Bonne nouvelle, avec les progrès de la cardiologie, la majorité des salariés pourront reprendre leur travail sereinement après un infarctus, indique le Pr Gilles Lemesle, cardiologue interventionnel au CHRU de Lille. Quelques précautions toutefois : adapter la charge de travail aux capacités résiduelles du salarié (surtout pour les métiers physiques, comme ceux du BTP), et tenir compte des effets secondaires des traitements antiagrégants. « Ces traitements augmentent le risque hémorragique, ce qui peut poser problème par exemple pour un mécano ou un maçon en cas de blessure. »
Quels efforts le salarié est-il en mesure de réaliser ? L’essai encadré, dispositif codifié par la circulaire n°30/2022 du 24 novembre 2022 et destiné à prévenir la désinsertion professionnelle, est un moyen efficace de le déterminer, ajoute le Dr Alain Moniez, membre du conseil d’administration de l’ISTNF et coorganisateur de ces rencontres.
Aujourd’hui, la durée d’un arrêt de travail en postinfarctus est de neuf mois. Selon le Pr Lemesle, la majorité des personnes pourraient reprendre le travail très rapidement après l’accident. Autre étonnement : après un infarctus, il est interdit pendant un mois de conduire un véhicule. Cet interdit n’est plus vraiment justifié au regard des progrès de la cardiologie.
In fine, les experts concluent à l’importance de la concertation afin de favoriser la meilleure récupération et le retour précoce au travail. « Les éléments de langage du médecin du travail et du médecin-conseil doivent être coordonnés pour que le patient ne soit pas dérouté », indique Luc Goupil, médecin-conseil-chef à la Sécurité sociale. De son côté, le Pr Frimat note que les décrets d’application de la loi de 2021 devraient permettre une connexion efficace entre le dossier médical de santé au travail (DMST), l’espace santé et, de manière plus générale, avec l’Assurance maladie.
La prochaine Journée Marcel Marchand de l’ISTNF se tiendra en mai, et portera sur la prévention de la désinsertion professionnelle et le retour à l’emploi.
En savoir plus sur les Journées Marcel Marchand.
En chiffres
- 1 200 Infarctus déclarés en accident du travail(1)
- 40 000 morts subites par an(2)
- Un patient sur trois seulement part en réhabilitation après un infarctus(3)
(1) Luc Goupil, médecin-conseil-chef à la Sécurité sociale.
(2) Benjamin Skoury, formateur SST chez Action santé travail.
(3) Cohorte Frenchie.