Les polluants aériens (poussières, gaz, fumées…) sont omniprésents sur les chantiers. Certains sont seulement irritants. D’autres plus sournois.
Quand un chantier s’effectue dans une zone polluée (métaux lourds, hydrocarbures…) les premiers intervenants, telles les entreprises de terrassement, doivent prendre les dispositions adéquates pour éviter à leurs équipes l’inhalation de substances toxiques. « Mais l’information n’est pas forcément transmise à toutes les entreprises qui vont se succéder », note le Dr Benoît Atgé, médecin du travail et toxicologue à l’AHI33. Dans ces projets – qui se déroulent souvent sur un temps long – le coordonnateur SPS joue un rôle essentiel, il est la mémoire du chantier. En alertant du risque, il permet à chacun de protéger ses équipes.
Adopter les moyens les moins émissifs
Poussières de bois, de plâtre, de métaux, de ciment, fibres minérales… irritent les voies respiratoires. À plus long terme, leur inhalation peut entraîner des troubles ou des pathologies graves susceptibles de conduire à l’inaptitude (asthmes allergiques, fibrose pulmonaire, cancers…). Le travail à l’humide, l’entretien du matériel, le choix des matériaux, une organisation du chantier, comme les découpes en amont plutôt que sur le chantier, le recours à des outils électroportatifs équipés d'aspiration et ayant une vitesse de rotation modérée, réduisent de manière considérable le niveau d’empoussièrement. En complément de ces mesures, le port d'EPI adaptés peut être requis en fonction des résultats de l'évaluation des risques. Il en est de même quand un compagnon est exposé à des fumées (soudage, oxycoupage…) : le choix de la technique (fil plein, type de gaz utilisé…) et la captation des effluents réduisent massivement les risques. Pour le bitume, l’application à basse température diminue les expositions aux fumées.
Travail en milieu confiné : vigilance
Des gaz irritants comme l’hydrogène sulfuré sont responsables d’intoxications gravissimes. Celles-ci surviennent notamment lors d’interventions dans les ouvrages d’assainissement. Autre gaz nocif : le monoxyde de carbone (CO). Produit par des moteurs thermiques (engins de chantier, outillage portatif, groupe électrogène…), il est inodore, donc difficile à détecter. En s’accumulant dans le sang, il entraîne une asphyxie qui, si elle n’est pas identifiée à temps, conduit au coma puis au décès. Gare aux pièges : « Sur certains chantiers il arrive qu’on isole des zones, par exemple pour éviter le relargage de plomb dans l’atmosphère. Mais si dans cette zone les engins de chantier continuent à circuler, une pollution majeure au CO s’installe ! », note le Dr Atgé. De nombreux autres gaz peuvent s’accumuler dans ces espaces confinés et entraîner un appauvrissement de l’air en oxygène. Une bonne ventilation, un plan de prévention, une formation ad hoc, pour que chacun connaisse les mesures à prendre en cas d’incident ou d’accident, sont essentielles.