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    En résumé

    Travaux sur ouvrages immergés, percement de tunnels, interventions en zone portuaire, fluviale ou maritime, réparation de canalisations subaquatiques, travaux publics souterrains, intervention dans une enceinte de confinement nucléaire… Les professionnels du BTP sont de plus en plus amenés à intervenir en milieu hyperbare.

    Lors d’activités en hyperbarie, les opérateurs sont exposés à une pression relative supérieure à 100 hectopascals (hPa). Ils peuvent être soumis à des conditions de travail en hyperbarie humide, ce qui est le cas par exemple des scaphandriers en immersion, ou en hyperbarie sèche, lors de travaux réalisés dans un local ou dans une enceinte où la pression est augmentée, à l’image des caissons hyperbares. On peut retrouver ces conditions d’exposition chez les travailleurs intervenant au sein des tunneliers (tubistes qui interviennent dans les activités de maintenance de la roue de coupe des tunneliers), ou bien lors des interventions de maintenance des enceintes de réacteurs nucléaires.

    Mais travailler en hyperbarie est une activité à risque. Lésions aux oreilles, aux poumons, intoxication aux gaz inhalés, problèmes lors de la décompression, aspiration… Des accidents parfois très graves peuvent survenir. Ce type d’activité est par conséquent très règlementé.

    Les activités hyperbares, notamment lors de travaux immergés, peuvent aussi entraîner d’autres risques comme la noyade ou les éboulements qui font l’objet de fiches spécifiques (lien vers fiches correspondantes).

    Les risques liés aux travaux en milieu hyperbare

    Creusement de tunnels, forage, réparation d’écluses, travaux publics sous-marins, intervention dans un réacteur nucléaire, chambre de soudure… Dans le BTP, de nombreuses situations exigent de travailler sous pression. Il peut s’agir d’activités effectuées à sec dans des caissons ou des tunneliers, ou sous l’eau, par exemple par des scaphandriers. Ces activités en hyperbarie sont caractérisées par une pression du milieu de travail supérieure à la pression atmosphérique.

    Ce type d’activité engendre des contraintes physiologiques et psychologiques importantes : le travail en milieu hyperbare est reconnu depuis 2015 comme un facteur de pénibilité.

    Entreprises certifiées, nomination d’un conseiller à la prévention hyperbare, suivi médical du professionnel… Ce type d’activité est très encadré au niveau réglementaire.

    Travaux subaquatiques, percement de tunnels, forage… Les risques liés aux activités hyperbares

    Les deux tableaux ci-dessous détaillent les caractéristiques du certificat d'aptitude à l'hyperbarie (CAH) :

     ©OPPBTP

    Les travaux et les interventions hyperbares sont définis par l’article R.4461-1 du Code du travail. Il s’agit d’activités au cours desquelles les travailleurs sont exposés à une pression relative supérieure à 100 hectopascals, avec immersion (hyperbarie humide de type scaphandrier : travaux de mention A ou interventions de mention B) ou sans immersion (en atmosphère sèche de type tunnelier, tubiste ou soudeur : travaux de mention D).

     ©OPPBTP

    Ces activités sont reconnues depuis 2015 comme exposant à un facteur de pénibilité, au même titre que le travail de nuit ou le travail répétitif. L’article D.4161-2 du Code du travail fixe les seuils au-delà desquels le dispositif de pénibilité s’applique. Pour être pris en compte dans ce dispositif, un travailleur hyperbare doit avoir été exposé à une pression relative d’au moins 1200 hectopascals, à l’occasion d’au moins 60 interventions ou travaux par an.

    Travailler en hyperbarie, c’est en effet intervenir dans un milieu inhabituel. Il s’agit d’adapter le corps, les mouvements et la technique à cette spécificité. Le facteur psychologique est également important : le professionnel qui intervient en milieu hyperbare, notamment s’il réalise des travaux en mer, peut être inquiet à l’idée d’évoluer dans un environnement hostile où il peut être confronté à des situations extrêmes. L’absence de visibilité, parfois l’obscurité totale, le froid, le courant, l’essoufflement, l’isolement et les perceptions de bruits et de vibrations non identifiables sont des facteurs aggravants.

    Pour toutes ces raisons, des incidents et des accidents parfois graves peuvent survenir lors d’activités hyperbares : accidents liés à des aspirations ou explosions, des intoxications aux mélanges gazeux (constitués d’oxygène, d’azote et/ou d’hélium…), accidents de décompression…

    L’évaluation des risques doit prendre en compte les risques liés à l’hyperbarie (maîtrise des méthodes de plongée et des mélanges gazeux), les risques dus aux techniques des activités réalisées ainsi que les facteurs aggravants, et notamment les risques spécifiques liés à l’environnement dans lequel les travaux sont réalisés.

    Un risque très encadré

    Selon l’arrêté du 14 mai 2019 qui définit les procédures d'accès, de séjour, de sortie et d'organisation du travail pour les travaux en milieu hyperbare (mention A), la durée quotidienne d'immersion est limitée à 3 heures réparties en une ou deux plongées. Elle est réduite à 90 minutes dans certains cas (houle forte, température de l'eau inférieure à 12 °C ou supérieure à 30 °C, gêne ou fatigue anormale de l'opérateur). De même si le professionnel doit manipuler des outils de plus de 15 kilos.

    Le législateur a également défini la composition des équipes. Pour la réalisation de travaux hyperbares, relevant de la mention A, il faut au minimum 3 personnes capables d’occuper 5 fonctions (un opérateur scaphandrier, un scaphandrier secours, un aide opérateur, un surveillant de plongée et un chef d'opération hyperbare). Il est conseillé qu’elles soient toutes titulaires de leur certificat d’aptitude à l’hyperbarie. Pour les interventions relevant de la mention B, 2 personnes minimum doivent intervenir.

    La législation précise également différents points : les procédures de contrôle des paramètres de la plongée, de fabrication et d’utilisation des mélanges respiratoires, la réalisation d’un manuel de sécurité hyperbare, la notice de poste, le processus de certification de l’entreprise lorsqu’elle réalise des travaux hyperbares (mention A), la désignation d’un conseiller à la prévention hyperbare…

    L’employeur doit en effet désigner une personne chargée d’assurer la fonction de conseiller à la prévention hyperbare. Ce dernier doit être titulaire d’un certificat d’aptitude à l’hyperbarie correspondant à la classe des opérateurs scaphandriers et obtenu à l’issue d’une formation dispensée par un organisme certifié.

    Le manuel de sécurité hyperbare précise, quant à lui, l’organisation de la prévention, les équipements à utiliser et leur vérification, les règles de sécurité, les méthodes d'intervention et d'exécution des travaux, les procédures d'alerte et d'urgence, les moyens de secours extérieurs à mobiliser, ainsi que les moyens de recompression disponibles en cas d’accident de décompression, et leur localisation.

    Les travaux en milieu hyperbare

    Le risque existe dès qu’un professionnel est exposé à une pression supérieure à la pression atmosphérique, qu’il intervienne dans le cadre de travaux sous l’eau ou dans une enceinte de type caisson hyperbare.

    Ce risque est amplifié par divers facteurs : durée d’exposition, température, hostilité du milieu, facteurs psychologiques…

    Les activités hyperbares

    Scaphandrier, opérateur travaillant dans un caisson hyperbare, professionnel des TP en charge de la construction de tunnels. Qu’ils travaillent sous l’eau ou dans une enceinte dont on a artificiellement augmenté la pression, tous ces professionnels évoluent en milieu hyperbare et peuvent être victimes d’accidents. Divers paramètres impactent le risque et doivent être pris en considération, comme la durée d’exposition, la température, l’hostilité du milieu, le stress…

    L’activité en milieu hyperbare qualifie une pression relative supérieure à 100 hectopascals. Il s’agit de la pression absolue au niveau des voies respiratoires de l’opérateur, au moment où elle atteint sa valeur maximale pendant la durée de travail, diminuée de la pression atmosphérique locale.

    A la surface de la Terre, nous respirons différents gaz qui composent l’air atmosphérique dont 21 % d’oxygène. La pression est en moyenne de 1 bar (environ 1013 hPa). Toute variation peut avoir des effets sur la santé. Sous l’eau, par exemple, la pression augmente de 1 bar tous les 10 mètres de profondeur.

    Plusieurs facteurs peuvent augmenter le risque d’accidents : conditions d’entrée et de sortie du poste de travail, température, vitesse du courant, présence de houle, dangers du milieu (isolement, présence d’animaux ou de végétaux dangereux), qualité du fluide dans lequel s’effectue la plongée, matériels utilisés, présence de bruits, luminosité…

    La profondeur, la fréquence et le temps d’exposition sont également à prendre en considération, de même que le facteur psychologique (angoisse, stress de l’opérateur).

    Travaux hyperbares : un risque qui peut être à l’origine d’accidents

    Les travaux hyperbares peuvent exposer les salariés à des accidents spécifiques. Ils peuvent être regroupés en trois catégories : accidents barotraumatiques, accidents de décompression et accidents biochimiques.

    Barotraumatismes, accidents de décompression, accidents biochimiques

    Les activités hyperbares peuvent provoquer des barotraumatismes, des accidents de décompression et des accidents biochimiques, avec des conséquences plus ou moins graves.

    Le travail en milieu hyperbare est un risque qui justifie au niveau médical un suivi individuel renforcé (SIR).

    Les barotraumatismes sont des accidents mécaniques liés aux variations de volume de gaz en fonction de la pression qui est appliquée sur l’organisme. Ces variations peuvent entraîner une lésion au niveau des cavités de l’organisme à la remontée à la pression atmosphérique, de gravité plus ou moins importante en fonction de l’organe touché. On parle alors de barotraumatisme des sinus, des oreilles, des dents ou, beaucoup plus grave, le phénomène de surpression pulmonaire.

    Les accidents de décompression (ADD) sont des accidents dus au phénomène de dégazage de l’organisme au moment du retour à la pression atmosphérique. Schématiquement, la partie de gaz inerte inspirée n’étant pas métabolisée par l’organisme au moment de sa « restitution » peut entraîner un phénomène dit bullaire et se loger au niveau d’un compartiment de l’organisme, créant ainsi une symptomatologie clinique.

    On distingue deux grands types d’ADD, classés en fonction de la gravité potentielle de la localisation de la bulle :

    • Les ADD de type 1 dits bénins qui sont représentés par les atteintes cutanées de type puces/moutons. On a également dans cette catégorie, ce qu’on appelle des « bends » avec une localisation ostéo-arthro-musculaire, lorsque la bulle s’est logée au niveau d’un muscle, d’un os ou d’un tendon.
    • Les ADD de type 2, plus graves, avec des présentations neurologiques variées en fonction de la localisation de la bulle soit au niveau de la moelle épinière (atteinte périphérique) ou bien de l’atteinte au niveau central (cerveau).

    Les accidents biochimiques sont pour leur part liés à l’exposition des gaz utilisés pendant les phases de travail (effet Paul Bert par exemple pour l’oxygène).

    Le risque hyperbare : un risque encadré réglementairement

    Du fait de la particularité des activités hyperbares et des conséquences graves pouvant survenir en cas d’accident, de nombreuses dispositions réglementaires existent.

    Afin d’encadrer de façon globale la réalisation d’activités hyperbares, le décret n° 2011-45 du 11 janvier 2011 relatif à la protection des travailleurs intervenant en milieu hyperbare est venu définir les modalités de réalisation des activités hyperbares, la classification de ces activités, les formations nécessaires, la composition des équipes…

    Ce décret a évolué et a été complété par différents textes venant préciser les modalités de réalisation des activités, notamment du fait de leur classification en mention A (travaux hyperbares), mention B (interventions en milieu hyperbare) ou mention D (hyperbarie sèche).

    Pour chaque mention, des modes de plongée, des formations et des règles administratives différentes existent. Ainsi, les entreprises réalisant des travaux hyperbares relevant donc de la mention doivent être certifiées.

    Un arrêté du 14 mai 2019 relatif aux travaux hyperbares effectués en milieu subaquatique (mention A) vient préciser les méthodes de travail en milieu hyperbare (les gaz et mélanges gazeux respiratoires, la durée des travaux, les procédures et moyens de décompression, les procédures de travail et procédures de secours, les équipements communs aux procédures et méthodes de travail). Cet arrêté définit également les spécificités de chacune des méthodes de travail : la plongée au narguilé à partir de la surface, la plongée à partir de dispositifs émergés, les scaphandres autonomes.

    Concernant les interventions de mention B, ces modalités sont précisées dans un autre arrêté également du 14 mai 2019.

    Un arrêté du 12 décembre 2016 précise les modalités de formation à la sécurité des travailleurs exposés au risque hyperbare, les conditions de certification des organismes de formation concernés et les conditions d'accréditation des organismes de certification.

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