Contamination au covid : quelles organisations de travail ont favorisé la Prévention ?

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    Selon les résultats d’une enquête menée par la Dares, près de la moitié des salariés interrogés en janvier 2021 n’étaient pas en mesure d’appliquer correctement les gestes barrières anti-Covid sur le lieu de travail. Pour rappel, il s’agit du port du masque, de la distanciation physique, du lavage des mains et l’utilisation de vitres plexiglas. Autre mesure phare appliquée pour lutter contre la contamination : le télétravail.

    La Dares a donc analysé les modes d’organisation mis en place pendant cette période. Son étude relève que certains facteurs organisationnels, comme l’environnement bruyant, l’intensité au travail, la faible autonomie ou les tensions avec le public, ont freiné l’application de ces dispositifs individuels de prévention. A contrario, d’autres facteurs l’ont favorisée, comme le soutien hiérarchique ou la consultation des salariés dans l'instauration des mesures de prévention.

    Consulter l'enquête de la Dares.

    Quatre catégories de salariés appliquaient avec difficulté les mesures de prévention

    L’enquête Tracov (Dares) a permis, en effet, d’analyser l’application des quatre gestes barrières par les salariés en emploi, ayant eu au moins un jour en présentiel en semaine, sur le premier trimestre 2021. Les salariés ont été classés en six catégories parmi lesquels quatre rencontraient des difficultés pour appliquer les mesures de prévention.

    Deux classes n’ont pas utilisé (ou peu appliqué) ces mesures de prévention. La première (1 %), « peu concernée » est constituée des agriculteurs, éleveurs, sylviculteurs, bucherons ou salariés de particuliers. La seconde classe (10 %) « les moins protégés » regroupe surtout des ouvriers non qualifiés du gros œuvre du bâtiment, des travaux publics, du béton et de l’extraction des carrières. On y retrouve aussi des maraîchers, jardiniers et viticulteurs.

    Deux autres classes, représentant 37 % des salariés, ont rencontré des difficultés pour mettre en œuvre la distanciation. La première catégorie (32 %) ou « les empêchés » portaient le masque mais étaient souvent gênés par les mesures de prévention. Ce sont davantage des femmes, et les métiers sur-représentés sont les enseignants, aide-soignants, infirmiers et sage-femmes.

    Contamination au Covid Etude Dares Pratiques de prévention présentées en six classes selon une étude de la Dares.

    La seconde catégorie, soit 5 %, dite classe des « plexiglas » utilisait une protection ou une vitre lors de leur travail en présentiel. Les femmes sont également majoritaires et les familles professionnelles rencontrées sont celles des vendeurs, employés administratifs de la fonction publique, caissiers et employés de libre-service.

    Les « mieux protégés » sont plus âgés et moins diplômés que la moyenne

    À l’opposé, deux classes (un peu plus de la moitié des salariés) appliquaient très largement les gestes barrières. Quelque 24 % pouvaient, dans leur majorité, recourir au télétravail et lorsqu’ils étaient sur le site, ils tendaient à appliquer le plus souvent possible la distanciation.

    Enfin, 27 % appliquaient l’ensemble des gestes barrières (classe des « mieux protégés »). Ils sont plus âgés et moins diplômés que la moyenne. Les employés et ouvriers non qualifiés, familles professionnelles des agents d’entretien, conducteurs de véhicules sont très présents dans ce groupe.

    La Dares a relevé plusieurs freins à la distanciation, comme le bruit ou encore le contact et les tensions avec le public. C’est le cas lorsque les salariés doivent se rapprocher des collègues ou clients, et sont obligés de parler fort ou parfois de crier. Cela concerne les catégories des « empêchés » ou des « moins protégés »

    L’importance du soutien hiérarchique et des moyens adaptés face à la contamination

    Il ressort clairement que le soutien hiérarchique et la mise à disposition de moyens suffisants et adaptés (matériels, logiciels, information, formation, espace de travail,…) favorisent la protection. C’est le cas des « travailleurs à distance » ou de la catégorie des « plexiglas ».

    D’une manière générale, les salariés les plus consultés en temps de crise sanitaire sur l’organisation du travail ou de l’activité, appliquent mieux les gestes barrières, souligne la Dares. Résultat : les salariés « mieux protégés », les « travailleurs à distance » et les « plexiglas » estiment avoir été plus consultés qu’avant la crise à propos des changements dans l’organisation de leur travail.

    Ce qui n’est pas le cas des « moins protégés » et des « empêchés » qui disent avoir été moins souvent consultés depuis le début de la crise sanitaire.

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