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CHANTIER DU MOIS

Des méthodes constructives agiles pour un bâtiment passif

À Rennes, les rotations planifiées entre gros œuvre et corps d’état secondaires contribuent à l’exécution d’un immeuble écoresponsable.

Publié le : 13/05/2026

L F

Loïc Féron

En résumé

Un bâtiment bois-béton à haute performance environnementale.
Une alternance entre corps d’état bien organisée.

Identité

  • Maître d’ouvrage : Bati-Armor
  • Maître d’œuvre : agence ChartierDalix
  • Entreprises : Legendre (gros œuvre), Hamon Molard (plomberie, chauffage), SMAC (étanchéité), Lorillard (menuiseries extérieures)
  • CSPS : Ipac Conseil
  • Effectif en pointe : 80 personnes
  • Début des travaux : juillet 2024
  • Fin des travaux : 4e trimestre 2026
  • OPPBTP : David Catarino, consultant grandes entreprises, et Slimane Aïmeur, conseiller en prévention
Des méthodes constructives agiles pour un bâtiment passif

« En tant que maître d’ouvrage, nous sommes partisans des corps d’état séparés plutôt qu’en entreprise générale, de façon à faire travailler les PME compétentes de la région, avance Aymeric Garnier, directeur technique adjoint chez Bati-Armor. Sur ce chantier, tous les acteurs sont mobilisés pour travailler main dans la main.» Dans le quartier de La Courrouze, à Rennes, la réalisation de l’immeuble de bureaux (en R+7) qui accueillera les équipes du Crédit Mutuel Arkéa exige une organisation au cordeau.

Un modèle d’économie d’énergie

Conçu en structure mixte bois (poteaux) et béton (poutres), l’ouvrage d’une surface utile de 10 000 m2 est l’un des premiers bâtiments tertiaires passifs de cette taille construits en France. Il répond aux exigences de la Réglementation environnementale 2020 (RE2020), au label Bâtiment biosourcé niveau 2, ainsi qu’aux certifications HQE Bâtiment Durable (niveau excellent), BREEAM (niveau excellent) et Passivhaus (besoins en chauffage et refroidissement du bâtiment inférieurs à 15 kWh/m2/an). Isolation thermique par l’extérieur (ITE), menuiseries bois triple vitrage et dalles actives (pour des plafonds et planchers chauffants et rafraîchissants) en font un modèle en matière d’économie d’énergie. Ces ambitions techniques et environnementales impactent les modes constructifs et les méthodes mises en œuvre sur ce chantier.

La présence d’autres corps de métiers en phase gros œuvre

Deux points particuliers ont retenu l’attention de l’entreprise Legendre, chargée de la partie gros œuvre (structure béton-bois). D’une part, la réalisation de 6 000 m2 de dalles actives implique de faire intervenir la société Hamon Molard (plomberie, chauffage) pendant les travaux de gros œuvre. D’autre part, la pose (toujours par Legendre) de coursives préfabriquées tout autour du bâtiment nécessite l’intervention en alternance de menuisiers (pose des précadres sur les nez de poutres et poteaux) et de bardeurs (pose de l’isolant entre les cadres). «Pour répondre à cette contrainte technique et de planning, nous avons élaboré avec la maîtrise d’œuvre un synopsis des tâches qui suit un motif en escargot, d’étage en étage», explique Thibaud Hory, conducteur de travaux confirmé chez Legendre. Très satisfaisant du point de vue de la production comme de la prévention, le résultat prend la forme, visible en façades, de plusieurs zones de travail simultané, à des niveaux différents et sans coactivité.

Le synopsis des tâches suit un motif en escargot, d’étage en étage.

La pose des coursives en cadence et en sécurité

La mise en œuvre des coursives préfabriquées comporte des problématiques de délai, de coactivité (menuiserie et béton) et de sécurité (risque de chute de hauteur). Les réservations intégrées dans les seuils de dalle permettent, dans un premier temps, d’y loger des potelets métalliques, d’installer un garde-corps provisoire entre les poteaux bois structurels et d’assurer la protection collective (pose des précadres par le menuisier et de l’isolant par le bardeur).
Une fois les coursives boulonnées dans les équerres métalliques, de nouveaux garde-corps provisoires doivent y être installés. « L’idée initiale était de lever les coursives avec les garde-corps définitifs déjà en place, mais la trame irrégulière et le fait que les garde-corps soient à cheval entre deux éléments ne nous ont pas permis de retenir cette solution, explique Maxime Labbé, chef de groupe travaux (Legendre). Des réservations ont été calepinées à l’avance dans les coursives pour poser et défaire les garde-corps tout en restant en sécurité.»
«Le positionnement des potelets provisoires a été anticipé de façon à ne pas gêner la pose des garde-corps définitifs, poursuit le chef de groupe travaux. Une coursive sur deux, la réservation est décalée de 7 centimètres vers l’intérieur ou l’extérieur afin que les garde-corps se croisent. Quand le compagnon vient poser le garde-corps définitif, il enlève la lisse basse et la plinthe en sécurité. Il ne reste plus que le potelet.»

Focus sur les actions de prévention

Accès

Accès

Après avoir franchi les portillons d’entrée, les compagnons accèdent au chantier par une passerelle qui sépare nettement la zone civile de la zone de travaux.

Un chantier aux accès maîtrisés

Des démarches ont été engagées très tôt avec Territoires, l’aménageur de Rennes Métropole, pour intégrer au chantier la rue située entre les bâtiments de bureaux et le parking, ce qui facilite les livraisons et évite toute marche arrière. Les portails motorisés d’entrée et de sortie des véhicules, les portillons d’accès badgé, la clôture bardée du chantier, permettent de savoir qui s’y trouve.

Aymeric Garnier, directeur technique adjoint, Bati-Armor (MOA)

Des réunions pour une bonne coordination

La pose de dalles actives implique une cohabitation entre notre entreprise de gros œuvre, l’électricien et le plombier sur un même plancher, ce qui n’est pas dans nos habitudes. Nous avons multiplié les réunions entre chefs de chantier et les quarts d’heure de sécurité avec les compagnons pour bien nous coordonner et que chacun sache à tout moment à qui s’adresser.

Thibaud Hory, conducteur de travaux confirmé, entreprise Legendre

Préparation et harmonisation entre métiers

La préparation en amont et l’harmonisation entre métiers, nécessaires dans la mise en œuvre de planchers chauffants sur prédalle, le sont d’autant plus lors de la pose de dalles actives. La concertation entre le fournisseur, Rehau, Legendre et notre entreprise de plomberie-chauffage est indispensable pour limiter les stockages qui peuvent gêner le gros œuvre et surtout respecter scrupuleusement les plans de calepinage.

Stéphane Delcourt, chargé d’affaires pour Hamon Molard

Le + prévention : La mise en place des modules de dalles actives

Livraison sur des racks métalliques

Livraison sur des racks métalliques

Activ+, le système de dalles actives sous avis technique, mis en œuvre sur le chantier, permet de chauffer et de rafraîchir les sept étages du bâtiment (6 000 m2). Les modules de dalles actives sur treillis soudés sont livrés par camion depuis l’usine du fabricant (Rehau). Ils arrivent rangés verticalement dans de grands racks métalliques (de 6 × 2,50 mètres). Leur grutage s’effectue sur deux étages en simultané.