« Ce chantier de restauration et de mise en valeur du château des Barons du Pont cumule patrimoine et cœur de ville, commente Fabien Kerc’hrom, conducteur de travaux à l’Office public d’aménagement et de construction (Opac) de Quimper-Cornouaille, présent en qualité d’assistant à maîtrise d’ouvrage. Inscrit à l’inventaire des monuments historiques, cet ouvrage du Moyen Âge est situé dans la rue principale de Pont-l’Abbé. » La municipalité en est propriétaire depuis 1886. Mais sa réhabilitation complète (le corps de logis et les deux tours), entamée en janvier 2024, rend cette fois disponible l’ensemble des niveaux pour y centraliser les services de la mairie (y compris le musée Bigouden) et accessibles les espaces dédiés au public, comme la salle des mariages et la salle du conseil.
Le recours à des entreprises locales
« La ville s’est adjoint les compétences de l’Opac, habitué à assister les collectivités pour réaliser des opérations complexes, et cela tombe bien, car nous avons l’habitude de travailler avec eux, explique l’architecte Hervé de Jacquelot depuis la salle de réunion de la vaste tour est du château. C’est l’opportunité d’avoir un chantier exemplaire, d’autant que l’Opac et la mairie, bien qu’il s’agisse d’un marché public, ont la volonté de travailler avec des entreprises locales. » Les établissements Lefèvre Centre Ouest, Ateliers DLB et Le Tirilly se retrouvent en effet régulièrement sur des chantiers de restauration dans la région. La coactivité, ces entreprises en connaissent les risques, mais aussi les opportunités, notamment le maçon et le charpentier, habitués à partager planning et coups de main sous l’œil avisé de Yannick Priou, coordonnateur SPS (Apave).
Tirer profit de l’existant
Compétences techniques et coordination ne sont pas de trop sur ce chantier complexe assorti par la Drac de prescriptions de conservation et d’intégration au projet d’éléments patrimoniaux. « Le relevé photogrammétrique intérieur et extérieur du bâtiment nous a fourni une maquette virtuelle sur laquelle travailler, explique le maître d’œuvre. Cela a permis de tirer profit de l’existant, de conserver les solivages en bois en place et de conforter les poutres associées à des planchers CLT moins lourds que le béton, mais très résistants. » De ces choix patrimoniaux découlent l’ensemble des modes opératoires, les moyens matériels et l’organisation (approvisionnements, levage, manutention) nécessaires à ce chantier hors du commun.