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CHANTIER DU MOIS

La restauration du château des Barons à Pont-l’Abbé bonifiée par la concertation

À Pont-l’Abbé (Finistère), la restauration du château des Barons du Pont en vue d’accueillir les bureaux de la mairie bénéficie de la grande proximité entre les acteurs du chantier.

Article paru dans le magazine PréventionBTP n°301, décembre 2025-janvier 2026.

Publié le : 17/02/2026

L F

Loïc Féron

En résumé

Le choix des procédés techniques impacte l’exécution du chantier. Monté par anticipation, l’échafaudage joue un rôle prépondérant.

Identité

Maîtrise d’ouvrage : Ville de Pont-l’Abbé
Assistant à maîtrise d’ouvrage : Fabien Kerc’hrom, Opac de Quimper-Cornouaille
Maîtrise d’œuvre : Hervé de Jacquelot, architecte DPLG (agence AEC)
Entreprises : Lefèvre Centre Ouest (maçonnerie), Ateliers DLB (charpente et planchers bois, menuiseries extérieures), SARL Le Tirilly (couverture ardoise)
CSPS : Apave
Effectif : de 10 à 15 salariés
Début du chantier : janvier 2024
Durée du chantier : 24 mois
Coût : 5,1 millions d’euros
Conseiller en prévention OPPBTP : Rémi Cassan

« Ce chantier de restauration et de mise en valeur du château des Barons du Pont cumule patrimoine et cœur de ville, commente Fabien Kerc’hrom, conducteur de travaux à l’Office public d’aménagement et de construction (Opac) de Quimper-Cornouaille, présent en qualité d’assistant à maîtrise d’ouvrage. Inscrit à l’inventaire des monuments historiques, cet ouvrage du Moyen Âge est situé dans la rue principale de Pont-l’Abbé. » La municipalité en est propriétaire depuis 1886. Mais sa réhabilitation complète (le corps de logis et les deux tours), entamée en janvier 2024, rend cette fois disponible l’ensemble des niveaux pour y centraliser les services de la mairie (y compris le musée Bigouden) et accessibles les espaces dédiés au public, comme la salle des mariages et la salle du conseil.

Le recours à des entreprises locales

« La ville s’est adjoint les compétences de l’Opac, habitué à assister les collectivités pour réaliser des opérations complexes, et cela tombe bien, car nous avons l’habitude de travailler avec eux, explique l’architecte Hervé de Jacquelot depuis la salle de réunion de la vaste tour est du château. C’est l’opportunité d’avoir un chantier exemplaire, d’autant que l’Opac et la mairie, bien qu’il s’agisse d’un marché public, ont la volonté de travailler avec des entreprises locales. » Les établissements Lefèvre Centre Ouest, Ateliers DLB et Le Tirilly se retrouvent en effet régulièrement sur des chantiers de restauration dans la région. La coactivité, ces entreprises en connaissent les risques, mais aussi les opportunités, notamment le maçon et le charpentier, habitués à partager planning et coups de main sous l’œil avisé de Yannick Priou, coordonnateur SPS (Apave).

Tirer profit de l’existant

Compétences techniques et coordination ne sont pas de trop sur ce chantier complexe assorti par la Drac de prescriptions de conservation et d’intégration au projet d’éléments patrimoniaux. « Le relevé photogrammétrique intérieur et extérieur du bâtiment nous a fourni une maquette virtuelle sur laquelle travailler, explique le maître d’œuvre. Cela a permis de tirer profit de l’existant, de conserver les solivages en bois en place et de conforter les poutres associées à des planchers CLT moins lourds que le béton, mais très résistants» De ces choix patrimoniaux découlent l’ensemble des modes opératoires, les moyens matériels et l’organisation (approvisionnements, levage, manutention) nécessaires à ce chantier hors du commun.

L’implication de l’Opac et des entreprises locales est une opportunité d’avoir un chantier exemplaire.

Les bénéfices d’une bonne communication

Le chantier bénéficie de la proximité entre les différents intervenants (maître d’ouvrage, maître d’œuvre, entreprises, CSPS) qui se connaissent bien pour avoir l’habitude de travailler ensemble. Cette entente favorise l’anticipation et la coordination. « Charpentier et maçon, dont les travaux se chevauchent, ont des interactions permanentes, explique Yannick Priou, le CSPS. Ils travaillent quasiment en mode binôme et la coactivité fonctionne très bien»

Lors de réunions hebdomadaires, le phasage du chantier est programmé avec le maître d’œuvre et le maître d’ouvrage qui s’accordent notamment sur les plages horaires de livraison pour ne pas gêner l’activité de l’artère principale de la ville. Un phasage plus fin s’effectue en temps réel par les chefs d’équipe. La communication permanente entre les acteurs du chantier facilite l’anticipation des travaux, le prêt ou le partage de matériel, la gestion des stockages et des déchets.

« Se coordonner au jour le jour pour avancer de façon commune est une particularité de la restauration des monuments historiques », commente Jean-Charles Caraes, conducteur de travaux aux Ateliers DLB. Cela permet de « se projeter sur les tâches des autres entreprises », de laisser un poste en attente en maçonnerie pour que le charpentier puisse travailler. « À notre demande, le maçon peut même réaliser des empochements pour les besoins de planchers ou des blocages de panne. Nous sommes très complémentaires ».

Focus sur les actions de prévention

Parapluie

Parapluie

L’échafaudage parapluie permet aux charpentiers de travailler en continu, quelles que soient les intempéries, une fois la couverture déposée.

La proximité entre acteurs facilite le travail en commun

J’ai travaillé 20 ans aux postes de maçon bâti ancien / tailleur de pierre. Mon dernier employeur, l’entreprise Lefèvre, intervient précisément sur cette opération. J’ai pu m’y projeter facilement et partager mon expérience avec les équipes, que je connais bien. Cette proximité facilite le travail en commun et la recherche de solutions sécurisée pour les compagnons.

Yannick Priou, CSPS Apave

Une succession de problématiques et de solutions

Cette restauration est particulièrement intéressante du fait de la succession de problématiques qu’elle soulève avant puis pendant le chantier, et des solutions qu’elle nécessite de mettre en œuvre sur le clos et le couvert. Le choix de procédés hors du commun comme la conservation et le renforcement des supports de poutres en fait partie. La bonne entente et l’entraide entre les compagnons sont une condition indispensable à la réussite de ce type de chantier, dans le respect de la santé et de la sécurité.

Jean-Charles Caraes, conducteur de travaux, Ateliers DLB

Des approvisionnements conditionnés par la technique

La solution tout bois (renforts d’inertie des poutres pour connecter des planchers CLT) permet d’obtenir des surcharges au mètre carré sans alourdir le bâtiment avec une dalle béton. Une technique retenue à condition d’approvisionner les planchers par les fenêtres et d’en définir le format selon la dimension des ouvertures. Quant à l’échafaudage parapluie, il apporte un véritable confort de travail.

Hervé de Jacquelot, architecte DPLG (agence AEC)

Le + prévention : L’échafaudage, outil déterminant du chantier

Une installation anticipée

Une installation anticipée

Outil de travail essentiel à la bonne réalisation de cette restauration, l’échafaudage a été monté avant même la finalisation des appels d’offres, quelques mois avant le démarrage du chantier. Cette anticipation a permis au projet de bénéficier d’une subvention, mais aussi aux entreprises d’accéder en sécurité au bâtiment (façades et couverture) pour y effectuer des repérages, réaliser des métrés et estimer précisément le montant des travaux.