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    Travaux en hauteur.

    ©OPPBTP

    L’année 2020 n’est décidément pas une année comme les autres, y compris en ce qui concerne le décompte des accidents du travail et des maladies professionnelles, comme le signale l’Assurance maladie en préambule aux données qu’elle vient de publier. En effet, en raison du recours massif au chômage partiel consécutif aux mesures prises pour lutter contre la Covid-19, il est impossible à ce jour de quantifier précisément le nombre de salariés effectivement en activité en 2020, et donc de calculer certains indicateurs reflétant les expositions réelles. C’est ainsi que les indices de fréquence (nombre d'accidents en premier règlement pour 1 000 salariés) et de gravité (total des taux d’incapacités permanentes par million d'heures de travail) n’apparaissent pas dans les chiffres de la sinistralité de cette période particulière.

    Une diminution des accidents moins prononcée dans le BTP qu’ailleurs

    Directement corrélée à l’impact de la crise sanitaire sur l’activité des entreprises, la baisse globale, tous secteurs confondus, du nombre d’accidents du travail entre 2019 et 2020 atteint -17,7 %. Le BTP est le secteur qui enregistre la décrue la plus faible, à -12,8 % soit 11 274 accidents de travail de moins qu’en 2019. Cette diminution s’observe essentiellement sur la période de mars à juin, en lien avec le premier confinement, et, dans une moindre mesure, sur le deuxième semestre 2020.

    La catégorie des activités de maçonnerie générale, gros œuvre et couverture reste la plus accidentogène et enregistre la plus faible baisse du nombre d’accidents du travail (-10,9 %) au sein du secteur du BTP. Les travaux de finition figurent également parmi les secteurs les plus touchés.

    Quant aux principales typologies de causes des accidents du travail, elles se répartissent également de façon stable par rapport aux années précédentes et représentent 95 % d’entre eux. Ainsi, près d’un accident sur deux est imputable à de la manutention manuelle, un tiers est lié à des chutes (dont 18 % pour les chutes de hauteur et 15 %, pour les chutes de plain-pied) et 15 % à un outillage à main.

    Un nombre de décès réduit de plus d’un tiers

    Après une hausse de 65 % en 2019, un niveau record cette année-là, le nombre de décès a baissé de 35 %. Ces 115 décès survenus en 2020 s’intègrent dans la fourchette des accidents mortels annuellement enregistrés hors année 2019.

    Autre fait notable, alors qu’en 2018 et 2019, plus de 20 % des accidents du travail mortels enregistrés dans le BTP étaient survenus dans les travaux de maçonnerie générale et gros œuvre, cette part a baissé de moitié en 2020. Dans le secteur de la construction de routes et autoroutes, un seul décès a été enregistré en 2020, contre 12 en 2019.

    Les événements mortels autres que malaises, suicides et décès routiers sont le plus fréquemment associés à des chutes de hauteur (23 % de l’ensemble des décès) et à des glissades, chutes et effondrements de matériels (10 %).

    Les accidents de trajet repartent à la baisse

    Toujours en lien direct avec la situation de pandémie, le nombre d’accidents de trajet du secteur du BTP a reculé de 13,2 % entre 2019 et 2020, à rebours de la tendance nouvellement à la hausse observée sur les deux dernières années.

    Les maladies professionnelles au plus bas

    Le nombre de maladies professionnelles recule de plus de 20 % par rapport à 2019 pour s’établir à 5 900 cas en 2020, soit le niveau le plus bas de la dernière décennie. Le secteur des travaux de construction spécialisés, qui emploie 64 % des effectifs du BTP, concentre 73 % des maladies professionnelles du BTP. Ce sont les troubles musculo-squelettiques qui représentent toujours en 2020 l’écrasante majorité (87 %) des maladies professionnelles, contre 7,6 % pour les maladies professionnelles liées à l’amiante.

    Le lourd tribut des intérimaires

    La sécurité dans les métiers du BTP reste un enjeu crucial pour les intérimaires. Sur l’ensemble des accidents du travail graves ayant fait l’objet d’une notification d’incapacité permanente d’un taux égal ou à supérieur à 10 % au sein cette population, 39 % sont survenus dans des entreprises utilisatrices du BTP en 2020. Pour les décès, cette proportion est de 51 %, soit vingt décès. Le secteur le plus accidentogène est celui des travaux de maçonnerie générale et gros œuvre devant les travaux d'installation électrique dans tous locaux et le secteur construction d'autres bâtiments.

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