266 Dossier transition énergétique photo A4

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    Tout comme l’utilisation de matériaux peu carbonés, l’industrialisation et la construction hors site constituent un axe de la transition vers la construction bas carbone. Ces méthodes de construction déjà existantes tendent à se massifier, pour optimiser les coûts et les délais. D’un point de vue environnemental, cette recherche d'efficacité conduit à optimiser les consommations de produits et d’énergie, dans une forme de frugalité maximisée. De nouveaux procédés dans la fabrication des matières premières, comme le béton à base de béton concassé issu de la démolition, permettent d’agir à la fois sur le bilan carbone et sur la consommation de ressources.

    L’organisation du travail chamboulée par le bois

    Parmi ces procédés, la construction bois est en fort développement et doit faire face aujourd'hui au défi d'un changement d'échelle pour accompagner la croissance de la demande. Philippe Robart, directeur technique de l’OPPBTP, abonde : « Cette filière en pleine expansion doit se structurer pour réaliser des chantiers de grande taille avec de multiples lots, du gros œuvre, de la mixité entre béton, métal et bois. » 
    Jusqu’à cet essor récent, le tissu d’entreprises de la filière bois était composé majoritairement d’entreprises de petite taille. « Nous identifions un enjeu sur l'organisation du travail, comme la planification ou la croissance duvolume d'activité.Les nouveaux procédés de construction doivent créer de nouvelles habitudes de travail en coactivité sur un chantier, en partenariat avec les entreprises concernées. Par exemple, la fixation d’EPC (équipements de protection collective, NDLR) ne se fait pas de la même manière dans un plancher béton ou un plancher bois. » Sur les EPC, cela peut concerner aussi les garde-corps, protections de trémies, systèmes d’étaiement pour supporter les planchers…

    La construction hors site: assemblage et levage

    Autre méthode en développement, la construction hors site revêt également de nombreux atouts en termes de prévention, si la sécurisation du poste de travail est réalisée. Pour Philippe Robart, il est indispensable de « porter un effort particulier vis-à-vis de la découpe, avec le risque de coupure ou de blessure, et les émissions de poussière avec des systèmes d’aspiration efficaces dans les ateliers. » Et une vigilance sur l’intensité des cadences, qui peuvent favoriser l’apparition de TMS, ainsi que sur les risques psychosociaux liés à la répétitivité des tâches et à la perte d’initiative.
    Conséquence de la préfabrication, des assemblages sont réalisés directement sur le chantier avant des opérations de levage. Celles-ci nécessitent de plus en plus de matériel et de personnel formé.
    « L’examen d’adéquation est indispensable pour s'assurer que toutes les dispositions de prévention nécessaires pour transporter et mettre en place tous ces éléments sont prises », confirme le directeur technique de l’OPPBTP. Plutôt que des risques nouveaux, on constate un accroissement des occurrences de risques déjà répertoriés, nécessitant la mise à jour de l’évaluation des méthodes de travail et des outils comme le DUER.

    « La construction bois, en pleine expansion, doit se structurer pour réaliser des chantiers de grande taille. »Philippe Robart

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