Reportage : Des CSE en mode constructif
Publié le : 28/06/2022
Chloé Devis

Prendre le pouls de la vie de l’entreprise », c’est ainsi qu’Emmanuel Roth, dirigeant de l’entreprise de travaux de couverture et d’étanchéité Galopin, traduit l’enjeu du CSE. La réforme des instances de dialogue social a remporté l’adhésion de ses salariés : « Par rapport aux élections des délégués du personnel, nous avons eu plus de candidatures et un taux de vote plus important », souligne le dirigeant. Le CSE, mis en place en juin 2020, compte quatre titulaires. Compte tenu de la taille de l’entreprise, qui emploie une quarantaine de salariés, l’instance n’a pas été dotée d’une CSSCT.
La diversité fait la force
L’option de la CSSCT n’a pas été retenue non plus chez Eurovia Agen, qui compte 122 salariés. L’agence de travaux routiers a créé son CSE en juin 2019. Ilse compose d’anciens du CHSCT et de nouveaux élus, avec sept membres titulaires (et autant de suppléants) contre trois dans l’ex-CHSCT. « Cet effectif plus nombreux, avec des représentants issus des bureaux, des chantiers et de l'atelier… amène une diversité de points de vue et des échanges plus nourris, un atout notamment sur les questions de sécurité », estime le chef d’agence Christian Fédou.
Au sein de Wig France, entreprise de construction et de désamiantage employant 250 salariés, la mise en place d’un CSE avec dix titulaires en juin 2018 s’est accompagnée de la création d’une CSST comptant sept membres. « L’intégration de représentants de tous nos pôles d’activité permet de mieux répartir les missions qui leur sont confiées et d’approfondir les travaux menés au bénéfice d’une amélioration des conditions de travail », fait valoir le responsable QHSE Damien Mazelin, responsable de la CSSCT. Celle-ci se réunit quatre fois par an avec la participation des organismes de contrôle et de prévention des risques professionnels.
Chez Galopin, quinze à vingt minutes sont réservées aux thématiques santé-sécurité lors de chaque réunion mensuelle du CSE d’une durée d’1 h 30, tandis qu’Eurovia Agen réserve un créneau à ces questions quatre fois par an.
Des échanges facilités
Pour ces entreprises, le CSE favorise des échanges plus directs avec le terrain. « De par nos postes, nous sommes proches de la direction, et via le CSE nous sommes proches des salariés, ce qui nous donne un rôle pivot pour faire évoluer l’entreprise », se félicite Valéry Hollard, responsable méthodes au service matériel et construction de Wig et membre de la CSSCT. « Nous pouvons ainsi signaler des problèmes et faire réagir l’entreprise rapidement ». Ce processus a été à l’origine de l’acquisition de protections grimpantes déployées sur tous les chantiers. « Dans le cadre du CSE, l’absence de liens hiérarchiques incite à s’exprimer librement, à mettre sur la table des questions non traitées au quotidien », observe Christian Fédou. Chaque réunion est précédée d’une visite de chantier propice aux échanges avec le terrain. L’entreprise a ainsi avancé sur le sujet des travaux sous route barrée, face à une demande du personnel après un accident.
Cadrer la prévention
Chef d’équipe en étanchéité chez Galopin et membre du CSE, Sylvain Mèche entend répercuter les points essentiels abordés dans les réunions auprès des compagnons, et relayer leurs problématiques : « Sur certains sujets, je peux dire ce qui est difficile ou impossible à mettre en place. Mais je suis là aussi pour faire part des idées venues du terrain. »
Pour Damien Mazelin, le CSE, en associant les expertises, est aussi un outil pour mieux structurer la prévention : « Nos PPSPS sont mieux construits qu’avant, et un bilan HSSCT en début d’année nous permet d’analyser si les travaux sont toujours adaptés et efficaces, afin de mettre en place des actions correctives si nécessaire. » Et, crise sanitaire oblige, ces trois entreprises ont utilisé le CSE pour la traverser au mieux.