L'hygiène sur les chantiers

Bases-vie, entretien du corps, alimentation

L'hygiène sur les chantiers

Essentielle au bien-être au travail et à la sécurité, l’hygiène ne concerne pas uniquement l’entretien du corps et l'alimentation. Sur un chantier, les conditions d’accueil et la propreté des vêtements reposent sur le chef d’entreprise. Quels sont les principes d’hygiène fondamentaux ? Comment les préserver via des solutions simples ? Comment aménager des cantonnements sur les chantiers courts et/ou en site urbain ?

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La base-vie

La base vie, généralement constituée de bungalows, est une installation obligatoire.  Elle est dimensionnée en fonction de l’importance du chantier. Raccordée aux réseaux, elle peut également fonctionner de manière autonome. Elle s’organise autour d’équipements clés.

Les toilettes
WC

L’entrée des toilettes est séparée de l’entrée principale. Fermés, aérés et chauffés en hiver, les WC ne doivent pas dégager d’odeur. Le sol et les parois sont imperméables. Les portes sont munies d’un système de fermeture décondamnable de l’extérieur. Il faut, au minimum, un WC et un urinoir pour 20 personnes avec papier hygiénique pour les hommes et 2 WC (séparés) à partir de 20 femmes.

 

 

Vestiaire
Le vestiaire

Le vestiaire permet aux salariés de se changer et de remettre leurs vêtements de ville après le travail. Il est aéré, éclairé et chauffé en hiver. Nettoyé une fois par jour; il ne doit pas servir à stocker des matériels ou des matériaux. Certains sont dotés d’armoires chauffantes ou ventilées qui sèchent les vêtements et les chaussures pendant la nuit. En l’absence d’armoire, les vêtements, tenues et équipements de protection peuvent être accrochés à des patères ou disposés sur des chaises (prévoir un emplacement par personne).

La douche

Facultative en général, celle-ci est obligatoire en cas de présence de plomb ou d’amiante sur le chantier. 

L'eau

Un robinet, si possible à température réglable, doit être mis à disposition (un robinet pour cinq personnes) et pourvu de moyens de nettoyage et de séchage.

Le réfectoire

Lorsque le cantonnement possède un réfectoire, ce dernier doit être aéré, éclairé et chauffé en hiver. Nettoyé une fois par jour il comporte des tables et chaises en nombre suffisant, un appareil pour réchauffer les plats et un réfrigérateur. Un poste d’eau potable avec au moins 3 litres d’eau par personne doit être disponible.

Sur les petits chantiers, réalisés notamment chez les particuliers, la base vie n’est pas indispensable pour autant que les ouvriers disposent :

  • d’un accès à des toilettes
  • d’un point d’eau
  • d’un lieu pour déposer leur matériel et leurs vêtements et – idéalement – puissent utiliser un micro-ondes.

Il est également possible d’équiper les camion de chantier de casiers servant de rangement et de vestiaire, clairement identifiée et séparée de la zone utilisée pour transporter le matériel.

Ce que dit la Loi

Les employeurs dont les travailleurs accomplissent des travaux de terrassement, de construction, d’installation, de démolition, d’entretien, de réfection ou de nettoyage, même à titre occasionnel, doivent mettre à disposition de leurs salariés des locaux d’hygiène et de vie.

Le Code du travail impose à l’employeur de mettre à disposition des travailleurs les moyens d’assurer leur propreté individuelle, notamment des vestiaires, des lavabos, des cabinets d’aisance et, le cas échéant, des douches.

Chantier de moins de 4 mois : dérogations et obligations

Local

Compte tenu de ses particularités, et notamment de la nature mobile des chantiers, le secteur du bâtiment et des travaux publics dispose de dérogations pour les chantiers dont la durée n’excède pas quatre mois. L’employeur doit néanmoins respecter un certain nombre d’obligations.

Il doit, par exemple, mettre à disposition des travailleurs un local vestiaire :

  • convenablement aéré et éclairé, et suffisamment chauffé ;
  • nettoyé au moins une fois par jour et tenu en état constant de propreté ;
  • pourvu d’un nombre suffisant de sièges.

Il est courant, notamment pour les chantiers citadins de courte durée, de ne pas pouvoir mettre en place un local vestiaire fixe. Dans ce cas, des véhicules de chantier, spécialement aménagés à cet effet, peuvent être utilisés pour permettre aux travailleurs d’assurer leur propreté individuelle, de disposer de cabinets d’aisances, de vestiaires et, si possible, de douches, à l’abri des intempéries.

Consulter le Code du travail

L’installation d’un tel véhicule sur le domaine public (trottoir, place, chaussée…) constitue une occupation temporaire du domaine public. Il est donc nécessaire d’obtenir un permis auprès du gestionnaire public, généralement la commune. Selon que l’occupation comprend ou non une emprise au sol, l’autorisation d’occupation (AOT) peut prendre la forme d’un permis de stationnement ou d’une permission de voirie. Les conditions de demande d’occupation ou de stationnement sont précisées dans le règlement de voirie. Il s’agit d’un document d’urbanisme, établi dans chaque commune pour définir les modalités de coordination administratives et techniques relatives à l’occupation temporaire du domaine public.

 

À consulter également

INRS : Focus juridique 
Toilettes : quelles obligations pour l’employeur ?

Où et comment installer un cantonnement ?

En site urbain

baraque de chantier

Les entreprises qui désirent installer des locaux sanitaires et/ou un hébergement de chantier conformes aux obligations requises sont souvent confrontées à des fins de non-recevoir de la part des autorités municipales des grandes agglomérations. Celles-ci acceptent difficilement de voir des baraques ou des roulottes empiéter sur la voie publique. La permission de voirie (document exigé en préalable à l’installation d’équipements de type bungalow ou échafaudage sur un trottoir) n’est pas toujours facile à obtenir. Elle est soumise à une taxe municipale généralement élevée. De fait, les installations mobiles (roulottes) s’avèrent parfois des solutions intéressantes en ville. Leur stationnement peut être toléré, pourvu que les frais correspondants soient payés.

A retenir : un local, des bureaux ou un appartement disponibles peuvent parfois se transformer en cantonnement.

« Sur un chantier de réhabilitation lourde au cœur de Paris, nous avons installé nos cantonnements dans la cour intérieur, via une plateforme au niveau du premier étage. Cette surface évite la coactivité exposée avec les habitants de l’immeuble. Elle a également permis l’implantation de deux WC de chantier raccordés au réseau des eaux usées. Les bureaux de chantier sont installés dans différents appartements au fur et à mesure de leur réhabilitation. Il n’y a pas de réfectoire, le personnel déjeune dans les restaurants voisins. »

André Louhère, chef d’entreprise

Les chantiers itinérants

Les conditions d’accueil des chantiers itinérants sont complexes à gérer.

« J’ai imaginé un aménagement spécifique des véhicules de chantier. Les portes arrière donnent sur un compartiment muni de casiers et d’étagères, utilisé pour le transport des matériaux et des outils. Au fond est installé un vestiaire qui peut être lavé à grande eau. Le deuxième compartiment, dédié aux hydrocarbures, est ventilé. Enfin un compartiment "propre", avec sièges et penderie pour les vêtements de rechange, est accessible par la porte latérale.

L’investissement (150 000 euros pour 5 véhicules) est élevé mais les retombées positives sont réelles. La fatigue est moindre pendant les temps de transport, le rangement est facilité, les conditions de travail sont propices à plus de qualité et de productivité. Enfin, l’impact en termes d’image pour l’entreprise n’est pas à négliger. »

Patrick Ceschin, chef d’entreprise

Les chantiers de constructions individuelles

sanitaires mobiles

Les chantiers de constructions individuelles on fait de nombreux progrès en matière d’hygiène et de conditions d’accueil. Des initiatives de mise en commun de cantonnements en vue de mutualiser les coûts se développent.

La location de sanitaires mobiles est une bonne solution. Les prestations peuvent intégrer des services de nettoyage et d’entretien. De plus, les WC chimiques d’autrefois font désormais appel à des matériaux recyclables et des produits d’assainissement biodégradables.

A noter : équiper son chantier de telles commodités évite les déplacements et donc les pertes de temps et d’argent et les risques supplémentaires !

La solution location

Faut-il acheter ou louer ? Le choix dépend de la politique de l’entreprise, selon qu’elle désire ou non investir et immobiliser du capital dans ses équipements. La tendance est plutôt à la location car elle s’accompagne du transport et de l’installation des modules, souvent contraignante au niveau de l’emplacement, du calage, des raccordements aux réseaux, de la maintenance ou de l’entretien.

A retenir : les tâches d’installation, de maintenance et d’entretien peuvent être externalisées à des professionnels compétents.

« Nous avons bénéficié du confort de cantonnements réglementaires mis à disposition pour l’ensemble des entreprises présentes sur le chantier. Pour 90 euros par an, nous disposons de trois douches et de deux WC propres, entretenus et confortables. Ce système m’a ôté une sacré épine du pied car la plupart du temps nous devons faire avec les moyens du bord, parfois un unique branchement d’eau). »

Jean Saulier, chef d'entreprise

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