Les activités exercées en milieu hyperbare

Activités en milieu hyperbare

L’intervention en hyperbarie est caractérisée par une pression du milieu de travail supérieure à la pression atmosphérique. Définie par la loi comme facteur de pénibilité, cette situation n’est pas rare et touche, pour la branche du BTP, les travaux publics sous-marins, les percements de tunnels et le travail en caisson hyperbare. Bien que fortement réglementés, les travaux hyperbares peuvent entrainer des incidents ou des accidents susceptibles d’engendrer des effets allant de la simple gêne au niveau des oreilles jusqu’au décès. Outre l’exposition à une pression supérieure à 100 hPa, le facteur de pénibilité associé à ces activités tient compte de plusieurs paramètres liés aux conditions de travail des scaphandriers.
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Des actions pour prévenir

Agir sur l’organisation du travail

L’organisation du travail doit permettre une évolution permanente et continue des conditions de travail : il est important de tirer des leçons de l’expérience.
Un principe d’organisation consiste à :

Planifier les opérations en intégrant la prévention et les conditions de travail

L’employeur doit  :

  • désigner une personne chargée d’assurer la fonction de conseiller à la prévention hyperbare.

Cette personne doit être titulaire d’un certificat obtenu à l’issue d’une formation dispensée par un organisme habilité. Il doit préciser l’activité professionnelle exercée et la classe (Classe 0 à III précédentes) qui définit la zone d’intervention ou de travaux pour laquelle le conseiller peut proposer les mesures de prévention adaptées.

  • établir un manuel de sécurité hyperbare. Il précise notamment :
    • l’organisation de la prévention, les équipements à utiliser et leur vérification,
    • les règles de sécurité,
    • les méthodes d'intervention et d'exécution des travaux,
    • les procédures d'alerte et d'urgence,
    • les moyens de secours extérieurs à mobiliser ainsi que les moyens de recompressions disponibles et leur localisation.

Exécuter les opérations en respectant les procédures établies

(cf. décret n°2011-45 du 11 janvier 2011 et arrêté d’application).

Contrôler les modes opératoires et relever les dysfonctionnements

(situations dégradées, incidents, accidents).

Analyser et exploiter les dysfonctionnements pour conduire à des améliorations.

Améliorer en continu les conditions d’exécution des travaux

Faire certifier l’entreprise (disposition réglementaire) : la certification est une procédure itérative qui contribue à la mise en place de l’amélioration continue.

Intégrer les scaphandriers dans le parcours de professionnalisation : promouvoir les travailleurs tout au long de leur vie professionnelle contribue à une meilleure productivité.

Organiser le maintien des connaissances et des compétences des travailleurs.

Assurer une veille technique sur le matériel et mise en œuvre des techniques les plus performantes pour faciliter le travail.

Suivre l’évolution régulière de l’état de santé des travailleurs (surveillance médicale renforcée des scaphandriers).

Mettre en place des procédures d’intervention et de secours et  un relevé des situations techniquement dégradées, accidentelles, d’urgence, de secours et de survie (mise en place d’un dispositif retour d’expérience pour permettre les corrections avant que les accidents ne se reproduisent).

Améliorer le cadre temporel du travail

Quelques exemples de questions à se poser :

Les conditions de vie avant la plongée  ?

  • Les travailleurs disposent-ils d’un local situé à proximité du site de plongée, chaud, sec et propre ?
  • Les travailleurs font-ils le trajet domicile-site de travail pendant le week-end ?
  • Les travailleurs dorment-ils chez eux, à l’hôtel ou en pension, sur place (bungalow, caravane) ?

La limite du temps du travail  en plongée est fixée à 3h. Elle peut être ramenée à 90 mn dans des cas spécifiques basés sur les indicateurs suivants : courants et houle, température de l’eau, le poids des outils.

  • Les mesures de ces indicateurs ont-elles été faites ? Quelles sont-elles ? Y a t-il nécessité de réduire le temps de travail ou de mettre en œuvre de protections collectives ?
  • Quel est le poids des outils utilisés ? Engendre-t-il des vibrations ? Le bruit admissible est-il dépassé ?

Fatigue ou gêne des scaphandriers :

  • Les travailleurs expriment-il des plaintes relatives à la fatigue ou à la gêne ?

En général, le travail est posté en 3 rotations par poste avec changement de fonctions à chaque rotation :

  • Ce travail  présente-t-il des situations difficiles pour les opérateurs ?
  • Le changement de fonctions influe-t-il de manière importante sur les relations interpersonnelles ?  Y a-t-il une passation de consignes organisée , …

Types d’horaires

  • Les horaires sont-ils conditionnés par des impératifs extérieurs : la marée, les mouvements des navires, les activités portuaires, les autorisations heurées de tir de mine, …
  • Un travail de nuit est-il prévu ?

Rythme de travail :

  • Le rythme de travail est-il perturbé  ou imposé par des éléments extérieurs (consignation des zones de travaux par rapport à l’exploitation, circulation par voies d’eau,…) ?

Gérer les co-activités ou les contraintes dues aux tiers

Les interactions du poste de travail avec son environnement sont génératrices de difficultés pour les travailleurs qui peuvent amener des situations inconfortables :

  • Les co-activités :
    • sur quai,
    • liées à la navigation,
    • ou les contraintes d’exploitation du site : travaux simultanés, passage de navires, zone de roulage, … peuvent augmenter les efforts de palmage à produire, contraindre les postures ou détériorer les conditions d’entrée et de sortie de l’eau ;

La co-activité comprend également la mise à disposition des appareils de levage et de navigation, les activités de pêche ( filets dérivants), les réseaux de desserte insulaires (pétrole, flux de communication, …), le risque lié aux épaves, les produits toxiques ou pyrotechniques, les déchets, les effluents industriels … 

  • Les tiers jouent un rôle important : riverains pour permettre la cohabitation des travaux ou pour libérer des zones de vie, journalistes pour raconter publiquement les travaux, surveillant de travaux pour le contrôle des opérations,…,  tous contribuent selon leurs attitudes à la sérénité des opérations ;
  • La délinquance locale peut être un facteur aggravant : les actes de vandalisme ou de malveillance peuvent endommager les systèmes respiratoires, les dispositifs de sécurité ou les embarcations.
  • Le maître d’ouvrage a un rôle primordial vis-à-vis de ces facteurs potentiellement aggravant du climat social du chantier.

Le coordonnateur SPS  est une fonction  indispensable pour garantir la prise en compte des mesures visant à atténuer les difficultés.
Les travaux hyperbares réalisés en site occupé, doivent faire l’objet d’un plan de prévention écrit, quelque soit leur durée

  • Le conseiller en prévention hyperbare et le COH(chef d’opération hyperbare) doivent tenir compte des informations fournies à ce sujet par le coordonnateur. Des priorités doivent être données à :
    • La préservation des capacités respiratoires et de communication des travailleurs ;
    • La préservation des conditions d’accès aisées pour les scaphandriers
    • Le respect des procédures notamment en matière d’information, de circulation des navires…

L’article R4461-11 du code de travail : coordination par rapport aux travailleurs intérimaires.

Éviter ou réduire les contraintes physiques

  • Limites des poids des équipements de travail (manutention des charges) : l’arrêté prévoit une réduction du temps de travail pour l’utilisation des matériels de plus de 15kg
  • Le bruit et les vibrations : les ondes sont transmises dans l’eau sans amortissement notable. Le port des EPI classique n’est pas suffisants pour pallier les dommages occasionnés par ces ondes qu’elles soient soniques ou vibratoires.
  • Les agressions du milieu : température, qualité des effluents, pollution, toxicité ou inflammabilité de l’air (vapeurs d’hydrocarbures), radioactivité, faune ou flore toxique ou dangereux sont autant de conditions pénalisantes pour le travail.

Prendre en compte et gérer les situations individuelles

Une enquête sur la population (2009-2010) travaillant dans le milieu hyperbare a permis de mettre en évidence les caractéristiques démographiques de cette profession.
Quelques éléments :

  • La population a un âge moyen de 40 ans ;
  • L’ancienneté est de 11 ans en moyenne ;
  • Une proportion inquiétante de poly-accidentés ;
  • Des inaptitudes vers l’âge 50 ans.

Cette situation montre qu’il y a urgence à gérer la formation des personnels actuellement en activité et d’anticiper le reclassement des personnes déclarées inaptes à la plongée. Par ailleurs, les futurs recrutés doivent avoir une vision objective de leur activité.
Un site « pénibilité » est disponible pour connaître les conditions de prise en charge de la pénibilité et des maladies professionnelles.

Consulter la fiche "Activités en milieu hyperbare" sur le site "Travailler mieux".

Suivre l’état de santé des travailleurs

Toute personne travaillant en milieu hyperbare justifie d’une SMR (surveillance médicale renforcée) quelles que soient la durée, l’intensité et la fréquence d’exposition, avec des examens cliniques et para cliniques prévus par la règlementation.
Avant affectation au poste :

  • examen médical de non contre-indication par le médecin du travail,
  • examens complémentaires obligatoires : épreuves fonctionnelles respiratoires, électrocardiogramme au repos et à l’effort, audiogramme avec impédancemétrie, électroencéphalogramme, bilan biologique, bilan radiologique des hanches, des épaules, des genoux, du thorax, examen dentaire, test de compression en caisson jusqu’à 2,2 bar.

Renouvellement : tous les 6 ou 12 mois en fonction de l’âge (la plupart de ces examens sont répétés lors des visites périodiques).

Répondre aux sollicitations psychologiques

Deux éléments ont été identifiés dans la population des scaphandriers comme engendrant des sollicitations psychologiques :

  • La peur :

Le défaut de visibilité, la nature du milieu, les animaux ou la flore toxiques ou dangereux , l’inconnu du milieu (« dès fois, on ne sait pas ce qu’on va trouver ! ») engendrent des peurs qu’il est nécessaire de compenser. La vigilance, centrée sur le travail, peut être perturbée par l’environnement et est source de charge mentale ;

  • L’insatisfaction des conditions de vie :

La plupart des chantiers sont de courte durée et éloigné des domiciles. Les travailleurs doivent se loger et se nourrir sur place : de mauvaises conditions de logement et une nourriture déséquilibrée entament leur faculté de récupération. Il est indispensable que les conditions de vie extra-professionnelles soient équilibrées et saines. Cette responsabilité est surtout du ressort du travailleur.

Agir avec le médecin du travail et le CHSCT.

Cerner les conditions de travail à l’origine des peurs ou de l’insatisfaction des conditions de vie et rechercher des réponses adaptées aux demandes.

Éviter ou limiter les risques de blessures ou d’accidents

Les procédures, et leurs paramètres, retenus pour les différentes méthodes d'intervention ou d'exécution de travaux sont fixées par un arrêté spécifique en cours de rédaction.
L’arrêté précise notamment :

  • Les durées d'intervention ou d'exécution des travaux, tenant compte de l'exposition du travailleur ;
  • Les gaz ou mélanges gazeux respiratoires autorisés  ;
  • Les caractéristiques et conditions d'utilisation des appareils respiratoires ;
  • Les procédures et moyens de compression et de décompression ;
  • Les prescriptions d'utilisation applicables aux enceintes pressurisées habitées, notamment aux caissons de recompression, aux systèmes de plongées à saturation, aux caissons hyperbares thérapeutiques, aux tourelles de plongées, aux bulles de plongées et aux caissons hyperbares des tunneliers ;
  • La composition des équipes lorsque il est nécessaire que celles-ci soient renforcées pour tenir compte des méthodes et conditions d'intervention ou d'exécution de travaux particulières, en milieu hyperbare ;
  • Les méthodes d'intervention et d'exécution de travaux.

Organiser les secours

Les arrêtés d’application prévoient les procédures de secours et la conduite à tenir devant les accidents liés à l'exposition au risque hyperbare.

Traitement en urgence et adapté des accidents d’hyperbarie : la recompression d’urgence sur chantier hyperbare est faite par du personnel non médical mais formé.
Participer à la mise en place des dispositifs de suivi post expositions ou post professionnels.

Arrêté du 28 mars 1991 définissant les recommandations aux médecins du travail chargés de la surveillance médicale des travailleurs intervenant en milieu hyperbare.


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