Services de prévention et de santé au travail : un rapport de l’Igas préconise des évolutions
L’Inspection générale des affaires sociales (Igas) a publié, en mars, un rapport sur l’innovation en santé au travail. Ses auteurs préconisent une mutualisation renforcée des services de santé au travail, une augmentation du seuil à 1 000 salariés pour la création de services autonomes et l’accélération de la délégation des tâches aux infirmiers de santé au travail.
Date : 07/04/2026
Armelle Gegaden

© Getty Images Fatcamera
Des plus et des moins, des choses à améliorer : c’est la conclusion d’un récent rapport de l’Inspection générale des affaires sociales sur l'innovation en santé au travail. Il porte sur les facteurs favorables et les freins à l’innovation dans le système de santé au travail, c’est-à-dire les nouveautés permettant d’améliorer le niveau du service : qualité, efficacité, efficience.
Rappelons qu’il existe en France 176 SPST interentreprises, 35 SPST du régime agricole, et 414 SPST autonomes intégrés dans les entreprises de plus de 500 salariés ayant fait ce choix (chiffres 2 023).
Les professionnels des SPST suivent 20,4 millions de travailleurs, dont un million d’intérimaires. Au cours de l’année 2023, 8,9 millions de salariés ont bénéficié d’un suivi individuel :
- Dans 54 % des cas, réalisé par le médecin du travail.
- Dans 46 % des cas par les Idest (infirmier en santé au travail).
Dans un contexte de pénurie de médecins du travail, la loi du 2 août 2021, dernière grande réforme qui réorganise la gouvernance de la santé au travail, a développé des délégations de visites aux infirmiers diplômés d'État en santé au travail : visites de mi-carrière, d'information et de prévention, visites initiales et périodiques, etc.
Les dépenses des entreprises en faveur de la prévention, qui associent les contributions aux services de médecine du travail et leur prise en charge directe, sont estimées à 2,2 milliards d'euros, selon la Direction de la recherche, des études, de l'évaluation et des statistiques (Drees).
Points positifs et axes de progrès
Quel est le bilan? « Deux-tiers à trois-quarts des entreprises adhérentes s’estiment satisfaites de leurs SPSTI », indique le rapport. L’Igas affirme que la loi de 2021 a accéléré la numérisation des services, engendré une plus grande attention aux problématiques de santé publique et permis une homogénéisation du service rendu par le biais d’une offre de services socle et d’une obligation de certification. La dynamique générale est jugée « clairement positive ».
Dans les points à améliorer, l’Igas invite à accélérer le rythme des délégations de tâches aux infirmiers. «Des marges de manœuvre importantes existent dans les trois réseaux, mais elles apparaissent particulièrement évidentes dans les services autonomes», indique le rapport. Autre axe de progrès selon l’étude : « L’écoute client ». La mise en place hétérogène de la certification serait encore peu tournée vers les salariés.
L’Igas reconnaît que le secteur a enchaîné les réformes ces quinze dernières années, « voulues par les pouvoirs publics et, parfois, les partenaires sociaux, dans l’objectif de faire face à la pénurie de médecins du travail et d’améliorer la qualité du service rendu ».
Lourdeur de la régulation, interopérabilité des systèmes d’informations...
Plusieurs défis persistent :
- L’interopérabilité des systèmes d’information, un « enjeu majeur pour l’avenir ».
La lourdeur de la régulation des services de médecine du travail (agrément par l’État, contrats pluriannuels d’objectifs et de moyens, etc.) « La pratique actuelle de l’agrément constitue de fait un obstacle à l’arrivée de nouveaux opérateurs en santé au travail. Sur la majeure partie du territoire national, les entreprises n’ont pas le choix de leur SPSTI », indique le rapport.
Le rapport dresse une série de recommandations, parmi lesquelles une évolution des services de santé au travail, par petites touches et sans révolution.
Alors que « la possibilité d’intégrer de nouveaux acteurs sur le marché est une condition de l’innovation », l’Igas propose d’insérer dans le Code du travail des dispositions relatives à l’agrément de nouveaux services de prévention et de santé au travail interentreprises.
Elle invite à une révision du seuil de création des SPSTA (actuellement de 500 salariés, il passerait à 1 000 salariés).
Pour répondre à la pénurie de ressources médicales, la mission recommande d’inscrire « le nombre de salariés par médecin du travail dans une fourchette » afin « d’orienter une politique d’agrément devant assurer l’accès à un médecin du travail sur l’ensemble du territoire ».
Enfin, l’Igas invite à étudier la création mutualisée d’une structure nationale pour mettre en réseau les SPST et porter des sujets opérationnels : coordination des systèmes d’information, réalisation d’enquêtes permettant d’évaluer les besoins des bénéficiaires, etc.
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