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Risques

Le risque d’asphyxie sur les chantiers : un danger discret mais bien réel

Chaque année, des accidents surviennent dans le BTP dans des situations pourtant courantes : intervention en espace clos, utilisation d’un moteur thermique en intérieur, ventilation insuffisante. Des conditions de travail banales qui peuvent rapidement basculer.

Date : 17/04/2026

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Isabelle Monnerais et Valérie Tournier

Le risque d’asphyxie sur les chantiers : un danger discret mais bien réel

Sur un chantier, il n’y a pas toujours d’odeur, pas de fumée visible, pas de signal évident. Pourtant, en quelques minutes, l’air peut devenir irrespirable. Manque d’oxygène, accumulation de gaz, monoxyde de carbone : le risque d’asphyxie est souvent invisible… mais ses conséquences, elles, sont immédiates.

Le risque d’asphyxie dépend d’abord de la configuration des lieux.

Il est particulièrement élevé dans :

  • les espaces fermés ou confinés : cuves, réservoirs, puits, galeries, égouts, locaux sans ouverture ou mal ventilés,
  • mais aussi dans certains espaces ouverts contraints : tranchées, fouilles, sous-sols ou zones proches d’une source d’émission de polluants.

Dans ces environnements, les gaz peuvent s’accumuler rapidement, parfois sans aucun signe visible.

Quels sont les symptômes ?

Les premiers signes d’une exposition sont souvent banals :

  • maux de tête,
  • vertiges,
  • nausées,
  • fatigue inhabituelle.

Des symptômes faciles à minimiser… mais qui doivent alerter immédiatement sur le chantier.

Rôle de l’oxygène et risques associés

L’oxygène est indispensable au fonctionnement de l’organisme. Dans certaines situations de travail, l’atmosphère peut être appauvrie en oxygène. Sa concentration normale dans l’air est de 21 %. En dessous de 17 %, les premiers effets apparaissent : accélération du rythme cardiaque et respiratoire, troubles de la vigilance, céphalées, etc.

Les conséquences pour l Les conséquences pour l'homme du taux d'oxygène dans l'air

Conséquence d’un manque d’oxygène

Si la situation se dégrade, les conséquences peuvent être graves :

  • hypoxie : manque d’oxygène dans les tissus,
  • anoxie : absence quasi totale d’oxygène,
  • asphyxie : arrêt de l’apport en oxygène, pouvant entraîner perte de connaissance ou arrêt respiratoire.

Parmi les gaz les plus dangereux, le monoxyde de carbone (CO) occupe une place à part. Il se fixe sur l’hémoglobine du sang, 200 à 250 fois plus facilement que l’oxygène, réduisant ainsi l’oxygénation des organes vitaux pouvant entrainer une hypoxie, voire une asphyxie. Les effets sont souvent insidieux, car ils peuvent être confondus avec une intoxication alimentaire : nausées, vomissements, maux de tête, vertiges, etc. Le danger est d’autant plus important qu’il est difficilement détectable.

Origine du monoxyde de carbone

Le monoxyde de carbone est produit lors d’une combustion incomplète. Ce gaz est d’autant plus dangereux qu’il est inodore, incolore, insipide et non irritant. Un compagnon peut donc être exposé sans en avoir conscience.

Le monoxyde de carbone peut provenir :

  • Des équipements/appareils de chauffage à combustion fixes ou mobiles, avec comme combustible du bois, du gaz, du fioul, comme dans les ateliers mais aussi sur chantier, pour assécher des matériaux, ou tout simplement réchauffer le local de travail.
  • Des procédés utilisant une flamme pour souder des matériaux, comme ceux de l’étanchéité, de la zinguerie, de la serrurerie, etc.
  • Des gaz d’échappement d’engins thermiques qui utilisent de l’essence, du gaz ou du gazole non routier comme énergie.
Les espaces fermés peuvent concentrer des émissions de gaz d Les espaces fermés peuvent concentrer des émissions de gaz d'échappement
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Attention aux petits équipements ou outils thermiques !

Les situations d’exposition sont nombreuses, notamment avec les petits équipements mobiles facilement déplacés et introduits dans des espaces clos et non ventilés : les groupes électrogènes, les pompes thermiques, les scies à sol et découpeuses thermiques, les outils de lissage du béton, les pilonneuses, plaques vibrantes, etc.

L’analyse du risque doit intégrer la nature de l’espace des travaux (ouvert, clos, confiné) et les équipements utilisés.

Un groupe électrogène peut asphyxier les opérateurs Un groupe électrogène peut asphyxier les opérateurs
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Quelles mesures de prévention à mettre en place?

Evaluation et organisation :

  • Identifier les situations à risque liées aux émissions de CO, tels que les équipements thermiques, des outils et procédés générant notamment du monoxyde de carbone issu de combustion
  • Evaluer ces risques en tenant compte des typologies des espaces de travail et notamment ceux qui sont fermés, mal ventilés, confinés.
  • Intégrer ces risques et les modalités d’intervention dansle mode opératoire, le plan de prévention, le PPSPS, etc.
  • Privilégier les équipements électriques ou sur batterie, avec des zones de rechargement protégées.
Des outils sur batteries suppriment les émissions de gaz Des outils sur batteries suppriment les émissions de gaz

Ventilation et captage :

  • Assurer une aération naturelle ou mécanique efficace des espaces de travail,
  • S’assurer du niveau de renouvellement d’air requis,
  • Mettre en place une ventilation adaptée si nécessaire,
  • Installer un système d’aspiration et de rejet des polluants.

Surveillance de l’atmosphère :

  • Utiliser des appareils de détection (CO/O2), de type collectif (balise) et individuel (détecteur portable)
  • Mettre en place des alarmes visuelles et sonores,
  • Former les compagnons à leur utilisation.
Détecteurs de gaz Différents détecteurs de gaz

Equipements de protection individuelle:

  • En dernier recours: utiliser des appareils de protection respiratoire isolants,
  • Former les salariés à leur utilisation.

Formation et sensibilisation:

  • Informer sur les risques d’asphyxie et d’intoxication au CO,
  • Reconnaître les premiers symptômes,
  • Former aux conduites à tenir. En cas de symptômes: évacuer immédiatement la zone, alerter les secours (18 (pompiers), 15 (SAMU), 112 (numéro d’urgence européen)).
  • Former à l’utilisation des équipements de secours (exemple: masque auto-sauveteur)

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Ordinateur présentant un page de prévention BTP avec , à côté le magasine de prévention BTP

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