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Une chaire pour décrypter le lien entre prévention et performance

Virginie Leblanc - Mise à jour le 18/09/2020 14:28

L’OPPBTP lance une chaire d’enseignement et de recherche « Prévention et performance dans le BTP » avec CentraleSupélec. Objectifs : éclairer scientifiquement l’impact de la prévention sur la performance des entreprises et concevoir des indicateurs.

Centrale Supelec

«Comment une action aussi positive que la prévention peut-elle être perçue de façon négative ? s’interroge Christian Michelot, docteur en psychologie sociale clinique et enseignant chercheur à CentraleSupélec . Elle est en effet est souvent perçue comme une charge financière et une contrainte réglementaire ». C’est l’une des questions centrales qu’aborde la chaire Prévention et Performance dans le BTP, lancée officiellement par l’OPPBTP et CentraleSupélec le 17 septembre. Les travaux, engagés pour trois ans, sont coordonnés par Christian Michelot et Christian Griffault, enseignant à CentraleSupélec au sein du département « Mécanique, génie civil », et menés en partenariat académique avec l'université de Sorbonne Paris-Nord. À ce jour, deux doctorants ont été recrutés pour les mener à bien.

Démonstration scientifique

Les travaux de l’OPPBTP l’attestent depuis dix ans : le ratio coûts-bénéfices de l’investissement en prévention est favorable à la performance opérationnelle de l’entreprise, selon les données recueillies à travers plus de trois cents cas pratiques « Prévention et performance » réalisés dans des entreprises du BTP. « Il s’agit aujourd’hui de franchir une étape supplémentaire pour passer de la constatation statistique à la démonstration scientifique du lien entre prévention et performance, indique Vincent Campion, responsable du pôle construction à la direction technique de l’OPPBTP.

« C’est une relation qui ne va pas de soi, complète Christian Michelot. Nous souhaitons comprendre la relation entre prévention et performance, les conditions de leur divergence ou de leur convergence. » L’enjeu est particulièrement fort pour les PME : « Il faut leur montrer que la prévention n’obéit pas à une logique d’évitement des coûts, mais qu’elle est porteuse d’espérance de gains », assure Vincent Campion.

S’intéresser à la définition de la performance

Mais si la notion de prévention est bien cernée, « celle de la performance peut revêtir des visages multiples qui contribuent tous à la satisfaction des clients, des collaborateurs, des actionnaires… La chaire va donc nécessairement s’intéresser à la définition de la performance », souligne Christian Griffault.

Pour y parvenir et aborder les sujets dans leur complexité, l’équipe de recherche mise sur la pluridisciplinarité. Les travaux sont réalisés au laboratoire de génie industriel de CentraleSupélec, et avec les étudiants du département « Mécanique, génie civil ». La chaire s’articule autour de trois axes. Tout d’abord comprendre la relation prévention-performance grâce à des recherches-actions dans les entreprises partenaires : Eiffage Génie Civil et Vinci Construction Terrassement , pour le moment, la chaire restant ouverte à d’autres partenaires. Celles-ci feront également des retours sur leurs propres expériences et participeront financièrement aux différentes étapes des recherches.

Approche positive de la prévention

Deuxième axe de la chaire : expérimenter la relation entre prévention et performance avec un jeu d’entreprise destiné aux acteurs du BTP. Il aura une fonction de formation à l'approche positive de la prévention en développant les capacités des joueurs à intégrer prévention et performance dans leurs prises de décision. Le jeu proposera également une fonction de recherche sur les processus qui font diverger ou converger prévention et performance dans les prises de décisions (lire l’encadré). « Mieux comprendre le processus de décision nous permettra de casser les freins persistants à la diffusion de la culture de prévention », précise Vincent Campion.

Construire des indicateurs

Troisième axe des travaux : piloter la relation entre prévention et performance par la création d’indicateurs grâce auxquels les entreprises pourront agir sur ces phénomènes. « Il est important de construire des indicateurs qui permettront d’anticiper ce qui va se passer. Les indicateurs actuels de fréquence et de gravité ne traduisent que le passé », souligne Christian Griffault. « Notre pari est de construire avec les entreprises des indicateurs portant sur les processus à l’origine de la performance, complète Christian Michelot. Nous faisons l’hypothèse que ce sont les mêmes processus qui produisent la prévention et la performance. » Les travaux de recherche de la chaire feront l’objet d’une communication régulière et d’un rapport annuel de synthèse.

Crédit photo : ©Centrale/Supélec 



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