« C’est un chantier 100 % logistique que vous allez visiter », annonce Sébastien Caleiras, le directeur de travaux, au pied de la grue centrale. Ses 50 mètres de flèche couvrent la surface du site, particulièrement exigu, logé en plein centre-ville. L’entreprise franc-comtoise C3B, filiale de Vinci Construction, est ici mandataire de la construction d’une résidence pour seniors de six étages (et un sous-sol) comprenant 98 appartements, un restaurant et un espace bien-être (piscine, détente). De fait, l’exécution de ce chantier dans les délais et en sécurité est rendue possible par une organisation s’appuyant en second œuvre sur le Lean management. Côté gros œuvre, près de 60 % du béton coulé en place est bas carbone. Aménagée sur une demi-chaussée de la rue attenante, la zone de livraison et son quai de déchargement sécurisent l’approvisionnement des matériaux. À quinze kilomètres de là, une plate-forme logistique permet de réguler les approvisionnements en matériels et matériaux. « Nous disposons d’un homme logistique à plein temps sur le chantier, qui gère les besoins quotidiens en lien par talkie-walkie avec les chefs d’équipe », explique Rémi Raimboeuf, conducteur de travaux en charge du gros œuvre chez C3B.
Des interconnexions concrétisées par des dispositifs d’affichage
L’approvisionnement à la grue des postes de travail a pour résultat de limiter les déplacements verticaux et d’éviter, entre autres, les chutes de plain-pied. Détail d’importance : l’entreprise a gardé la grue durant trois mois après la fin du gros œuvre pour faciliter l’acheminement des matériaux. Ces interconnexions entre les phases du chantier et entre les entreprises sont concrétisées par des dispositifs simples d’affichage, d’une part des différentes séquences de travaux (via le Lean) mais aussi de bonnes pratiques partagées sous forme de photos dans la base vie et le couloir d’accès. « Sur ce type de chantier très cadencé, avec des travaux de maçonnerie répétitifs à risques, il faut rester vigilant à l’engagement constant des compagnons concernant la sécurité collective, observe Laurent Munsch, le coordonnateur SPS. Quels que soient les aléas météo ou d’approvisionnements, les conditions de travail de chaque compagnon dépendent de la qualité du partage de l’information, des relations entre collègues et de l’ambiance générale. »