Le stress des artisans est à la hausse

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    La loi de simplification prévue pour juin permettra-t-elle aux artisans de respirer davantage ? En attendant, les responsabilités administratives continuent à peser lourdement sur les épaules de ces professionnels, préoccupés de surcroît par une conjoncture économique qui s’est encore dégradée l’an dernier. C’est ce qui ressort de la dixième édition du baromètre de la santé et des conditions de travail des artisans réalisé par la Capeb en partenariat avec l'Iris-ST et la CNATP.

    Consulter l'intégralité du baromètre.

    Une difficulté persistante à concilier vie personnelle et professionnelle

    Alors que leur activité, pénalisée par la chute de la construction neuve et l’atonie de la rénovation, accuse un recul de 0,6 %, l’enquête menée auprès de 2 106 chefs d’entreprise du BTP et du Paysage de 0 à 19 salariés révèle que 55 % d’entre eux travaillent plus de 50 heures par semaine. Ils sont toutefois un peu moins nombreux qu’en 2022 à déclarer empiéter sur leurs week-ends – 48 % –, et un peu plus nombreux à prendre entre trois et cinq semaines de vacances par an. Les artisans travaillant seuls ont des semaines un peu moins chargées que leurs homologues employeurs, mais prennent moins de congés. Reste que 60 % des interrogés admettent consulter quotidiennement leur messagerie professionnelle durant ces périodes, les trois quarts d’entre eux souhaitant éviter d’avoir à gérer un trop grand nombre de mails à leur retour.

    De fait, presque huit artisans sur dix pointent un déséquilibre entre leur vie professionnelle et leur vie privée, un taux toutefois moindre qu’en 2022 et en nette décrue par rapport à l’avant-Covid. L'entourage semble par ailleurs globalement conscient et compréhensif quant à leur niveau d'implication dans leur activité.

    Le baromètre met également en évidence une corrélation entre un temps de récupération insuffisant, le week-end en particulier, et le sentiment de fatigue, alors que globalement 59 % des interrogés se disent assez à très fatigués.

    Un équilibre psychique fragilisé par de nombreux facteurs de stress

    Ce rythme de travail soutenu s’explique par le poids prépondérant d’une charge organisationnelle et administrative qui ne faiblit pas et s’accroît en proportion de l’effectif : pour les dirigeants d’entreprise de 11 à 15 salariés, elle pèse 86 % de la charge de travail globale. Recouvrant une multiplicité de tâches, de la préparation des chantiers à la gestion des ressources humaines en passant par la comptabilité, la relation client… elle représente un facteur de stress pour 42 % des répondants.

    Les répercussions de la conjoncture géopolitique et économique et la baisse du carnet de commandes des artisans constituent également une source d’inquiétude qui affecte leur vision de l’avenir, en berne depuis deux ans : seuls 38 % des dirigeants interrogés en 2023 se déclarent « optimistes » concernant l’activité de leur entreprise. La crainte de manquer des opportunités de chantier exerce une pression supplémentaire sur eux.

    Actu Artisanté infographie Seuls 38 % des dirigeants se déclarent « optimistes » concernant l'activité de leur entreprise.

    Plus préoccupant encore, l’impact de ces différents facteurs sur la santé psychique des professionnels : 43 % déclarent avoir été confrontés à des troubles de cet ordre, qu’il s’agisse d’anxiété, de dépression, d’épuisement professionnel au cours de l'année écoulée, contre 35 % en 2022 et 34 % en 2021.

    Une motivation toujours forte et une reconnaissance du soutien apporté

    En dépit de ces difficultés, l’aspect « passion » des professions de l’artisanat demeure : près de 60 % des enquêtés continuent à s’épanouir dans leur rôle de chef d’entreprise et 86 % dans leur métier.

    Par ailleurs, 65 % se sentent suffisamment accompagnés et épaulés dans leur activité, avec des besoins prioritaires sur le volet juridique pour 42 % d’entre eux. Le baromètre de l’an dernier avait déjà révélé que les artisans étaient de plus en plus enclins à exprimer leurs difficultés, que ce soit sur le plan psychique ou concernant la pérennité de leur entreprise, un pas nécessaire vers la recherche de solutions et le recours à des dispositifs de soutien.

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    Quant aux raisons qui pourraient ranimer l’optimisme, outre les avancées législatives attendues sur le plan administratif à la suite des Rencontres de la simplification, elles reposent notamment sur « la révision majeure du dispositif MaPrimeRénov, à même de relancer l’activité », selon le président de la Capeb Jean-Christophe Repon.

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