Le risque plomb

Le plomb est largement présent dans les ouvrages construitsjusque dans les années 1970

Récemment intégré aux risques chimiques, le plomb n’en est pas moins toxique. L’utilisation généralisée de peintures au plomb dans l’habitat jusque dans la première moitié du XXe siècle a encore des conséquences en termes de santé publique et de santé au travail. Pour limiter les effets invisibles et différés du plomb sur l’organisme, les solutions préventives sont renforcées. Elles incombent à différents titres aux maîtres d’ouvrage, maîtres d’œuvre, coordonnateurs SPS et entrepreneurs.

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Les bonnes pratiques

Dans un contexte où les travaux qui confrontent les salariés du bâtiment à la présence de plomb consistent, directement ou indirectement, à réduire ou supprimer ce risque, celui-ci n’est pas évitable en tant que tel. Il est donc fondamental de mettre en œuvre des actions à la fois sur le plan organisationnel, technique et humain afin d'empêcher la production ou la dissémination de poussières, leur ingestion ou leur inhalation.

La préparation du chantier

Évaluer les risques

Afin d'établir les mesures de prévention à adopter dès la phase de préparation du chantier, l’entreprise chargée des travaux doit pouvoir disposer d’une connaissance précise du risque. À ce titre, elle doit s’assurer de la mise à disposition par le maître d’ouvrage d’un diagnostic de présence du plomb effectué pièce par pièce, élément par élément, en prenant en compte les teneurs en plomb et l’état des surfaces, dans tout le périmètre des travaux. L’analyse des risques réalisée à partir de ces constats et les choix retenus seront intégrés dans les documents de consultation du chantier.

Choisir le mode opératoire adapté

L’analyse des risques devra permettre de faire le choix d’une technique d’intervention la moins polluante, notamment en termes de concentration du plomb, en fonction du résultat attendu, de l’état des surfaces à traiter et de l’environnement des travaux. Les  autres risques associés (chimiques, thermiques…) au mode opératoire déterminé devront également être pris en compte.

Le déroulement du chantier

La prévention collective

 ● L’aménagement du chantier

 Les salariés doivent avoir à disposition :

- Un point d’eau avec savon et brosses à ongles.

- Une douche équipée.

- Un vestiaire avec deux compartiments distincts, l’un pour les vêtements de travail, l’autre pour les tenues de ville, séparés par la douche.

- Des toilettes.

- Un local à usage de réfectoire situé hors de la zone des travaux.

 

La zone de travaux à risque doit être délimitée et signalée.

Un local inaccessible doit être aménagé pour le stockage des déchets.

L’isolement de la zone polluée par les poussières contenant du plomb doit permettre d’éviter toute dissémination de poussières et de protéger les salariés des autres zones de travail.

En fonction de la superficie et de la nature des travaux, elle fera appel à :

- Des bâches pour clôturer la zone de travaux à risque.

bâches

- Un sas d’accès de la zone contaminée.

sas

- Un extracteur d’air avec filtre à très haute efficacité et rejet de l’air à l’extérieur (en prévoyant des entrées d’air de compensation) pour le décapage par sablage notamment.

Au sein de la zone à risque, la protection des zones difficiles à décontaminer doit être assurée par la mise en place d'un film plastique, à doubler si nécessaire, ou, dans le cas du décapage thermique, par un matériau difficilement inflammable comme une bâche coton.

 

 ● Pendant les travaux

- Commencer par les travaux les plus polluants.

- Traiter systématiquement en bains dans un atelier les éléments démontables.

- Brumiser les supports à traiter au fur et à mesure des travaux, quand c’est possible.

- Capter les poussières et les fumées au plus près de la source d’émission à l’aide d’un aspirateur à très haute efficacité, éventuellement au niveau même de l’outil utilisé.

- Aspirer les copeaux au fur et à mesure de leur production à l’aide d’un aspirateur à très haute efficacité.

aspiro

- Dans le cas du décapage thermique, utiliser un décapeur à air chaud (température inférieure à 450 °).

- Organiser des pauses en fonction des conditions de travail et des EPI choisis.

- Ramasser régulièrement les déchets, si possible en les humidifiant, les conditionner dans des sacs à stocker dans un local inaccessible ou à évacuer en fin de poste après dépollution par aspiration et par essuyage avec chiffon humide.

- Maintenir la zone de travail dans un état de propreté quasi-quotidien (utilisation d’un aspirateur à très haute efficacité suivie d’un nettoyage à l’humide).

- Filtrer les eaux de rinçage et de lavage avant rejet à l’égout.

À proscrire !

- Faire brûler du bois recouvert de peinture au plomb.

- Décaper au chalumeau.

- Balayer la zone de travail.

 ● À la fin du chantier

- Le nettoyage complet des zones de travaux et des accès doit être réalisé à l’aide d’un aspirateur à très haute efficacité puis par un essuyage à l’humide.

- L’isolement de zone et le film de protection doivent être retirés après un délai permettant aux poussières de se déposer et procéder à un nettoyage final par aspiration et/ou nettoyage à l’humide.

La prévention individuelle

 L’hygiène

Pendant le travail :

- Manger, boire, fumer et mâcher du chewing-gum dans la zone de travaux doivent être proscrits.

- En cas d’utilisation de vêtements de travail non jetables, pratiquer un dépoussiérage fréquent par aspiration.

Après le travail et avant chaque repas :

- Les salariés doivent retirer EPI et vêtements de travail, mettre, le cas échéant, les vêtements de travail et autres EPI jetables dans des sacs à déchets réservés à cet effet tandis que le nettoyage des non jetables doit être assuré par l’entreprise.

- Ils doivent également procéder à un lavage et un brossage soigneux des mains et des ongles, se doucher toutes les parties du corps non protégées, en particulier la figure, se rincer la bouche, une procédure à suivre également avant chaque pause.

À la fin de la journée de travail, les salariés doivent prendre une douche avant de quitter le chantier.

Lorsque le lavage des vêtements de travail est réalisé par une entreprise extérieure, ces vêtements doivent être transportés dans des récipients clos, comportant un affichage clairement lisible indiquant la présence de plomb.

 

Les équipements de protection individuelle

La ventilation assistée doit être préférée aux masques simples pour favoriser le confort de travail et assurer un port effectif.

- Le masque à ventilation assistée TH3 avec filtre P doit être utilisé pour les travaux de préparation de surfaces, grattage, ponçage et perçage et de décapage thermique. Il doit être utilisé avec un filtre A2P pour les travaux de décapage thermique et chimique et par sablage, ou être remplacé par une cagoule à adduction d’air.

masque

- La combinaison jetable type 5 ou 4 si une brumisation est assurée, avec capuche, est indiquée pour travaux de préparation de surfaces, grattage, ponçage et perçage et de décapage thermique et par sablage.

- La tenue doit être complétée par les EPI adaptés aux autres risques que le risque plomb.


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