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Innovation

Atlas : un robot pour réduire les TMS dans les laboratoires routiers

Pour réduire les risques de TMS dans les laboratoires routiers, le projet Atlas mise sur la robotique. Ce nouveau robot mobile assure, en autonomie partielle, le transport, le levage et le transfert de charges lourdes (matériaux et granulats). À la clé : des conditions de travail améliorées, une prévention renforcée et des gains de performance pour les entreprises de travaux publics.

Date : 22/05/2026

S M

Sébastien Marie

Atlas : un robot pour réduire les TMS dans les laboratoires routiers

© OPPBTP

Les troubles musculosquelettiques (TMS) sont la première cause de maladies professionnelles dans le BTP. Le projet Atlas apporte une réponse innovante à cette problématique, dans le domaine des travaux routiers : le robot mis au point par Eiffage infrastructures, TotalEnergies et une start-up (lire l'encadré) vise à réduire drastiquement la pénibilité des tâches dans les laboratoires grâce à une assistance mécanisée.

Les acteurs du projet Atlas

Le projet est porté conjointement par le Centre d’étude, de recherche et de formation (Cerf) d’Eiffage Infrastructures et TotalEnergies (OneTech), en partenariat avec Promeom, un service de la médecine du travail (ergonome) et la start-up Borobo.

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Souvent moins visibles que les chantiers, les laboratoires routiers n’en sont pas moins exposés à des contraintes physiques importantes. Tous les ans, le Cerf d’Eiffage Infrastructures reçoit et analyse près de 80 tonnes de matériaux, d’où des manutentions de charges lourdes et des déplacements fréquents des échantillons à analyser. Ces opérations peuvent générer de la fatigue, des douleurs voire, à terme, des maladies professionnelles.

« Le but du robot est de supprimer les phases de transports des éprouvettes, des échantillons et des déchets par les équipes », explique Frédéric Loup, directeur du Cerf.

Au-delà des enjeux sanitaires, ces conditions de travail posent également des défis en matière d’attractivité des métiers, notamment pour les femmes, les seniors, les personnes en situation de handicap ou les jeunes. C’est dans ce contexte que s’inscrit le projet Atlas, avec une ambition claire : transformer durablement les conditions de travail.

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Les premières pistes explorées - gant bionique, exosquelettes - ont montré certaines limites. Si ces dispositifs apportent une assistance réelle, ils restent contraignants. Parfois mal acceptés par les utilisateurs, ils peuvent en outre générer des reports d’efforts sur d’autres parties du corps.

Face à ce constat, les équipes projet ont opéré un changement de paradigme : supprimer l’effort à la source, plutôt que d’assister le corps humain. Cette approche a conduit au développement d’un robot mobile d’assistance à la manutention, en partenariat avec la start-up Borobo.

Un robot pensé par et pour les utilisateurs

Le robot Atlas, une évolution du prototype Help-E®, a été conçu selon une démarche collaborative intégrant ergonomes, ingénieurs et opérateurs de terrain. Résultat : cet équipement, capable de transporter jusqu’à 120 kg, est doté d’une table élévatrice (jusqu’à 1,70 m), d’un ascenseur embarqué et d’un treuil pour le transfert des masses lourdes. Les essais en conditions réelles ont validé la pertinence technique et fonctionnelle du système, notamment sur l’ergonomie et l’automatisation.

Les atouts du robot Atlas
  • la réduction quasi totale du transport manuel de charges,
  • une adaptation aux contraintes d’espace des laboratoires,
  • une utilisation simplifiée (télécommande, fonctionnement en mode « suiveur »),
  • des dispositifs de sécurité intégrés pour éviter les obstacles : capteurs à ultrasons et caméras.

Un levier de transformation pour la prévention

Au-delà de l’innovation technologique, Atlas s’inscrit dans une logique globale de prévention. L’intégration d’une étude ergonomique en amont a permis de cibler précisément les situations à risque et d’adapter la solution aux usages réels.

Outre la réduction des TMS et des accidents du travail, les bénéfices attendus portent sur l’amélioration du confort et du bien-être des opérateurs, le maintien dans l’emploi et l’inclusion de profils diversifiés et enfin, le gain de productivité. « Le robot permet de transporter plusieurs centaines de kilos de granulat et de sable au quotidien, et ça se ressent en fin de journée car nous sommes beaucoup moins fatigués », témoigne Christophe Paire, employé au Cerf.

Des perspectives au-delà du laboratoire

Si le projet a été développé pour des laboratoires routiers, ses applications dépassent largement ce cadre. Industries, logistique, ateliers : tous les environnements confrontés à la manutention de charges lourdes en espace contraint pourraient bénéficier de cette technologie.

À moyen terme, les partenaires envisagent d’enrichir les fonctionnalités robotiques, notamment en matière de navigation autonome et d’interaction avec l’environnement.

Soutenu par la fondation d’entreprises Ferec et l’OPPBTP, le projet Atlas illustre l’intérêt des démarches collaboratives entre grands groupes, start-up et acteurs de la prévention. Encore en phase de déploiement et d’évaluation, il pourrait bien préfigurer une nouvelle génération d’outils au service de la santé au travail. Dans un secteur en quête de solutions concrètes face à la pénibilité, Atlas apporte une réponse pragmatique : moins solliciter l’humain, pour mieux le préserver.

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