquer ces informations, choisissez le moment adéquat, comme par exemple les petits-déjeuners sécurité ou encore les quarts-d'heure sécurité. Vous pouvez également recourir aux nombreux documents disponibles sur le sujet :

  • dépliants, notices d'utilisation de matériel, PPSPS ou plans de prévention, etc.
  • des photos ou des vidéos (OPPBTP, INRS ou services de santé...).

La bonne utilisation du PICB nécessite également de former les opérateurs au port des EPI. Plus particulièrement, assurez-vous qu’ils soient formés à la mise en place du PICB et qu’ils reçoivent une sensibilisation au risque bruit. En effet, les salariés devant porter des EPI doivent être informés des risques contre lesquels l’EPI les protège et de leurs conditions d’utilisation.

Par exemple, formez les opérateurs à bien mettre en place les bouchons d’oreille .

En cas de besoin, vous pouvez solliciter l’aide de votre médecin du travail ou de votre conseiller OPPBTP.

Organiser le travail et l'activité

Si les actions techniques pour réduire les nuisances sonores sont insuffisantes ou impossibles, agissez sur la durée d’exposition au bruit des opérateurs. Pour déterminer les durées d’exposition, faites-vous aider par le médecin du travail, le CSE ou, à défaut, les représentants du personnel et les syndicats.

L’éloignement

Éloignez les opérateurs des zones les plus bruyantes, au moins pendant une partie de la journée. Il est également possible de faire tourner les travailleurs entre postes bruyants et non bruyants ou de déplacer les équipements bruyants.

Organiser le travail

Vous pouvez aménager des pauses, procéder à des rotations, alterner les tâches des opérateurs. Pensez également à la disposition des machines et des postes de travail et à l’isolation des postes bruyants des autres postes.

Comment réduire l’activité bruyante sur chantier ?

Avec les mesures prises en amont sur la conception, des solutions supplémentaires sont applicables :

  • Utilisez des véhicules, des équipements émettant le moins de bruit possible.
  • Planifiez les tâches à forte émission sonore, soit en les supprimant, soit en les programmant aux heures de faible présence d’opérateurs sur le chantier ou en dehors des heures habituelles du chantier, lorsque cela est possible et que l’environnement le permet.
  • Éloignez les postes de travail bruyants des autres postes.

Liens utiles

Retrouvez des informations complémentaire sur les sites de nos partenaires.

Abonnez-vous à la newsletter !

Restez connecté à la prévention en vous inscrivant à notre newsletter et recevez tous les mois en exclusivité toute l'actualité de la prévention dans le BTP.