L’étude visait également à mieux évaluer les niveaux d’exposition en HAP des maçons fumistes. « Cette cible a été choisie pour la méconnaissance du métier de monteur en thermique industrielle, particulièrement exposant à des agents chimiques dangereux (ACD) et pour sa pénibilité présumée. »
Seize HAP ont été définis comme prioritaires par l’agence américaine de l’environnement (EPA). Quinze d’entre eux ont été ciblés dans l’étude ainsi que deux autres qui sont des traceurs de certains types d’émissions. Certains HAP sont irritants pour la peau et les voies respiratoires. Les effets phototoxiques des HAP sont également bien documentés. Enfin, trois types de cancers sont reliés à ces polluants : les cancers broncho-pulmonaires, cutanés, et ceux de la vessie. Ils sont décrits dans les tableaux 16 bis et 36 bis du régime général. Pour d’autres tumeurs -notamment digestives- le niveau de preuve est plus faible. Les HAP sont également soupçonnés d’augmenter certains risques cardiovasculaires.
Les HAP sont produits lors des combustions incomplètes de matière organique (fumées de bitume, gaz d’échappement, combustion des dérivés de la houille, cigarette, barbecue…). Par définition « il s’agit donc de poly-expositions avec un mélange de plusieurs dizaines de molécules, voire plus », ajoute Sophie Dumas. Les HAP étant lipophiles, ils ont une bonne absorption cutanée. Cette pénétration cutanée a orienté les investigateurs vers la biométrologie. Les HAP les plus légers (HAP volatils comportant moins de cycles) sont éliminés principalement par les voies urinaires tandis que les plus lourds sont éliminés par voie digestive toutefois, avec une technique de purification et d’analyse très sensible, on peut les détecter dans les urines.