281 Maintenance des installations : opérations à risque

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    En résumé
    • La prévention du risque électrique s'applique au travail hors tension, à la consignation et aux équipements de protection.
    • Les dirigeants doivent s'assurer du niveau d’habilitation de leurs personnels.

      Dossier paru dans PréventionBTP n°281-Février 2024-p. 6

    Parmi les travaux du bâtiment, les activités de maintenance et les interventions sur des installations électriques présentent des risques électriques récurrents, qui concernent en premier lieu les électriciens qui interviennent directement mais aussi d’autres métiers amenés à exercer à proximité de pièces nues sous tension. Ce risque est bien connu et cadré, rappelle Didier Petitcolas, responsable du domaine Énergies et réseaux à la direction technique de l’OPPBTP : « La norme NF C18-510 codifie le risque électrique en phase de construction, d'exploitation et de maintenance mais également les exigences de formation. Le Code du travail encadre ce risque connu depuis plus d’un siècle. » Pourtant, l’activité de maintenance des installations reste particulièrement à risque.

    Les expositions au risque électrique

    Où identifie-t-on le risque électrique ? « En construction neuve, le risque est lié aux installations provisoires de chantier, précise Didier Petitcolas. Mais l’exposition principale se présente lors de travaux sur des installations existantes, car l’intervenant est soumis au risque électrique par du matériel déjà sous tension quel que soit son métier. » Par exemple, un plaquiste qui, lors de la construction de faux plafonds, peut se retrouver face à des câbles abandonnés laissés sous tension. « Tout câble avec des extrémités non protégées doit être considéré comme un risque potentiel. » Il existe différentes typologies de risques électriques. Le premier est évidemment le contact direct ou indirect (comme un problème de mise à la terre) entre un opérateur et une pièce sous tension, conduisant à une électrisation pouvant aller jusqu’à l’électrocution, fatale. Ensuite, le risque de court-circuit, qui se produit lorsqu'un courant électrique circule de manière incontrôlée entre la phase et le neutre, comme le détaille Didier Petitcolas : « C’est alors le contact qui absorbe l’énergie, avec une résistance quasiment nulle, entraînant un dégagement de chaleur et des dommages matériels. Ce sont les effets thermiques de l’arc électrique qui présentent un risque pour l'opérateur. » Enfin, le risque d'électrisation par amorçage survient lorsqu'une personne est exposée à une source d'électricité et qu'un arc électrique se forme dans des conditions particulières, telles qu'une distance réduite en haute tension. La tension électrique est un facteur important. « Les accidents les plus graves sont souvent liés au niveau de tension. Les tensions domestiques (240V), industrielles (400V) et de distribution (20000V) présentent des risques élevés pour la sécurité des personnes. » Bien que les accidents liés à des tensions élevées soient moins nombreux, ils ont souvent des conséquences extrêmement graves.

    Les moyens de prévention organisationnels

    Pour prévenir le risque électrique, la préparation du chantier est fondamentale, insiste Bertrand Simard, responsable prévention-santé-sécurité de Spie Industrie : « L’analyse des risques constitue une étape cruciale sur laquelle nous insistons. Nos rapports d’incidents démontrent qu’il s’agit d’une phase de préparation indispensable pour bien gérer les interventions, en récupérant les schémas et toutes les informations disponibles. » Une fois sur le chantier, la procédure essentielle est de consigner l’installation afin de pouvoir intervenir sur des installations hors tension, garantissant la sécurité des collaborateurs lors de travaux électriques. « En coupant l'accès à l'électricité et en suivant les étapes de la consignation, on prévient les risques d'électrisation et d'électrocution. Cela permet de s'assurer qu'aucun élément sous tension ne présente de danger pour les personnes intervenant sur le site », insiste Didier Petitcolas. La consignation est particulièrement critique lorsqu'il s'agit de travailler sur des bâtiments producteurs d'énergie ou des installations secourues, où la présence d'énergie peut subsister malgré la coupure générale.

    Les moyens collectifs de prévention et habilitations

    Pour assurer une conduite des travaux d’intervention efficace et en sécurité, la consignation des installations est conduite par un chargé de consignation. Il sera seul responsable de la mise hors tension de la zone de travail puis de la déconsignation au terme de la mission de maintenance ou de dépannage. La norme NF C18-510 précise aussi le niveau d’habilitation nécessaire suivant les travaux à réaliser : B0 ou H0 pour des travaux non électriques à proximité d’installations électriques, B1 pour un exécutant de travaux électriques hors tension et B1T pour les travaux sous tension inférieures à 1 000 volts en courant alternatif, B2 pour un chargé de travaux qui encadre ces travaux. Chaque entreprise doit s'assurer du bon niveau d’habilitation de ses salariés mais aussi pour le personnel intérimaire. Cette démarche permet de garantir la sécurité des intervenants ainsi que la performance générale de l'entreprise dans le domaine de la prévention des risques électriques. 

    L’analyse des risques constitue une étape cruciale sur laquelle nous insistons. Nos rapports d’incidents démontrent qu’il s’agit d’une phase
    de préparation indispensable.


    Bertrand Simard, responsable prévention-santé-sécurité de Spie Industrie

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