Le risque chimique

Invisible mais réel

le risque chimique, invisible mais réel

Peintures, solvants, ciments, poussières de bois, d’amiante, de plomb, fumées de soudage… l’exposition aux agents chimiques dangereux concerne tous les salariés du BTP, au quotidien. Pourtant, ces derniers minimisent la dangerosité des produits chimiques qu’ils manipulent. La raison ? Contrairement aux risques à effet immédiat, le risque chimique est, a priori, "invisible". Il doit pourtant être évalué et annexé au document unique d’évaluation des risques.

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Risque chimique : bonnes pratiques

La protection collective est toujours à privilégier sur la protection individuelle.

Suivre les 9 principes généraux de prévention

  1. Éviter les risques, c’est-à-dire supprimer le danger ou l’exposition au danger.
  2. Évaluer les risques qui ne peuvent pas être évités.
  3. Combattre les risques à la source.
  4. Adapter le travail à l’homme.
  5. Tenir compte de l’évolution de la technique.
  6. Remplacer ce qui est dangereux par ce qui l’est moins.
  7. Planifier la prévention.
  8. Donner la priorité aux mesures de protection collective.
  9. Donner des instructions appropriées aux salariés.

Éviter les risques

La suppression du risque par la substitution de l’agent chimique dangereux (soit en remplaçant par des agents non dangereux, soit en modifiant le procédé de travail par un autre non dangereux) est à privilégier. Les mesures visant à réduire le risque n’interviennent que lorsque la suppression du risque n’a pas été possible.

Mesurer l'exposition

L’évaluation initiale des risques chimiques doit être suivie par des mesurages périodiques des niveaux d’exposition individuels. Plusieurs décrets fixent des valeurs limites d’exposition professionnelles (VLEP) pour certains agents chimiques dangereux.
Consulter l’aide-mémoire Valeurs limites d'exposition professionnelle aux agents chimiques en France publié par l’INRS (ED 984)

VLEP contraignantes ou indicatives ?
Le respect des VLEP contraignantes est obligatoire, faute de quoi l’employeur s’expose à des sanctions. Intégrées au Code du travail ( article R. 4412-149 ), elles comprennent les poussières de bois, le benzène, la silice, le plomb, le quartz…
Les VLEP indicatives établissent un objectif minimal de prévention à atteindre. Elles sont fixées par arrêté (en application de l’article R. 4412-150 du Code du travail).

Les mesures de protection collectives

Aspiration à la source

Organiser le travail en limitant les risques liés à la mise en œuvre des produits :

  • Privilégier les techniques d'application qui émettent le moins possible de produit dans l’atmosphère.
  • Utiliser, chaque fois que cela est possible, une aspiration à la source (ou système en vase clos en poste fixe tels que les ateliers).
  • A défaut, prévoir des dispositifs d’isolement autour la zone de travail (balisage, bâchage par exemple) lors de travaux de pulvérisation.

Limiter le nombre de personnes exposées.

Garantir une bonne ventilation de la zone de travail.

Ventiler naturellement

  • Utiliser ou créer des ouvertures dans l'ouvrage (portes, fenêtres ou détuilage par exemple)
  • S’assurer que leurs positionnements génèrent un courant d'air naturel traversant le poste de travail (comme réaliser les ouvertures à des niveaux altimétriques différents ou sur des côtés opposés).

Mettre en place une ventilation forcée

  • Lorsque la ventilation naturelle est insuffisante ou que les produits mis en œuvre le nécessitent (FDS, configuration des locaux, conditions climatiques…).
  • En cas d’émission ponctuelle de polluants (poste de travail de collage, soudage...), privilégier l’extraction au plus près de la source d'émission avec un dispositif assurant un renouvellement d'air d’au moins quatre volumes de la pièce par heure.
  • Lorsque l'émission du polluant concerne des grandes surfaces, prévoir un dispositif de renouvellement d'air de dix à vingt volumes de la pièce par heure (opération de séchage de peintures par exemple).

Aspirer les polluants restants.

Mise en œuvre des protections individuelles pour gérer les risques résiduels

Appareils de protection respiratoires

Toute personne amenée à utiliser un appareil de protection respiratoire doit avoir reçu au préalable une formation pratique. Les appareils de protection respiratoire doivent être équipés de filtres adaptés à la nature des polluants (poussières et/ou gaz/vapeurs).
En savoir plus sur le choix des cartouches filtrantes.

À retenir
Les appareils de protection respiratoires doivent être entretenus régulièrement. Les vérifications générales périodiques annuelles doivent être effectuées selon les indications du fabricant, et les résultats consignés dans le registre de sécurité.

Gants conçus pour manipuler des produits chimiques
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Lunettes et écrans faciaux pour la protection des yeux et du visage

Procéder à un nettoyage après chaque fin de poste et les conserver dans un coffret ou un étui de protection.

Vêtements de travail adaptés
  • Porter le pantalon par-dessus les chaussures pour éviter la pénétration des produits dangereux.
  • Ajuster soigneusement les manchettes des gants par-dessus les manches des vêtements.
  • Compléter l'étanchéité à l'aide de ruban adhésif, au niveau des poignets ou des avant-bras (lors d'utilisation de produits corrosifs ou lors de pulvérisation de produits par exemple).
  • Assurer le remplacement des combinaisons à usage unique, à chaque fin de poste, et leur élimination en tant que déchets dangereux.

Respecter les mesures d'hygiène

Assurer et faciliter l’accès à l’eau pour :
  • pouvoir se laver les mains (éviter des lésions graves de la peau et des muqueuses),
  • éviter la contamination lors des repas,
  • permettre aux secours d'intervenir en cas d'incident (lavage).

Interdire tout stockage de produits chimiques dans les toilettes, lavabos, douches, vestiaires et réfectoires.

Mettre à disposition :

  • des lavabos eau chaude/eau froide réglables à raison d'un point d'eau pour dix personnes,
  • des douches (obligatoires pour les travaux insalubres),
  • des produits d'hygiène cutanée appropriés aux salissures (demander l’avis du médecin pour leur choix),
  • des moyens d'essuyage (essuie-mains jetables ou autres),
  • des WC et urinoirs,
  • Des vestiaires et des réfectoires équipés (armoires ventilées double compartiment conseillées, table, chaises, réfrigérateur, point d’eau, moyens de réchauffage des plats…).

Informer et former le personnel

L’objectif est que les salariés connaissent les dangers et soient avertis des précautions à prendre lors de l'utilisation de produits dangereux.
En savoir plus sur la formation "évaluer les risques chimiques liés aux produits manufacturés dans le BTP"

  • Présenter aux salariés les dangers des produits et les mesures de prévention à mettre en œuvre.
    Le contenu de l’information doit être adapté aux produits utilisés et aux techniques de mise en œuvre.
    Elle doit porter sur les produits et leurs dangers, les mesures de prévention (collectives et individuelles) relatives à leur manipulation et utilisation, la signification des symboles, les produits de nettoyage, les mesures pour éviter un incendie, les mesures d’hygiène et de secours, les règles de gestion des déchets.
  • Établir et diffuser des consignes d'utilisation.
  • Réaliser une notice de poste

Consulter la fiche prévention « La notice de poste »

  • Renouveler l'information périodiquement et en cas d’utilisation d’un nouveau produit.

Stockage, transport des produits et élimination des déchets

Définir le type d’emplacement nécessaire
  • Containers mobiles spécifiques, local d’un bâtiment ventilé, en plein air protégé des agressions climatiques…
Déterminer le lieu de stockage :
  • accessible aux véhicules de livraison,
  • à l’écart des postes de travail et des sources d’ignition,
  • facilement accessible aux secours.
stockage
Définir les équipements nécessaires
  • Sol imperméable, ventilation, équipement électrique de type Atex lors de stockage de produits inflammables, équipements de manutention…

À retenir
Ranger les produits par famille.
Éviter les superpositions, les empilages et le stockage devant les ventilations.

Évacuer les déchets et les transporter en toute sécurité

Les résidus de colles, peintures, solvants et leurs emballages souillés, sont classés déchets dangereux. Ils ne peuvent pas être triés pour être évacués dans les bennes présentes sur site.

  • Filmer les divers récipients, emballages vides et résidus de produits.
  • Organiser une évacuation régulière de ces déchets (de préférence quotidienne) vers des centres agréés ou les faire reprendre par les fournisseurs.
Assurer la sécurité lors du transport par véhicules utilitaires
  • Équiper le compartiment à matériaux d’un système de ventilation.
  • Privilégier un compartiment distinct, ventilé et ignifuge ouvrant sur l’extérieur pour les produits les plus dangereux.
  • Utiliser des étagères et des systèmes d’arrimage efficace, de manière à éviter le déplacement, la chute ou le renversement des colis.
  • Stationner les véhicules contenant des produits dangereux à l'abri du soleil direct et les lieux non ventilés.

Consulter la fiche « Transport des matières dangereuses par route en quantités réduites »


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