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Santé

Santé au travail : comment la réforme se diffuse dans les services de prévention et de santé au travail

L’appropriation de la réforme issue de la loi du 2 août 2021 sur la prévention en santé au travail progresse. En témoignent une généralisation des cellules de prévention de la désinsertion professionnelle et une hausse du nombre de visites médicales individuelles. La Direction générale du travail (DGT) livre un état des lieux de la transformation des services de prévention et de santé au travail (SPST).

Date : 26/02/2026

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Armelle Gegaden

Santé au travail : comment la réforme se diffuse dans les services de prévention et de santé au travail

© Girard Bertrand

Quelles sont les évolutions de l'activité des services de prévention et de santé au travail en France au regard de la loi du 2 août 2021 ? C’est ce que mesure la dernière enquête dématérialisée pilotée par la Direction générale du travail (DGT) réalisée auprès des services de prévention et de santé au travail. On dénombre 175 SPST interentreprises, 326 SPST autonomes et 35 SSTA (services de santé au travail en agriculture). Les SPST interentreprises sont des associations multi-employeurs. Les SPST autonomes sont directement intégrés à une entreprise.

La réforme du 2 août 2021 renforce leurs missions d’évaluation des risques et d’accompagnement des entreprises, en plus du suivi classique et individuel des salariés. Elle instaure ainsi une « offre socle » qui inclut la prévention de la désinsertion professionnelle. La réforme autorise, par ailleurs, le médecin du travail à déléguer certaines actions à une équipe pluridisciplinaire.

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Aménagement de postes : davantage de préconisations

L’étude souligne « un bon niveau d’appropriation de la réforme par les SPST », avec par exemple 96,5 % de cellules de prévention de la désinsertion professionnelle effectivement en place au sein des SPSTI. Ces cellules sont composées de différents professionnels : ergonomes, chargés de maintien dans l’emploi, psychologues, médecin, infirmier, assistant social… De fait, l’accompagnement des salariés risquant de perdre leur emploi en raison de leur état de santé (usure professionnelle, handicap…) est en hausse : de 511 800 en 2023 à 706 000 en 2024. Le nombre de préconisations d’aménagement de poste à l’issue d’une visite a lui aussi grimpé : de 616 635 en 2023 à 850 351 en 2024.

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Délégation croissante aux infirmiers

L’étude met également en avant un nombre de visites médicales individuelles en hausse (9 millions en 2024, contre 8 millions en 2022), grâce à une délégation croissante aux infirmiers en santé au travail. Ces professionnels représentent désormais 41,7 % des visites dans les SPTI et 22,6 % dans les SPTA. Les visites d’embauche, les visites périodiques et à la demande restent très largement majoritaires. Les visites de mi-carrière ont été multipliées par quatre entre 2022 et 2024.

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DUERP : 16 % des entreprises l’ont transmis

L’enquête note, en revanche, qu’il reste beaucoup à faire en matière d’appropriation, par les entreprises, du document unique d’évaluation des risques professionnels (DUERP), une pièce maîtresse de la réforme. En 2024, seules 16 % des entreprises ont transmis ce document à leur service de santé interentreprises. Un taux néanmoins multiplié par trois depuis 2022. On constate toutefois une hausse notable de la production de fiches d’entreprises qui est une aide à la préparation du DUERP. Les activités d’études et de conseils prennent également de l’ampleur dans les SPST : études de poste, études des conditions de travail, analyse des risques… Au total, les SPST déclarent 956 517 actions en milieu de travail pour la prévention des risques en 2024 soit + 17 % par rapport à 2022.

Autre élément notable de cette étude : le nombre global d’inaptitudes. En 2024, 149 549 inaptitudes ont été prononcées par les médecins du travail dans les SPST. Un nombre en progression de 11,3 % par rapport à 2022. Un peu moins de la moitié sont prononcées avec dispense de reclassement. Cette typologie tend à augmenter (+ 35 % depuis 2022). Les trois-quarts des inaptitudes sont délivrés à la suite d’une visite de reprise. Ces progressions doivent toutefois être relativisées en raison d’un taux de répondants supérieur en 2024, prévient le document.

Leviers pour améliorer la prévention

Pour compléter la lecture de cette enquête, il n’est pas inutile de consulter le récent rapport de l’Igas (Inspection Générale des Affaires Sociales) publié en décembre 2025 : Prévention de la désinsertion professionnelle : détecter le risque, coordonner les acteurs. Le rapport identifie les leviers pour améliorer la prévention, notamment l’investissement massif dans les échanges de données et les SI, afin de renforcer les liens entre les acteurs de la prévention de la désinsertion professionnelle, en particulier les SPST, l’Assurance maladie ou encore les médecins traitants.

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