Propriété de la fondation Vincent de Paul, la maison de retraite Saint-Gothard fait l’objet d’une importante opération de réhabilitation et d’extension. À la livraison, en 2026, l’Ehpad aura une capacité supplémentaire de 30 lits (de 97 à 127 chambres). Démolition, conservation, curage, reprise en sous-œuvre, agrandissement… le chantier, très technique, a été confié à l’entreprise Dicker Groupe Seltz. Ses deux chefs de chantier travaillent en étroite collaboration, tant sur la zone centrale de réhabilitation (80 % des travaux) que sur la partie périphérique neuve (20 % des travaux), construite en limite de propriété. Le tout sur six étages.
Une grue à tour en pleine rue
Le contexte urbain est l’une des spécificités de ce chantier, littéralement situé au-dessus d’une crèche (en rez-de-chaussée et premier étage). Un arrêté « bruit » oblige l’entreprise à cesser toute activité trop sonore (comme le sciage) au moment de la sieste… L’autre contrainte est le peu, voire l’absence, de place disponible dans la zone chantier. Au point qu’un autre arrêté a dû être pris pour bloquer la rue adjacente et y installer la grue à tour. « Le coût s’élève à environ 100 000 euros pour une année, explique Laurent Dorschner, responsable de travaux chez Dicker Groupe Seltz. Mais sans cela, ce projet était irréalisable. » L’exiguïté du site impacte aussi les modes opératoires. Dans l’impossibilité d’approvisionner le chantier en prédalles, l’entreprise a investi dans l'outil de coffrage Gridflex de Peri pour réaliser des dalles pleines. En façade, la solution des prémurs a été retenue, les faibles capacités de stockage nécessitant un planning de livraison précis et rigoureux.
Adapter les méthodes au projet
Faute de place, une base vie intérieure a été aménagée dans le bâtiment. En plus du réfectoire et des bureaux, elle comprend des vestiaires et sanitaires distincts hommes-femmes, car sur ce chantier interviennent une compagnon du devoir et une stagiaire en DUT Génie civil. Côté logistique, l’ascenseur existant a été protégé pour monter les matériels et les personnes aux différents niveaux. « Quarante-cinq tonnes de profilés métalliques ont été utilisées pour reprendre la toiture en sous-œuvre, poser des linteaux et créer des ouvertures, explique Laurent Dorschner, qui a dû adapter les méthodes au projet architectural. Cette réalisation complexe est rendue possible et sûre grâce à l’acquisition de matériels, à la formation et à la capacité de nos compagnons s’adapter aux modes opératoires. »