« Pour les fumées de bitume, on est typiquement dans un cas de polyexposition, mélange de plusieurs dizaines molécules. » Un rapport de l’Anses, publié en 2013, décrit de façon très exhaustive la liste des composants. Pour les sols pollués, la nature des composants toxiques dépend de l’activité historique sur ces sols. On y retrouve principalement des métaux (plomb, mercure, cadmium, chrome et cuivre notamment), des hydrocarbures chlorés et des HAP (90 % des polluants). Il existe des bases de données qui recensent les sols pollués en France (Basias, Basol). Des carottages permettront de préciser la composition des sols.
Comment interpréter ?
L’interprétation des résultats va dépendre de nombreux paramètres. Pour les fumées de bitume, par exemple, les paramètres à prendre en compte seront : la proportion de liant dans la composition de l’enrobé, la température à laquelle l’enrobé est appliqué, les conditions ambiantes extérieures, la présence d’un système d’extraction des fumées sur le finisseur, la nature des additifs, ainsi que divers facteurs individuels (tabagisme, habitudes alimentaires comme le barbecue…).
Quel biomarqueur prescrire ?
Le choix se fait en se référant à la base Biotox mais également en fonction des préconisations du laboratoire d’analyse. « Il faut ensuite faire le choix entre l’idéal et le compromis (coût, praticité…) », explique le Dr Persoons. Le rapport de l’Anses de 2013 propose une stratégie en deux étapes :
- Mesure dans l’air des fumées de bitume.
- Recherche au niveau biologique des marqueurs pertinents en fonction du mélange d’HAP présents dans ces fumées.
Pour la pollution des sols, cela dépend de la volatilité des métaux (par exemple le mercure) et de la nature des polluants. Dans une autre communication, le même jour sur une thématique proche, le Dr Benoît Atgé, médecin du travail à l’AHI33 et toxicologue, rappelait que certains marqueurs reflètent une exposition récente et d’autres une exposition chronique.