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Dossier - Santé au travail

Prévenir les risques liés aux poussières de bois : l’importance du suivi individuel renforcé

Les poussières de bois, quelles qu’elles soient, sont susceptibles de provoquer des maladies à court terme, voire des cancers des dizaines d’années après l’exposition. De nombreux salariés dans le secteur de la construction y sont exposés dans le cadre de leur travail. Quelle est l’incidence des affections professionnelles liées aux poussières de bois ? Éléments de réponse avec le Dr Mireille Loizeau.

Publié le : 12/05/2022

J D

Jeremy Debreu

Prévenir les risques liés aux poussières de bois : l’importance du suivi individuel renforcé

Les poussières de bois sont classées cancérogènes et impliquent un suivi individuel renforcé de l’état de santé des travailleurs exposés par les médecins du travail. « Nous recherchons également les co-expositions qui peuvent être associées, comme les colles, les peintures ou les vernis », souligne Mireille Loizeau, médecin du travail à l’APST BTP RP.

1. L’exposition aux poussières de bois entraîne allergies et rhinites

À court terme, ce sont des irritations de la peau et des voies aériennes supérieures qui vont toucher l’opérateur exposé : eczéma, obstruction nasale, rhinite… « Ces symptômes vont être marqués par le rythme du travail: disparaissant pendant les vacances et récidivant à chaque exposition », note le médecin.

2. La poussière de bois : troisième cause de cancer professionnel reconnu dans le BTP

Les maladies peuvent évoluer avec des syndromes respiratoires : essoufflement, toux, bronchopathies chroniques ou encore fibroses pulmonaires. Avec plus de cinquante cas de cancers des fosses nasales et des sinus chaque année, les poussières de bois sont la troisième cause de cancer professionnel reconnu dans le BTP, après l’amiante en 2019, même si la tendance est à la baisse. « Il se déclare après plus de trente à quarante années d’exposition. Les symptômes sont banals au début: obstruction d’une narine, toujours la même, ou encore le nez qui coule ou qui saigne d’un seul côté. »

3. Le suivi individuel renforcé du salarié exposé aux poussières de bois

Le salarié concerné par le risque poussière de bois effectue une visite médicale tous les quatre ans maximum*. Il est systématiquement sensibilisé et informé sur les mesures de protections collective et individuelle mises en place dans son entreprise. « Un tiers de notre temps est consacré aux visites de site, aux études de poste, aux entretiens avec salariés et employeurs… Nous faisons le lien entre santé et expositions professionnelles, en apportant une expertise aux entreprises pour évaluer les risques, dresser un plan d’action et accompagner à la mise en place des mesures de prévention. »

Suivi médical, et bien plus encore

Pour protéger ses salariés des risques liés aux poussières de bois, il est nécessaire d’agir. Le chef d’entreprise peut se tourner vers son service de santé au travail. Il peut faire appel à son médecin du travail, qui collabore avec un(e) infirmièr(e) santé travail et des intervenants en prévention des risques professionnels (IPRP). Associées entre elles, leurs compétences peuvent accompagner les entreprises dans leur démarche.

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