Les températures extrêmes

Températures extrêmes

La météo reste un impondérable des métiers du BTP. Grand froid, précipitations neigeuses, canicule… un grand nombre de salariés est soumis à ces éléments saisonniers. Ils nécessitent de la part de tous la mise en œuvre de pratiques pour limiter leurs effets. Par ailleurs, travailler dans des conditions de températures extrêmes en situation de travail (hors température extérieure) rentre dans le cadre de la pénibilité. Explications.
Dossier en cours de mise à jour

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Des actions pour prévenir

Anticiper l'organisation en s'abonnant à un service météorologique

Consulter les cartes de vigilance de Meteo France qui recense et tient à jour les zones concernées par des épisodes climatiques particuliers (fortes pluies, canicules, neige, …).

S'abonner à un service de météorologie local couvrant la zone géographique du chantier.

Informer le chantier et organiser les tâches en conséquence.

Rappel :
La sensation de froid est accrue lorsqu’une température basse par exemple est combinée avec du vent.

La vitesse du vent peut se trouver modifiée localement par des effets de site locaux. Ce phénomène peut majorer les efforts du vent appliqués sur les appareils de levage de charges par exemple, modifier les conditions de manutention de pièces ayant une certaine surface (prise au vent) rendant leur réception plus difficile.

S'informer de l'existence d'effets de site (PGC - Plan Général de Coordination SPS ; Consulter les services météorologiques régionaux et locaux ; Enquête de voisinage (mairie, services techniques, DDE...)

Coordonnées des stations de Météo France : www.meteofrance.com   

Organiser le travail en ambiance chaude

Éviter les situations de contraintes thermiques

  • Automatisation des tâches en ambiance thermique élevée.
  • Organiser les tâches de façon à limiter voire supprimer la source de chaleur. Il est possible notamment d'organiser la maintenance préventive (four, cimenterie, centrale d'enrobés, et) en privilégiant les interventions lorsque les installations produisant de la chaleur sont arrêtées.
  • Laisser le temps nécessaire au refroidissement avant l'intervention (installations, engins, …).
  • Climatisation des véhicules.
  • Climatisation des locaux ou rafraîchissement d'ambiance.

Diminuer les contraintes en agissant sur l'ambiance thermique

Par exemple :

  • Isoler les sources de chaleur radiante (par ex. interposer un écran entre la source de chaleur et l'opérateur).
  • Éloigner (ou s'éloigner de) la source de chaleur.
  • Diminuer la température par brumisation.
  • Couvrir la zone de travail pour créer de l'ombre en conservant une ventilation naturelle.
  • Augmenter la vitesse de l'air : création de courants d'air, ventilation.

Aménager le temps de travail en fonction des tâches

Par exemple :

  • Décaler les horaires de travail (ex. : bénéficier des heures les moins chaudes)
  • Limiter le temps d'exposition en ambiance chaude ou effectuer des rotations de tâches
  • Alléger la charge de travail (mise en place de cycles travail/repos courts, pauses de récupération plus fréquentes). Pour définir les durées, consulter le CHSCT, à défaut les représentants du personnel, les salariés et prendre conseil auprès du médecin du travail.
  • Limiter le travail physique (mécanisation et réalisation des tâches lourdes lors de périodes moins chaudes (le matin par exemple).
  • Privilégier le travail d'équipe (favorise la surveillance mutuelle).
  • Porter une attention particulière en cas d’emploi de salariés intérimaires.
  • Éviter le travail isolé : si ponctuellement cela est impossible, équiper l'opérateur d'un dispositif DATI (dispositif d’alarme pour travailleur isolé).

Aménager le rythme de travail

  • Tenir compte de la période d'acclimatement à l'ambiance thermique au poste de travail (popup : période estimée de 8 à 10 jours, permettre aux opérateurs d'adopter leurs propres rythmes de travail pour s'adapter à l'ambiance thermique).
  • Demeurer vigilant pour toute situation particulière (retour de congés, de maladie, nouvel embauché ou intérimaire, prise de poste sur un chantier différent, changement rapide de température, période de canicule, etc.).

Atténuer les effets des ambiances chaudes

  • R 4534 – 142 – 1 (mise à disposition d’un local) 
  • R 4534 -143 (boisson fraîche non alcoolisées) - La mise à disposition gratuite d'eau fraîche est prévue dans la réglementation à raison de 3 litres au moins par jour et par personne. En ambiance très chaude, si ces quantités sont insuffisantes, l'eau doit être fournie à volonté (généralement de 3 à 5 litres par personne).

Organiser le travail en ambiance froide

Éviter les situations de contraintes thermiques

  • automatisation des tâches en ambiance thermique froide ;
  • organiser les tâches de façon à limiter, voire supprimer la source de froid (ex. : situation de maintenance en chambre froide, …) ;
  • laisser le temps nécessaire au réchauffement avant l’intervention (installations, enceintes, …) ;
  • réchauffement ou chauffage de locaux (rappel : « braseros » interdits).

Diminuer les contraintes en agissant sur l’ambiance thermique (organiser le chantier ou la tâche )

Par exemple :

  • isoler thermiquement les surfaces métalliques de contact ;
  • éloigner (ou s'éloigner de) le plus possible de la source de froid ;
  • installer des bâches ou des écrans permettant d’isoler certaines zones, de couper l’arrivée d’air froid notamment due au vent ;
  • réduire la vitesse de l'air (en la limitant de préférence à 0,2 m/s s’il est impossible d'augmenter la température) ;
  • utiliser des machines ou des outils conçus pouvant être utilisé avec des gants ;
  • réduire la condensation intérieure en installant une aération et limiter les apports d'air extérieur humide (sas, portes à ouverture rapide, rideaux d'air, …).

Aménager le temps de travail en fonction des tâches.

Par exemple :

  • limiter le travail physique intense mécanisation, mise à disposition d’aides à la manutention,…
  • limiter le temps d'exposition en ambiance froide ou effectuer des rotations de tâches ;
  • alléger la charge de travail (cycles travail/repos courts avec ménage avec pauses de récupération). Pour définir les durées, consulter le CHSCT, à défaut les représentant du personnel, les salariés et prendre conseil auprès du médecin du travail ;
  • privilégier le travail d'équipe (favorise la surveillance mutuelle) ;
  • porter une attention particulière en cas d’emploi de salariés intérimaires ;
  • éviter le travail isolé : si, ponctuellement, cela est impossible, équiper l'opérateur d'un dispositif DATI (dispositif d’alarme pour travailleur isolé) ;
  • limiter le travail sédentaire.

Aménager le rythme de travail

  • Tenir compte de la période d'acclimatement à l'ambiance thermique au poste de travail (période estimée de 8 à 10 jours, permettre aux opérateurs d'adopter leurs propres rythmes de travail pour s'adapter à l'ambiance thermique).
  • Demeurer vigilant pour les situations particulières (retour de congés, de maladie, nouvel embauché ou intérimaire, prise de poste sur un chantier différent, changement rapide de température, etc.).

Atténuer les effets des ambiances froides

  • Installer un local de repos chauffé au minimum à 20 °C.
  • Mettre à disposition dans les installations de chantier des armoires chauffantes (séchage des vêtements).
  • Mettre à disposition des salariés, des boissons chaudes sucrées, non alcoolisées.
  • Mettre à disposition de douches chaudes.

Réchauffer l’atmosphère des zones de travail

  • Mise en place d’appareils soufflants de l’air chaud notamment en intérieur.
  • Mise en place de convecteurs radiants.
  • les feux à l’air libre (braseros par exemple) sont interdits ;
  • il est interdit de travailler.

Organiser le travail nécessitant le port d’EPI contraignants

Pour éviter ces situations de contraintes thermiques, dès l’étude et la préparation des travaux, privilégier les méthodes et une organisation du travail qui ne nécessitent pas le port de telles protections individuelles (par exemple travaux d’application de résines, traitements de façade divers, application de produits, …).

Lorsque cela n’est pas possible, par exemple, lors de travaux sur des matériaux contenant de l’amiante, du plomb, utilisation de lances thermiques, sablage, pulvérisation de peintures, vernis, … :

  • Choisir des équipements de travail et de protection individuelle les moins contraignants possibles.
  • Aménager le temps et le rythme de travail (voir conseils organiser le travail en ambiance chaude ou froide).
  • Supprimer le travail isolé.
  • Former les salariés à l’utilisation et au port de ces EPI.
  • Organiser la maintenance et l’entretien des EPI.
  • Organiser les secours

L’entreprise doit mettre en place une organisation qui permette à l’ensemble de ses salariés de recevoir une formation de "Sauveteur Secouriste du Travail" (SST).
Les trois savoirs de base sont : protéger la victime, alerter au faire alerter les secours, et prendre les premières mesures de secours pour éviter que la situation ne s'aggrave. 
Rappeler régulièrement ces règles essentielles à l’occasion d’une réunion spécifique (1/4h sécurité par exemple), dès que les variations climatiques établissent un régime de fortes chaleurs ou de froid important.

S’assurer que l’ensemble du personnel dispose ou peux avoir accès à des moyens d’appel des secours.

Mettre en place les dispositions nécessaires pour que toutes les équipes aient de l’eau potable.

S’assurer et fournir le cas échéant à chaque équipe une couverture de survie (conseillée dans les boîtes de premier secours de véhicules ou de chantier).

Secourir en cas de coup de chaleur ou d'insolation :

  • Transporter la personne dans un endroit frais.
  • La déshabiller au maximum et la ventiler.
  • La rafraîchir en l'enveloppant dans un drap ou un tissu humide et frais. 
  • A défaut, lui appliquer un linge humidifié à l'eau froide sur le visage et sur le corps. Si cela est possible, lui faire prendre une douche fraîche. 
  • Commencer à la réhydrater en attendant l’arrivée des secours.

Rafraîchir les zones ou les poste de travail

Réduire les émissions de chaleur à la source

  • Utiliser des machines ou équipements dégageant le moins de chaleur rayonnante possible ;
  • Mettre en place de dispositifs de refroidissement (eau ou air) permettant d'abaisser la température de contact et diminuer la chaleur rayonnante ; 
  • Mise en place de dispositifs d'extraction ou de captation de la chaleur (par exemple : encoffrements isolants).

Réduire les effets de la chaleur par la mise en œuvre d'obstacles

  • Privilégier les méthodes et équipements permettant de travailler à distance de la source de chaleur ;
  • Mettre en place des écrans anti-chaleur radiante ;
  • Équiper les cabines non climatisée des vitrages teintés ou athermiques, de casquettes brise-soleil ;
  • Installer sur les vitrages (engins, bungalows, bureaux) de pare-soleil, stores à enrouleur, films anti-solaires ;
  • Privilégier (carrosserie, encoffrement, écrans) les revêtements de couleur claire.

Climatiser les cabines d'engins

  • Privilégier les matériels déjà équipés de tels systèmes lors des achats ou les locations ;
  • Équiper les engins qui ne le sont pas de série par des climatiseurs rapportés.
img1_rafraichir les zones

Climatiser les locaux

  • Étudier cette solution chaque fois qu’un local qui dispose pas d'une bonne isolation et/ou d’une bonne inertie thermique, est soumis au rayonnement solaire ou à d'autres sources de chaleur (locaux avec grandes baies vitrées, cabines de contrôle et poste de surveillance, bungalow de chantier, etc.) ;
  • Préférer des systèmes de climatisation réversible à chaque fois que possible.

Rafraîchir l’atmosphère au voisinage du poste de travail

Quelques exemples d'équipements :

  • Des ventilateurs (efficaces pour des températures inférieures à 32 °C) : Adaptés aux postes de travail mobiles, cabines d'engins, bureaux ou réfectoires de chantier). Pour de grands volumes, s'orienter plutôt vers des brasseurs d'air mobiles puissants avec des débits d'air importants.
  • Des systèmes de brumisation : production d’un brouillard de fines gouttelettes (5 microns) qui refroidit et humidifie l'air sans mouiller le sol (automatisme possible avec sondes de température et d'hygrométrie).
  • Des ventilo-brumisateurs : ils ont l'avantage d'être déplaçables. S’assurer qu’ils peuvent être réglés afin d’éviter excès de brouillard et sensation d'humidité.
  • Des rafraîchisseurs d'air sur roulettes : plutôt destiné aux bureaux et installation de chantiers (si l’équipement en climatisation n’est pas possible).

Choisir des vêtements de travail et EPI adaptés aux ambiances climatiques chaudes

Critères de choix

Choisir et mettre à disposition des vêtements de travail et des équipements de protections individuelles normalisés protégeant du soleil, permettant une bonne régulation thermique du corps, favorisant l’évacuation de la sudation.

Procéder à des tests avec les opérateurs avant le choix définitif.

Vêtements de travail

De manière générale, préférer les vêtements qui ne constituent pas un écran thermique trop important :

  • les plus aérés possibles avec inserts en filets aux aisselles, soufflets, œillets de ventilation ;
  • en coton et en légers tissus à base de matières naturelles et perméables à l'air (agréables à porter à la chaleur) ;
  • des formes amples et des couleurs claires.

De nouvelles matières respirantes bénéficient aux vêtements de travail (tee-shirt, pantalon, veste, combinaisons). Elles favorisent les échanges nécessaires à la régulation thermique et ne se chargent pas de l'humidité de la transpiration. Ces tissus sont aussi généralement déperlants et antibactériens.

Équipements de Protection Individuelle

Conformes à leurs normes respectives et choisis en fonction de l’analyse des risques, ils doivent être confortables en ambiance chaude.

Choisir des casques de protection :

  • dotés d'orifices permettant la ventilation, les plus légers possibles (compte tenu de la nature des dangers et des équipements complémentaires) ;
  • équipés d'une molette de réglage (amélioration du confort) ;
  • avec bandes de propreté anti-sueur en éponge bouclette.

Casquettes de sécurité : leur utilisation peut être envisagée après une évaluation précise des risques de chute d'objet et de heurt, par exemple pour les chantiers de BTP sans appareil de levage, et en fonction du règlement de chantier.

Choisir des protections auditives :

Des actions pour prévenir
  • en ambiance chaude, le port de bouchons d'oreilles est plus agréables que celui d’un casque ;
  • privilégier les bouchons moulés, dont le confort est aujourd'hui largement reconnu ;
  • s’assurer des conditions d’hygiène.

  

Choisir des lunettes de sécurité :

Des actions pour prévenir
  • privilégier les modèles disposant d'orifices de ventilation (en particulier pour les modèles enveloppant) ;
  • retenir des modèles traités antibuée traités anti-UV, et anti rayures ;
  • privilégier des lunettes légères et facilement ajustables (certains modèles sont complétement flexibles et adaptables aux morphologies des visages).
img4_ambiance_chaude

Choisir des protections respiratoires

Des actions pour prévenir

Masques jetables (à usage unique) : préférer ceux dotés d'une soupape d'expiration basse pression. Ce dispositif facilite la respiration.

Ces masques sont réservés à des interventions de courte durée (par ex : une ½ heure).

Pour les interventions plus longues et pénibles : utilisez des masques ou demi-masques à ventilation assistée.

  

Choisir des gants de protection  :

Des actions pour prévenir
  • doublés de coton à l'intérieur (absorption de la transpiration, plus de confort (pH neutre) en atmosphère chaude) ;
  • disposant d'un traitement antibactérien de leur doublure ;
  • prévoir un renouvellement fréquent (développement de bactéries et mycoses favorisées par l'humidité de la transpiration).

  

  

Choisir des chaussures ou bottes de sécurité :

  • les plus souples et légères possible (par ex. dotées d’embout et/ou semelle anti-perforation en matériaux composites) ;
  • en matériaux et dotés de doublures permettant l'évacuation de la transpiration (si compatibilité avec les risques du poste de travail) ;
  • disposant de semelles intérieures traitées anti-bactérien, amovibles et lavables.

Le choix des chaussettes est aussi important : en matière naturelle absorbante (coton) ou en matière synthétique "technique" traitée anti-bactérien.

La plupart des vêtements décrits dans ce document conviennent globalement dans des situations habituelles de chaleur. 
En cas de source additionnelle de chaleur de chaleur, il peut être nécessaire de compléter par des équipements de protection complémentaire (de plus pour éviter l’inconfort voir « organiser le travail en ambiance chaude »
Il est important de sensibiliser les opérateurs au fait qu'en période estivale le port d'un tee-shirt est indispensable pour se protéger des rayons du soleil, ceci quelle que soit la température.

Pour en savoir plus consulter les fiches EPI métiers et le site du SYNAMAP .

Choisir des équipements individuels de protection thermique

(travail dans des conditions de chaleur radiante importante ou d’application de produits chauds).

L'absence de protection lors d’un dégagement de chaleur important, mène à des effets de types érythèmes, brûlures, déshydratation et malaise rapides.
En complément des autres mesures organisationnelles, le port de vêtements et d’équipements de protection adaptés à ces conditions extrêmes est souvent nécessaire. Leur faible perméabilité à l'air limite ou arrête les pertes thermiques par transpiration et un aménagement du rythme de travail est nécessaire.
Il faut rechercher le meilleur compromis possible entre le niveau de protection nécessaire et les exigences de la tâche pour permettre une bonne mobilité et dextérité.

Choisir un équipement de protection de la tête et des yeux

Des actions pour prévenir

Une cagoule anti-chaleur aluminisée, par exemple constitue une protection de la tête (veiller à la qualité des bandes de confort).

Selon la nature du risque (origine de la chaleur, risques d'escarbilles, de projections de métal liquide, …) complément éventuel avec une casquette anti-chaleur aluminisée avec protège-nuque.

Pour l’exposition à de fortes chaleurs radiante, le port d’une protection oculaire est nécessaire.

Des actions pour prévenir

Choisir lunettes de protection ou surlunettes (en cas de port de verres correcteurs) en fonction de l'intensité de la chaleur et de la nature des rayonnements (UV, IR).

Préférer les modèles qui évacuent bien la chaleur et s'ajustent bien sur le visage.

Lors d’émission d'infrarouges (dégagés par la présence de métal en fusion par exemple), équiper d'un filtre coloré spécifique ayant la propriété de les absorber.

Protection du visage : par exemple par des visières en polycarbonate montées sur un arceau de relevage ou munies d'un bandeau ajustable.

Des actions pour prévenir

Lors d'exposition simultanée à d'autres risques (ex. : fumées de soudage, vapeurs ou aérosols dangereux, amiante, …) :

  • choisir une protection "tout en un" avec un système de protection intégrée, avec ventilation assistée ou adduction d'air ;
  • retenir les cagoules les plus confortables, les moins gênantes possibles (poids minimal, éviter le flux d'air entrant dirigé directement sur le visage, champ visuel maximal et distorsion visuelle minimale, bonne souplesse si possible, etc.).

Choisir un équipement de protection du corps

En cas d'exposition à des ambiances chaudes peu intenses, le choix peut s'orienter vers des vêtements en coton ignifugé. Les fabricants proposent des gammes complètes, en coton ignifugé (vestes, pantalons, combinaisons, sweat-shirt, tabliers, guêtres, boléros et cagoules).

Dans certaines situations, la chaleur de l’ambiance de travail est le cumul de 3 formes de chaleur : convective (chaleur transmise par une installation, un outil, …), radiante (chaleur venant d’un produit, d’une installation, …, la chaleur provenant d’une projection de métal en fusion par exemple).

Les vêtements de protection pour les travailleurs de l'industrie exposés à la chaleur doivent répondre à la norme NF EN 531.

Pour des chaleurs plus importantes, préférer des vêtements aluminisés ou des tissus en fibres spéciales haute performance. Certains modèles peuvent supporter des températures pouvant atteindre 1200 °C.

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Pour des ambiances chaudes intenses, (par ex. : travaux de fumisterie, de cheminée, la température sèche de l'air dépasse 70 °C), utiliser des vêtements spéciaux et des EPI spéciaux tels que :

  • scaphandre de protection contre la chaleur : ventilés par adduction d'air, généralement composés par un tissu externe aluminisé doublé en molleton isolant. Ce type d’équipement peut atteindre un poids supérieur à 5kg (en tenir compte dans la réflexion globale sur les efforts fournis et le temps de travail et de pause) ;
  • vêtements techniques de refroidissement pour absorber la chaleur en excès (veste par ex) : ils sont constitués d'une couche isolante ignifugée et de poches internes avec des blocs de refroidissement pré chargés au réfrigérateur.

Choisir des équipements de protection contre le risque thermique des mains

Des actions pour prévenir

Choisir des équipements conformes à la norme NF EN 407 qui traite de la qualité des gants, des niveaux de protection requis et de performance attendu selon les risques (feu, type de chaleur, importance des projections de métal, ..).

Les fabricants proposent une gamme de gants spécifiques, ou ayant reçus des traitements particuliers pour améliorer leurs performances, avec des évolutions régulières aussi il est difficile d’être exhaustif.

  • les gants en coton bouclé épais font partie des plus efficaces en milieu sec et lorsque l'on n'a pas de besoin de dextérité. En milieu humide, retenir ceux à base de fibres techniques de dernière génération ;
  • pour résister à la chaleur due aux fortes températures, la plupart des gants sont en croûte de cuir RHT (options avec paume en cuir et le dos en para-amide aluminisé, bandeau en fibres de verre pour travaux en zone à fortes températures, …).

Choisir des chaussures de sécurité

Rechercher un confort thermique acceptable pour un travail à des températures élevées (ex. : mise en œuvre d'enrobés et de matériaux bitumineux chauds, travaux dans les fours…).

Comme pour les gants la qualité, le confort et l’ergonomie évolue et les fabricants proposent des gammes renouvelées qui offrent une protection contre la chaleur de contact, favorisent l'évacuation de la chaleur résiduelle et de la transpiration, les semelles, talon…

  • conformité aux exigences de la norme NF EN 345 ou EN ISO 20345 ;
  • prise en compte des exigences additionnelles (ex. : protection contre la chaleur - symboles HI contre la chaleur et HRO pour la résistance de la semelle à la chaleur de contact) ;
  • souplesse, possibilité de largeurs adaptées aux utilisateurs ;
  • confort intégrant des notions d'ergonomie, de respirabilité, d'hygiène, la présence d'inserts ou tiges enveloppantes, d’embouts en matériaux composites ;
  • doublures en matériaux permettant la régulation de la transpiration.

Sabot et patin Bois anti-chaleur

Ces équipements spécifiques constitués d'une semelle en bois, apporter un écran de protection complémentaire contre la chaleur de contact.
"patins" bois adaptables à des chaussures de sécurité déjà classées HRO.

Choisir les équipements de protection individuelle lors de travaux en ambiance froide

Principaux critères de choix des équipements de protection individuelle et vêtements pour travailler en environnement froid

  • efficacité vis-à-vis du froid et assurer une bonne protection thermique (notamment en cas de passage fréquent du chaud au froid) ;
  • confort (les fabricants proposent des vêtements de plus en plus techniques et confortables) ;
  • compatibilité avec les autres EPI nécessaires au travail (chutes, risque chimique...) ;
  • autoriser une mobilité et dextérité correcte (rechercher le meilleur compromis possible entre le niveau de protection et les exigences inhérentes à la tâche à effectuer).

Pour des environnements modérément froid, choisir des vêtements conformes à la norme EN 14058 (par ex. : combinaison de conditions d'humidité et de vent à une température de - 5 °C et plus).
Les fabricants proposent des gammes comprenant gilets, vestes, manteaux, pantalons avec ou sans doublure thermique amovible.
Ces équipements ne présentent, a priori, pas des caractéristiques suffisantes pour les environnements de froid plus important.

Pour des environnements très froid, choisir des vêtements conformes à la norme EN 342 (vêtements de protection contre le froid à une température d'air inférieure à - 5 °C), offrant le meilleur isolement vestimentaire (indice IREQ) en fonction de la température et de la tâche à réaliser.

L'indice IREQ (d'"isolement vestimentaire") permet de guider dans le choix de ces vêtements.

  • les vêtements doivent être secs et propres (prévoir un change dès qu'ils sont mouillés) ;
  • les opérateurs doivent se sécher le corps avant de s'habiller (avoir des installations le permettant) ;
  • veiller au renouvellement régulier des vêtements, l'usure diminuant leur efficacité ;
  • privilégier veste ou parka recouvrant largement le pantalon (de préférence à la combinaison car plus pratiques pour se déshabiller lors des pauses).

Vêtements spéciaux

Pour des expositions à des ambiances froides intenses, utiliser des sous-vêtements « spécial froid » conçus à partir d'un tissu thermorégulateur. Ces équipements permettent de diminuer les couches de vêtements portés et les chocs thermiques lors des passages des zones froides aux locaux chauffés.

Choisir un équipement de protection de la tête

Le port d'un bonnet isolant adaptable au casque permet d'empêcher une perte de chaleur excessive (environ 50 % de la chaleur corporelle est perdue par la tête). Certain fabricants proposent des équipements qui protègent les cervicales.
Lorsque l’évaluation des risques ne nécessite pas le port du casque, il est possible de porter des cagoules doublées de frigoriste (amovibles avec fermeture velcro et isolation particulière au niveau des oreilles).

Expositions simultanées

Des actions pour prévenir

Lors d'exposition simultanée à d'autres risques (ex. : fumées de soudage, vapeurs ou aérosols dangereux, amiante, …) :

  • choisir une protection "tout en un" avec un système de protection intégrée, avec ventilation assistée ou adduction d'air (certains modèles équipés de conditionneurs d'air permettent d'assurer un débit d'air chaud) ;
  • retenir les cagoules les plus confortables, les moins gênantes possibles (poids minimal, éviter le flux d'air entrant dirigé directement sur le visage, champ visuel maximal et distorsion visuelle minimale, bonne souplesse si possible, etc.).

Scaphandre de protection contre le froid
Lors d’intervention indispensable en zone très froide (-20°C et au-delà par exemple), le port d'un scaphandre ventilé d'air chaud est obligatoire. L'équipement complet peut atteindre un poids de plus de 5 kg (en tenir compte dans la réflexion globale sur les efforts fournis et le temps de travail et de pause).

Choisir des équipements de protection des mains et des pieds

Gants de protection contre le froid
Choisir des gants répondant à la norme EN 511 qui définit le niveau d'exigences et de performances pour ces gants. Aujourd’hui la plupart des gants résistants au froid sont généralement composés d'acrylique, coton, polyester avec une enduction PVC ou latex. Ils sont tricotés sans couture. Ils conservent une souplesse intacte généralement jusqu'à - 20 °C.
Le port de deux paires peut être indiqué (une paire de mitaines portée au-dessus de gants plus fins, peut améliorer l'efficacité de l'isolement thermique des mains)
Selon la tâche à réaliser, s’assurer qu’ils n'ont pas tendance à absorber l'humidité.

Chaussures de sécurité

Des actions pour prévenir

Les chaussures de sécurité doivent être conformes à la norme EN 345.

Utiliser des chaussures possédant les caractéristiques complémentaires de protection contre le froid représentées par le symbole suivant : CI (semelle isolante contre le froid).

Privilégier des chaussures ou bottes de sécurité avec des semelles antidérapantes et des coques de protection isolées thermiquement.
Les salariés peuvent en complément porter deux paires de chaussettes.

 

En complément, vous pouvez consulter le site de la SYNAMAP .

  

Choisir des équipements de protection individuelle moins contraignants

Lorsque les ambiances climatiques de travail sont difficiles et que le port d’EPI (équipements de protection individuelle) est nécessaire, choisir les moins contraignants possible pour faciliter leur port (par ex. dans les activités de retrait d'amiante non friable, de revêtements contenant du plomb, démolition, peinture, sablage, etc).

Choisir une protection respiratoire confortable

Les combinaisons intégrant une cagoule avec système à adduction d'air constituent le choix idéal, elles :

  • apportent de l'air frais au moyen d'un tuyau flexible relié à une centrale d'air comprimé, la ventilation du corps est complète ;
  • permettent également à l'opérateur de réguler la température de l'air à l'aide d'un climatiseur d'air.
Des actions pour prévenir

Les masques panoramiques avec système à ventilation assistée :

  • offrent un confort et une résistance accrue aux agressions extérieures ;
  • assurent une large visibilité (forme plongeante, large visière, position latérale du filtre) ;
  • empêchent la formation de buée sur l'écran en dirigeant l'air le long de la visière ;
  • allègent le poids au niveau du visage (moteur et batterie portés à la ceinture), la contrainte restante est due au port du harnais de fixation.

La cagoule à adduction d’air apporte un confort supplémentaire car elle n'est pas constituée de harnais de maintien.
Masques et cagoules conviennent pour des actions longues et des travaux intenses.

Les demi-masques réutilisables à filtre facial ou latéral assurent également une bonne respirabilité.

Leur poids (généralement entre 180 et 240 g), ainsi que le harnais de maintien génère de l'inconfort et on peut les réserver à des interventions courtes avec une activité peu intense.

Adapter si nécessaire aux risques considérés (poussières, poussières d'amiante, solvants, etc.) avec une cartouche filtrante.

Masques FFP3

Des actions pour prévenir

Privilégier le port de demi-masques FFP3 avec soupape qui assure une faible résistance à la respiration (par exemple pour des activités de contrôle, de diagnostic ou de très courtes durées, avec un niveau d'exposition faible).

Ce type de masque ne convient pas pour les gaz et vapeurs de produits chimique.

Choisir une protection du corps confortable

Sous-vêtements

En complément des vêtements de protection, les fabricants proposent des gammes de sous-vêtements (tee-shirt, caleçon, chaussettes montantes) qui améliorent le confort pour des expositions à des ambiances chaudes ou de froid intenses.

Combinaisons à usage unique (jetables)

Les fabricants ont développé de nouvelles textures améliorant le confort thermique en assurant une certaine respirabilité (Par ex. : combinaisons en matière composite SMS 3 couches, combinaisons en matière 2 couches avec film microporeux, …).

Pour tous les travaux demandant le port d'une combinaison pendant plus d'une heure :

  • privilégier les combinaisons complètes avec système d'adduction d'air équipé de climatiseur d'air ;
  • à défaut privilégier ces différents types de combinaison "aérée".
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Adapter la classe de ces équipements aux risques liés aux produits (par exemple amiante, …).

Informer et former les opérateurs

L’objectif de cette action est d’informer l’encadrement et les opérateurs des dangers et des mesures à appliquer lors de travaux à la chaleur ou au froid.

Mesures préalables

Recueillir les difficultés ressenties par les salariés pour définir les mesures de prévention (moyens et équipements spécifiques à prévoir, rythme et les efforts à fournir au poste de travail, …).

Informer l’encadrement pour que cette action soit efficace. Il doit :

  • connaître les risques liés aux contraintes thermiques (conséquences sur la santé, symptômes …) ;
  • savoir organiser les chantiers et ateliers : respect des périodes d'acclimatement (rythme, pauses, efforts à fournir au poste de travail) et adapter les objectifs de production si nécessaire ;
  • savoir organiser le travail pour limiter les contraintes dues aux ambiances thermiques (ex : horaires décalés, travail à l'ombre, ou limitation du travail statique en cas de froid, …) ;
  • savoir organiser la fourniture de moyens (EPI, boissons, zones de repos chauffées ou climatisées, moyens à prévoir sur les zones de travail, etc.) ;
  • éviter l'isolement des opérateurs.

Actions d’information qui peuvent faire partie des actions d’accueil et de formation à la sécurité , lors de ¼ heures sécurité …
Établir le contenu en accord avec le CHSCT, à défaut les représentants du personnel et avec l’aide du Médecin du travail ou du Service de Médecine.

Dangers et les mesures générales de prévention

  • Dangers inhérents au travail à la chaleur ou au froid, importance de la période d'acclimatement et des facteurs individuels.
  • Savoir alerter les secouristes et l'encadrement aux premiers symptômes.
  • Connaître les symptômes annonciateurs d'affections dues à la chaleur, au froid et les premiers gestes.
  • Savoir appliquer les consignes spécifiques, décrites dans le PPSPS (ou le plan de prévention).
  • Modes d'habillement compatibles avec les ambiances thermiques chaudes ou froides et leur importance sur les conditions de travail - Qualités des équipements de travail fournis par l’entreprise et règles d’entretien.
  • Rappel sur les prise de médicaments (contre-indications éventuelles avec un poste de travail soumis à la chaleur ou au froid)

Informer les salariés des mesures à respecter

Pour les ambiances thermiques chaudes : 

  • Éliminer ou s'éloigner de toute source de chaleur additionnelle si possible.
  • Boire régulièrement de petites quantités fractionnées d'eau fraîche (avant l'apparition de la sensation de soif). Proscrire les boissons alcoolisées. 
  • Prendre des repas légers et fractionnés. Limiter la consommation de tabac.
  • Adapter le rythme de travail, éviter les efforts physiques intenses, respecter la période d'acclimatement nécessaire (8 à 10 jours).
  • Porter les vêtements adaptés mis à disposition par l'employeur, ou à défaut privilégier des vêtements aérés, légers, de couleur claire et de préférence en fibres naturelles (coton).

Pour les ambiances thermiques froides : 

  • Boire des boissons chaudes, limiter la consommation de café. Proscrire les boissons alcoolisées.
  • Adapter l'apport calorique au froid et à l'activité physique tout en maintenant des repas équilibrés. 
  • Respecter la période d'acclimatement nécessaire (8 à 10 jours).
  • Modes d'habillement compatibles avec les ambiances thermiques chaudes ou froides et leur importance sur les conditions de travail - Qualités des équipements de travail fournis par l’entreprise et règles d’entretien.

Secourir en cas de coup de chaleur ou de coup de froid

L’entreprise doit mettre en place une organisation qui permette à l’ensemble de ses salariés de recevoir une formation de "Sauveteur Secouriste du Travail" (SST).
Les trois savoirs de base sont : protéger la victime, alerter au faire alerter les secours, et prendre les premières mesures de secours pour éviter que la situation ne s'aggrave.

Rappeler régulièrement ces règles essentielles à l’occasion d’une réunion spécifique (1/4h sécurité par exemple), dès que les variations climatiques établissent un régime de fortes chaleurs ou de froid important.
S’assurer que l’ensemble du personnel dispose ou peux avoir accès à des moyens d’appel des secours.
Mettre en place les dispositions nécessaires pour que toutes les équipes aient de l’eau potable.
S’assurer et fournir le cas échéant à chaque équipe une couverture de survie (conseillée dans les boîtes de premier secours de véhicules ou de chantier).

Secourir en cas de coup de chaleur ou d'insolation

Transporter la personne dans un endroit frais.
La déshabiller au maximum et la ventiler.
La rafraîchir en l'enveloppant dans un drap ou un tissu humide et frais.
A défaut, lui appliquer un linge humidifié à l'eau froide sur le visage et sur le corps. Si cela est possible, lui faire prendre une douche fraîche.
Commencer à la réhydrater en attendant l’arrivée des secours.

  • Si la victime est consciente, lui faire boire de l'eau fraîche très souvent et en petite quantité, jamais de boissons ALCOOLISEES.
  • Si la victime est inconsciente : la coucher sur le côté (c'est à dire la "position latérale de sécurité"), prévenir ou faire prévenir les secours et la surveiller jusqu'à l'arrivée des secours.

Dans tous les cas, même si l'état de la victime s'améliore ou semble s'améliorer rapidement, appeler les secours ou consulter rapidement un médecin.

Secourir en cas de coup de froid (hypothermie)

  • Si la victime est consciente :
    • installer la victime au repos, couchée, dans un local abrité et chauffé ;
    • retirer les vêtements humides ou mouillés et l'entourer dans une couverture ;
    • lui faire boire des boissons chaudes, sucrées et NON ALCOOLISEES.
  • Si la victime est inconsciente :
    • coucher la victime sur le côté (position latérale de sécurité) ;
    • assurer sa protection thermique de la même façon (retrait des vêtements humides ou mouillés, enveloppement dans une couverture, éventuellement une couverture de survie) ;
    • assurer la surveillance jusqu'à l'arrivée des secours (appeler le 18, le 15 ou le 112).

Prévenir ou faire prévenir les secours et surveiller la victime jusqu'à l'arrivée des secours après avoir appelé le 18, 15 ou 112.

Dans tous les cas, même si l'état de la victime s'améliore ou semble s'améliorer rapidement, appeler les secours ou consulter rapidement un médecin.

Formation secourisme et rappel des consignes, vous pouvez vous faire aider :

  • par votre service de Santé au Travail,
  • votre Médecin du Travail,
  • contacter votre conseiller OPPBTP.

Contacter la médecine du travail

Prendre contact avec votre médecin du travail  afin de lui transmettre les résultats de votre évaluation des risques et l'informer des mesures de prévention prises, ce qui lui permettra :

  • d'adapter le suivi médical de vos salariés ;
  • d’organiser la surveillance médicale des salariés exposés et le suivi de l’exposition.

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