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    L’entreprise France Rabotage a conçu avec Acreos, spécialiste de la formation par simulation, un outil pour former les futurs raboteurs.

    © © France Rabotage

    Raboteur de route n’est pas un métier courant. Avec seulement 1 500 professionnels en activité, il n’existe pas de formation dédiée : le CAP conducteur d’engin n’aborde pas l’existence de ces machines. Comment alors apprendre à conduire une raboteuse ? Jusqu’à maintenant, l’enseignement du métier se faisait directement sur le terrain avec un système de tutorat : le stagiaire, le raboteur professionnel, leur machine, avec les inévitables “trous” dans le programme de formation et les risques liés à la formation sur chantier.

    L’idée d’un simulateur de formation naît en 2018 au sein de l’Agence française du fraisage routier (AFFR) qui réunit neuf entreprises de rabotage et représente 70 % de l’activité. L’entreprise Acreos, spécialisée dans la formation par la simulation, s’avère l’interlocutrice idéale pour transformer le rêve en réalité. Mais le projet est coûteux et les membres de l’AFFR hésitent à engager les quelque 300 000 euros de développement. Qu’à cela ne tienne, le directeur général de France Rabotage, Franck Fournols, engage son entreprise dans le projet. Nous avons alors monté un groupe de travail de cinq raboteurs qui ont collaboré durant un an avec les développeurs d’Acreos pour concevoir un outil adapté aux conditions réelles”, confirme Élise Charpentier, responsable QSE de France Rabotage.

    Le simulateur, un outil complémentaire à la formation terrain

    Résultat ? La plate-forme de simulation associée à l’expertise pédagogique des quarante années d’expérience de France Rabotage a permis d’établir un programme de formation en douze modules, chacun étant composé de plusieurs dizaines d’exercices concrets. “L’objectif n’est pas de se substituer à la formation terrain, mais d’être un outil complémentaire”, précise Élise Charpentier. "Au contraire, la simulation s’insère entre la théorie et la pratique.” La philosophie est de développer une pédagogie évolutive et adaptée à l’apprenant.

    Avant, il allait sur le chantier avec son tuteur, était supposé déjà tout savoir et en plus réaliser le chantier. Avec le simulateur, on procède dorénavant par étapes : d’abord le vocabulaire métier, les commandes, le déplacement avec son engin, enfin le chargement du camion. ”, Suivant les progrès du stagiaire durant sa formation, les exercices se complexifient pour arriver à des situations proches de la réalité, puis en intégrant des difficultés, comme des pentes. “Le formateur va proposer différents exercices sur une même journée : rond-point, patte-d’oie, trottoir bateau, obstacles dans le sol… Le stagiaire peut appréhender bien plus de situations !” s’enthousiasme la responsable QSE de France Rabotage.

    Le socle de formation est ainsi homogénéisé, et l’apprenant alterne simulateur et transfert sur une vraie machine, en toute sécurité. Le simulateur intègre un logiciel pour suivre les résultats et la progression de chaque stagiaire, de quoi optimiser cette période cruciale d’adaptation à la machine. “Nous étions auparavant sur six à dix semaines de formation. Grâce au simulateur, on peut facilement réduire d’une à deux semaines le temps de formation, même si on manque de recul avec une année 2020 agitée.

    Un outil pertinent pour le recrutement

    Le simulateur est également un précieux outil de recrutement : “Conduire une raboteuse reste assez abstrait dans un salon de l’emploi, reconnaît Élise Charpentier. Mais auprès des nouvelles générations, très familières des outils digitaux, le simulateur est un atout séduction qui rend tangible la réalité de la profession”. Car raboteur est un métier difficile : plus de la moitié des personnes recrutées (et formées) abandonnent leur poste dans les douze mois. Or, pour France Rabotage, le coût de cette main d'œuvre perdue est estimé à environ 90 000 euros par an (chiffres 2018), hors déplacements et casse machine. Plus prosaïquement, l’outil de simulation permet de réduire le coût de la formation sur le chantier et d’y envoyer les stagiaires une fois qu’ils sont bien formés aux exigences du métier, pour la sécurité de tous.

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