Les températures extrêmes

Températures extrêmes

La météo reste un impondérable des métiers du BTP. Grand froid, précipitations neigeuses, canicule… un grand nombre de salariés est soumis à ces éléments saisonniers. Ils nécessitent de la part de tous la mise en œuvre de pratiques pour limiter leurs effets. Par ailleurs, travailler dans des conditions de températures extrêmes en situation de travail (hors température extérieure) rentre dans le cadre de la pénibilité. Explications.
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Comprendre les enjeux

A retenir : le facteur "températures extrêmes" fait partie des facteurs de pénibilité pris en compte au titre de l'environnement physique agressif en cas d'activités réalisées avec une température inférieure ou égale à 5 degrés Celsius ou au moins égale à 30 degrés Celsius.
Pour entrer dans le dispositif de pénibilité, ces expositions doivent atteindre a minima 900 heures par an et être liées à l’exercice de l’activité elle-même. Les températures extérieures ne sont pas prises en considération.

Description, effets sur l'homme et facteurs aggravants

Description

Les conditions climatiques sont un des déterminant des conditions de travail pour les activités qui se déroulent principalement à l'extérieur (BTP par exemple). Les pics de température (fortes chaleurs, canicule, gel, neige …) peuvent présenter des dangers (troubles pour la santé, accidents dont certains peuvent être mortels).
De plus le vent et l’humidité , sans être des contraintes thermiques, se combinent et ont des effets sur les températures et leur ressenti.

Effets sur l’Homme

A partir d'une température de 30 °C (ambiance très chaude), des situations, incidents ou accidents, de gravité plus ou moins importantes, peuvent survenir :

  • des crampes musculaires au niveau des bras, des jambes, du ventre ;
  • un épuisement (irritabilité, agressivité, étourdissements, vertiges, confusion,). Parfois, en raison de l'augmentation du rythme cardiaque, des accidents cardiaques peuvent survenir ;
  • une déshydratation plus ou moins sévère ;
  • un coup de chaleur (température corporelle >40,6°C). Il peut survenir en raison de l'arrêt de la transpiration (par manque d'eau) ou parce que la victime est dans un vêtement de protection imperméable empêchant l'évaporation de la transpiration.
  • en fonction de l'origine de la chaleur (soleil, activité physique, rayonnement des matériaux), on peut aussi craindre des coups de soleil, des œdèmes.

Autres effets influant sur les conditions de réalisation du travail

  • difficultés de manutention ;
  • dégradation des coordinations sensorimotrices ;
  • diminution de la vigilance, de la concentration, temps de décision augmenté ;
  • manipulation d'outil plus difficile (préhension modifiée par la sueur; et accroissement des efforts de maintien) ;
  • irritations ou des intoxications (selon la nocivité de poussière fixées par la sueur sur la peau) ;
  • décompensation ou révélation d’une pathologie pré existante …

 

Lors de l’exposition à des températures froides (inférieures à 0°C), des situations, incidents ou accidents, de gravité plus ou moins importantes, peuvent survenir :

  • refroidissement des extrémités (phénomène de vasoconstriction) ;
  • hypothermie ("coup de froid") plus ou moins sévères (les plus sévères pouvant mener au décès) ;
  • gelures plus ou moins intenses, certaines pouvant mener à l'amputation.

Autres effets influant sur les conditions de réalisation du travail :

  • activité manuelle très perturbée (troubles circulatoires au niveau des mains) :
  • difficultés de manutention, de manipulation d'outils ;
  • baisse de la dextérité (doigts et membres engourdis, frissons, …).
  • augmentation des contractures musculaires (pathologiques ou liées à de mauvaises postures de travail, surtout en travail statique) ;
  • aggravation des risques de problèmes articulaires (en particulier ceux liés à l'exposition aux vibrations) ;
  • augmentation des affections des voies respiratoires pulmonaires.

  

Facteurs aggravants

Facteurs aggravants et causes d’inconfort :

  • Vent et humidité.
  • Exposition à l’alternance d’ambiance chaude et froide, variations climatiques rapides.
  • Utilisation d'engins et d’équipements non conçus pour évoluer en ambiance chaude.
  • Organisation du travail limitant la régulation (horaires, temps d'exposition, pauses, ...).
  • Réalisation de tâches exigeant des efforts soutenus (perte de chaleur par temps froid ou forte sudation par temps chaud).
  • Équipements inadaptés ou absents (respirabilité ou aération des vêtements de travail, eau potable fraîche, boissons chaudes, aire de repos chauffée ou fraîche, …).
  • Manque d'acclimatement au poste de travail (estimation : 8 à 12 jours). Attention : pour les travaux de courte durée en ambiances thermiques extrêmes, l’acclimatation ne pouvant se faire, la personne va devoir solliciter violemment son organisme pour s'adapter à ces conditions de température

Facteurs liés aux opérateurs :

  • la fatigue ;
  • l'absorption de médicaments, alcool, tabac et éventuellement déficience alimentaire ;
  • la présence de lésions antérieures causées par le froid notamment.

Principales situations du BTP

Tout travail en extérieur (chantier, dépôts, …) par temps chaud (canicule notamment) ou froid .

Ambiances thermiques issues des lieux de travail :

  • Interventions dans des lieux de travail à des températures très froides et notamment dans les chambres froides ou réfrigérées (notamment en maintenance).
  • Travail ou maintenance en présence de procédés générant de la chaleur, du rayonnement, de l'humidité (sur tuyauteries transportant des fluides chauds en chaufferie, certaines industries - verrerie, four, cimenterie, sucrerie, …).
  • Travail en espace restreint non ou peu ventilé dans des environnements froids ou surchauffés.
  • Travail en intérieur dans des locaux non ou peu chauffés (atelier, bâtiment en construction).
  • Travaux de plongée en eau froide.

Ambiances thermiques influencées par des matériels, matériaux ou procédés

  • Dégagement de chaleur générée par des activités de soudage, décapage thermique, lances thermiques, utilisation d'équipements en fonctionnement (équipements à moteurs thermiques, engins de chantier, …).
  • Applications de matériaux et produits chauds.
  • Activités nécessitant le port d'Equipements de Protection Individuelle contraignants notamment dans les activités de retrait d'amiante, sablage etc...

Caractérisation du risque

Le code du travail ne donne aucune valeur de température chaude ou froide mais prévoit que des dispositions doivent être mises en œuvre (avec avis du médecin du travail et du CHSCT, ou à défaut des DP).

Toutefois on considère que le travail au froid par des températures < 10°, ou à la chaleur pour des températures supérieures à 30° pour une activité sédentaire, et supérieures à 28° pour un travail nécessitant une activité physique comporte des risques dépassement des capacités d’adaptation de l’organisme.

La température à elle seule ne suffit pas à caractériser un environnement froid ou chaud, les conditions de réalisation de l’activité doivent être considérées. Par exemple, pour une même entreprise, travailler à une température de15°provoque des effets très différents selon qu’on occupe un poste sur chantier ou un poste sédentaire.
D’autre part la température de l’atmosphère de travail est aussi conditionnée par des éléments tels que les engins ou machines utilisés, les installations sur lesquelles on intervient ou au voisinage, les produits ou procédés utilisés.

Pour en savoir plus

Ambiance thermique : elle comprend et intègre différents facteurs à savoir, température de l'air, température de rayonnement, température de contact, humidité et vitesse de l'air.

Contrainte thermique : elle apparaît quand l'ambiance thermique est telle que les mécanismes de régulation d'un individu ne sont plus à même de maintenir l'équilibre thermique.

Astreinte thermique : conséquences physiologiques dues aux contraintes thermiques (augmentation de la fréquence cardiaque, baisse de tension, variation de la température corporelle, transpiration, etc.).

Confort thermique : satisfaction d’une personne eue égard aux conditions thermiques de son environnement. Il est déterminant dans la recherche de conditions de travail ressenties comme satisfaisantes.
Le confort thermique est subjectif, dépendant des perceptions individuelles, influencé par l'activité physique, l'habillement et les caractéristiques de l'ambiance thermique. S’il est difficile de satisfaire chaque individu, il est possible de définir une ambiance thermique acceptable, tenant compte de l'activité physique et permettant de trouver un certain confort en adaptant son habillement par exemple.

En savoir plus :

  • Mesurer la contrainte

La mesure de la contrainte fait appel à des techniques et des instruments spécialisés, souvent lourds et complexes à mettre en œuvre. En cas de nécessité faire appel à votre Service de Santé au Travail

  • Cahiers de notes documentaires - Hygiène et sécurité du travail - N° 186 - 1er trimestre 2002 - INRS ND 2165-186-01.
  • C.Martinet, J.P. Meyer, Travail à la chaleur et confort thermique - INRS - NS 184 (présente des exemples d'échelles d'évaluation du confort et de la contrainte).

 

Approche des mécanismes de régulation de l’homme

Physiologiquement, l'homme est un homéotherme : il assure le maintien de sa température corporelle à un niveau relativement constant, proche de 37 °C.
Autour de cette valeur de référence, les systèmes de régulation utilisent des mécanismes physiologiques et comportementaux * pour assurer l'équilibre du bilan thermique et ramener la température à cette valeur. Il y a risque lorsque la capacité d'adaptation de l'organisme est dépassée et lorsque le comportement ne peut agir.

* Les mécanismes de régulation sont les suivants :
Par rapport à une ambiance chaude :

  • augmentation de la transpiration (l'évaporation de la sueur génère du froid) ;
  • dilatation des vaisseaux sanguins périphériques (capillaires par exemple) pour permettre à plus de sang de se refroidir en surface ;
  • accélération du rythme cardiaque ;
  • par son comportement, l'individu peut limiter la production de chaleur corporelle et favoriser son évacuation (vêtements plus légers, diminution de l'activité physique (si possible), repas plus légers, boissons fraîches, etc.).

Par rapport à une ambiance froide :

  • vasoconstriction (rétrécissement des vaisseaux périphériques) ;
  • si besoin guidage du sang vers les organes vitaux (coeur, cerveau) au dépend des extrémités (doigts, orteils, nez, oreilles) ;
  • diminution du débit sanguin (baisse de tension) pour limiter la perte de chaleur cutanée et pulmonaire ;
  • chair de poule (réflexe résiduel de hérissement des poils) et frissons (contraction des muscles produisant de la chaleur) ;
  • par son comportement, l'individu augmente la production de chaleur corporelle et favorise sa conservation (vêtements plus chauds, augmentation de l'activité physique, repas plus riches, boissons chaudes).

Influence des facteurs favorables ou défavorables à l'efficacité des mécanismes physiologiques

  • Facteurs individuels : l'âge, le poids (excès ou déficit), un mauvais état de santé diminuent de façon significative les capacités de régulation, pratique du sport ou non. En outre, la prise de certains médicaments, d'alcool ou de drogues diminue de façon notable la capacité d'adaptation aux ambiances thermiques extrêmes.
  • Facteurs d'environnement : par exemple : l'humidité de l'air est un frein à l'évaporation de la sueur, les mouvements d'air sont favorables en cas de chaleur et défavorables en cas de froid.
  • Facteurs d'acclimatement : une personne a besoin en cas de changement rapide d'ambiance thermique d'une période de 8 à 12 jours d'acclimatement pour que son corps mette en œuvre de façon efficace les mécanismes de régulation (rythme cardiaque, sudation). Il est important de respecter cette période d'acclimatement, par exemple en augmentant progressivement la durée et/ou la charge de travail.

Évaluer les risques de contraintes thermiques

Cette action peut être menée avec l’aide du CHSCT et/ou du médecin du travail.

Recenser les situations auxquelles sont exposés les salariés

Identifier les principaux facteurs :

  • à l'origine de l'ambiance thermique : période de l’année, température des lieux de travail habituels, l'humidité de l'air, les rayonnements de pièces chaudes ou du soleil, les courants d'air …
  • liés à la tâche et à l'individu : activité physique (efforts), durée de la tâche, chaleur dégagée par les procédés utilisés, habillement …
  • questionner les opérateurs, individuellement ou collectivement ;
  • recueillir des informations complémentaires (les ressentis, incidents, voire d'accidents) ;
  • estimer la fréquence de chacune des situations (ou la périodicité).

Analyser les informations recueillies pour identifier et classer activités ou situations selon le niveau de risques

Transcrire les résultats dans le document unique

Définir et mettre en œuvre les mesures techniques et/ou organisationnelles

En Savoir Plus

  • Cahiers de notes documentaires - Hygiène et sécurité du travail - N° 186 - 1er trimestre 2002 - INRS ND 2165-186-01.
  • C.Martinet, J.P. Meyer, Travail à la chaleur et confort thermique - INRS - NS 184 (présente des exemples d'échelles d'évaluation du confort et de la contrainte).

Démarche de prévention

A partir de l’évaluation de vos situations d’expositions, il convient de conjuguer des actions permettant de supprimer ou de diminuer l’exposition à des contraintes thermiques (en particulier en cas de températures extrêmes). Celles-ci peuvent porter sur :

  • l’organisation le travail ;
  • le choix, la mise à disposition d’équipements adaptés aux contraintes ;
  • l’information et le formation du personnel (y compris aux premiers secours).

Liens utiles

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