En résumé

    • Un impératif : limiter au maximum les émissions de poussières.
    • Briefings quotidiens et formations contribuent à la prévention.

    Article paru dans PréventionBTP n°265 (septembre 2022)-p. 13

    Photo : 265 Chantier Centrale Blénod

    Crédit photo : Frédéric Vielcanet

    L’ancienne centrale thermique EDF de Blénod-lès-Pont-à-Mousson (Meurthe-et-Moselle) disparaît progressivement du paysage. Et avec elle ses réchauffeurs, dépoussiéreurs et autres ouvrages annexes mais surtout quatre cheminées de 125 mètres de hauteur qu’il faut démolir tout en assurant leur désamiantage. Après consultation, l’entreprise Cardem a été retenue par le CIST INGEUM, l’entité en charge des activités thermiques d’EDF (ingénierie, construction, déconstruction) qui intervient ici en qualité d’assistant à maîtrise d’ouvrage. « La difficulté consiste à démolir des ouvrages industriels de grande hauteur dans un environnement dense et avec de fortes contraintes », explique Patrick Frye, directeur Grands Projets et International chez Cardem. Hormis la présence d’amiante dans les ouvrages existants, la proximité d’une centrale à cycle combiné gaz (CCG) en activité et du Centre de Post-Exploitation est la principale problématique du chantier.

    Un périmètre de sécurité de 300 mètres

    « Pas d’explosifs, pas de poussières, pas de vibrations » : ainsi se résument les paramètres de cette démolition. D’une cheminée à l’autre, des phases de petit abattage mécanique succèdent aux opérations de carottage en vue du désamiantage. Dans un périmètre de sécurité de 300 mètres (interdit aux compagnons) évoluent côte à côte une imposante grue mobile et une pelle hydraulique radiocommandée qui alimente la pince de grignotage. Le béton recyclé est utilisé en remblai sur site. Les déchets amiantés font l’objet d’un tri minutieux avant l'acheminement vers l’unité de traitement. Les matériaux restants, constitués à 90 % de ferrailles, sont évacués à raison de dix semi-remorques par jour. « Tout est fait pour sortir des matériaux propres. »


    De la prévention au quotidien
    Oxycoupage, bruit, travail en hauteur ou gestes de premiers secours faisaient partie des thèmes proposés en ateliers lors de la journée consacrée l’an dernier à la sécurité. Mais la prévention se fait aussi et surtout au quotidien. Tous les soirs, chefs d’équipe, chefs de chantier, QSE et préventeurs se retrouvent pour préparer le briefing du lendemain matin. « Les risques majeurs comme les travaux en hauteur sont ciblés, témoigne Cindy Collin, responsable QSE chez Cardem. Une attention particulière est donnée aux dispositifs de secours en cas de chute de hauteur et un accompagnement des compagnons est proposé par le biais de formations. »
     

     

    Pas d’explosifs, pas de poussières, pas de vibrations.

    La contribution du numérique à la prévention

    En phase de préparation du chantier, l’entreprise Cardem a eu recours à des drones pour effectuer la photogrammétrie en modèle 3D des structures complexes de grande hauteur que sont les quatre cheminées à démolir. Cette méthode de capture 3D utilise de simples photos analysées par des algorithmes capables de reconstruire la géométrie de l’objet. Mais l’utilisation des techniques numériques ne s’arrête pas là.


    « Un dispositif de gestion des entrées et sorties de zone en amiante a été instauré avec signatures électroniques des fiches informatiques correspondantes, explique Patrick Frye, directeur Grands Projets chez Cardem. Les informations recueillies sur un écran offrent à tout moment un comptage et une vision des salariés présents sur site. L’interface numérique permet plus généralement de mettre à disposition de l’encadrement l’ensemble des données recueillies sur le chantier et de les partager dans le cadre des briefings ».


    La data joue également un rôle essentiel dans la prévention des risques liés aux poussières et aux vibrations. Situés à la périphérie du chantier, des capteurs mesurent en temps réel les vibrations générées par la démolition. Un suivi vibratoire permanent peut être effectué grâce aux données recueillies. En cas de dépassement du seuil (3 mm par seconde), un SMS d’alerte arrive sur le téléphone du chef de chantier. De la même façon, des analyseurs de particules mesurent en temps réel les émissions de poussières.

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