Aujourd’hui, ils sont deux, une animatrice et un animateur santé, sécurité et environnement (SSE), directement rattachés à Jérôme Crouzet, le directeur général du Groupe. « C’est confortable de pouvoir s’adresser directement à la direction et surtout efficace pour travailler sur la prévention », explique Émilie Mananet, entrée en 2010 chez Sévigné TP, avant d’être rejointe un an plus tard par Alexis Bernat. Leur recrutement a apporté un nouveau souffle aux conditions de travail.
Des équipements performants
Depuis la création de Sévigné TP dans les années 1950, une volonté d’autonomie guide les choix de l’entreprise en matière d’équipements comme de ressources humaines. Basée dans l’Aveyron, « loin des grandes villes », la PME familiale a développé une culture de l’indépendance, d’autant plus poussée que ses activités couvrent plusieurs domaines. De la carrière d’Aguessac, son site principal, elle extrait les matières premières transformées ensuite en granulats pour le BTP. Dans ses usines (émulsions de bitume, centrale d’enrobage à chaud et à froid), le groupe fabrique des produits destinés à son propre usage ou à la vente. Quant aux travaux de TP, ils incluent des métiers de spécialité, comme le terrassement, les réseaux, les revêtements routiers ou la maçonnerie. « Un chantier de TP, ce sont des matériaux, des outils et du personnel, résume Arnaud Tremolet, le responsable du parc matériel. La direction nous a toujours donné les moyens pour que nous disposions des équipements les plus performants. » Le parc comprend 150 VL et VUL, une centaine de poids lourds (camions-bennes, porte-engins, citernes, plateaux…) et une centaine d’engins roulants de 6 à 71 tonnes (machines de production, pelles mécaniques, niveleuse, tombereaux, finisseurs…). Un plan d’investissement prévoit le renouvellement de ce matériel à isopérimètre tous les dix ans.
L’implication de l’encadrement
Comment appliquer aux conditions de travail des salariés la même rigueur, le même soin et le même souci de la performance qu’à la qualité du matériel utilisé ? Les grands axes de la démarche de prévention sont l’évaluation des risques à tous les postes de travail, la mise à jour du document unique, l’amélioration continue par le suivi des plans d’action, ou encore des progrès sur les équipements, notamment les EPI, et l’implication des opérateurs et de l’encadrement dans ces initiatives. « Le responsable chantier comme le responsable d’usine jouent un rôle primordial en matière de santé au travail, estime Alexis Bernat. On s’appuie sur eux pour faire passer nos messages. Ils sont présents au quotidien pour insuffler la démarche de prévention et être proactifs. ».
Toujours réfléchir avant d’agir
Les résultats sont là. « Nous sommes passés d’une gestion d’urgence à une gestion du risque plus sereine, témoigne Émilie Mananet. Parmi les urgences à traiter, il y avait par exemple des problématiques de tranchée profonde non protégée. On n’a rien lâché. » Les deux animateurs SSE traitent aujourd’hui des sujets de fond, d’organisation et d’ancrage de la culture sécurité. Quel en est le secret ? « Réfléchir avant d’agir, la sécurité c’est du bon sens », rappellent les préventeurs, qui agissent, avec l’appui de la direction, dans une volonté d’expliquer, de communiquer, pas de sanctionner. Une fois le bon outil choisi et la bonne protection collective posée, faire évoluer les comportements suppose l’implication de toutes les strates de l’entreprise, jusqu’aux opérateurs. « Les jeunes qui arrivent ont été sensibilisés à l’école aux questions de sécurité, ils sont plus réceptifs. » Mais globalement, « on essaye de faire comprendre à l’encadrement et aux salariés que c’est pour eux qu’on agit, pour l’amélioration de leurs conditions de travail au quotidien », insiste Alexis Bernat. Sans différenciation, les collaborateurs de l’atelier, ceux à la production sur site ou sur les chantiers ont compris qu’ils pouvaient s’appuyer sur le service sécurité. De l’avis de Philippe Mercanti, le conseiller OPPBTP qui suit l’entreprise, le CSE joue également son rôle. « Nous avons des réunions formelles, mais faire de la prévention, c’est surtout beaucoup de présence sur le terrain, renchérit Émilie Mananet, qui revendique la recherche d’un compromis. Notre métier, c’est 90 % de communication. Parfois c’est l’affrontement qui marche, parfois la pédagogie ou l’affectif, il faut arriver à cerner les personnes, et trouver la porte d’entrée pour que notre discours ait l’impact désiré. »