La grotte Cosquer, trésor archéologique englouti, est située dans la calanque de la Triperie, au Cap Morgiou, dans le IXe arrondissement de Marseille. Découverte par le plongeur Henri Cosquer en 1985, elle comprend plus de cent œuvres d'art pariétal exceptionnelles, dont des représentations uniques d'animaux marins. En raison de la montée des eaux depuis cette période, l'entrée se trouve à 37 mètres de profondeur au-dessous du niveau actuel de la mer. En 2016, la Région Sud Paca décide alors de lancer la construction d'une réplique de cette Grotte au cœur de la Villa Méditerranée, un bâtiment réalisé par Stefano Boeri, sans réelle vocation à ce moment-là et idéalement situé à proximité du Mucem et du Vieux-Port.
Le projet est confié à la société Kleber Rossillon. Celle-ci s'est engagée à concevoir, réaliser et exploiter un centre d'interprétation archéologique dédié à cette grotte. Pour cela, elle s'est appuyée sur l'entreprise Eiffage Construction et s'est entourée d'entreprises spécialisées, qui ont notamment contribué à la réalisation de la grotte Chauvet 2 en Ardèche.
Réplique de la grotte Cosquer : des formations géologiques en béton
L'entrée dans le bâtiment est habillée par une passerelle sinueuse flottant sur l'eau, à laquelle sera amarré le bateau de la découverte d'Henri Cosquer. La réplique de la grotte est, elle, réalisée dans le sous-sol et la visite s'effectuera à bord de modules d'exploration. Un espace supplémentaire, créé dans la partie supérieure, en porte-à-faux du bâtiment, est dédié à un musée.
Sa conception tient en plusieurs points. « Il a fallu créer des panneaux de résine d'une dizaine de mètres carrés reproduisant l'art pariétal de la grotte ainsi que des formations géologiques en béton, effectuées dans des ateliers externes », indique Quentin Giraud, ingénieur travaux d'Eiffage Construction. Au sous-sol, afin d'accueillir ces panneaux, l'entreprise a mis en place une première structure métallique sur laquelle a été ajoutée une seconde structure. « Cette dernière permet de suspendre les cages métalliques façonnées en 3D sur lesquelles nous projetons le mortier. C'est cela qui va produire la forme de la grotte .» Une première projection de mortier est destinée à rigidifier les éléments, et une seconde, d'environ 5 cm d'épaisseur, est travaillée par des sculpteurs pour reproduire les formes de la grotte. « Enfin, les panneaux d'art parétial sont ensuite posés dessus .»