Résultats ? L’étude a permis notamment d'identifier trois associations entre une exposition à des contraintes physiques (vibrations du corps entier, position accroupie, effort de préhension) et de faibles capacités physiques (coordination motrice, endurance musculaire des cuisses, force maximale de préhension). « La posture accroupie, considérée comme la plus pénible par les salariés interrogés, est liée à de faibles capacités d'endurance des cuisses, note Emmanuelle Turpin-Legendre. Cela suggère que le test d'endurance des cuisses pourrait être prometteur en tant que signal d'alerte de la survenue d’atteintes aux membres inférieurs. »
Autre exemple, le faible niveau de coordination motrice des membres supérieurs observé chez les salariés exposés aux vibrations du corps entier – notamment les conducteurs d’engins – pourrait être le test qui permettrait de prévenir l'installation d'une pathologie du membre supérieur.
Les travaux montrent également deux associations entre des contraintes psychosociales rencontrées dans le métier actuel (demande psychologique, manque de reconnaissance) et de faibles capacités fonctionnelles (force maximale de l'épaule, capacité cardiorespiratoire), qui sont des aspects très peu décrits dans la littérature de la santé au travail.
Un biais est à souligner : « Notre population considère que sa santé est plutôt bonne, ce qui est peut-être dû au fait que nous avons fait le choix d’un échantillon de salariés ayant certaines capacités physiques leur permettant de réaliser les tests. Ceux qui n’ont plus cette capacité ont déjà quitté le secteur. »