« Au début, nous avons vu le passeport de prévention comme une charge administrative en plus », reconnaît volontiers Guillaume Laurent, responsable formation au bureau Veritas et trésorier de l’Afsec (Association des formateurs en sécurité). « Nous avons notamment alerté sur la temporalité excessive d’une saisie salarié par salarié, qui représente pour nous un ETP en plus sur 80 ETP dans l’entreprise », avertit Thierry Cribaillet, président de l’Assocca (Association des organismes certifiés CACES). Les organismes de formation attendent avec impatience la possibilité de réaliser des saisies de masse – ce qui permettra une meilleure qualité de la donnée. « On envisageait cette fonctionnalité en 2027, on l’a repriorisée : l’import de fichiers des logiciels métiers vers le passeport de prévention sera possible pour tous dès le 9 juillet prochain », répond Marianne Kermoal-Berthomé, directrice des politiques sociales à la Caisse des dépôts. L’étape suivante sera de prévoir une interopérabilité avec les API (Application Programming Interface) des organismes.
Autre problématique identifiée par les organismes de formation : celui du codage des formations dans le passeport de prévention. « Il n’y a pas encore de solution technique pour toutes les formations. J’ai cherché une de mes anciennes formations, l’habilitation Catec Espaces confinés, le système ne la reconnaît pas », raconte Sébastien Majoux, membre du Gepi (Groupes d’échanges des préventeurs interentreprises). Un travail est en cours sur le sujet avec l’Institut national de recherche et de sécurité (INRS), afin d’aller vers une saisie homogène de la part des centres de formation.
Dernier souci technique, sur fond juridique : qui effectue la collecte des NIR (numéro de Sécurité sociale) – une donnée sensible ? Les pratiques varient. « Les organismes de formation peuvent collecter le NIR pour leurs clients, mais il reste à la main de l’employeur », remarque Guillaume Laurent. « Les opérateurs de compétences (Opco) ont souvent le NIR des salariés, mais on ne le communique pas aux organismes de formation. Il revient aux salariés de transmettre leur numéro de sécu », témoigne Yan-Eric Goullet, responsable grands comptes de l’Opco 2i. Encore faut-il que ceux-ci acceptent.