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Isolation par projection de mousse polyuréthane - Rapport d’étude sur l’exposition professionnelle aux diisocyanates

L’isolation par projection de mousse de polyuréthane est une activité exposant les opérateurs aux diisocyanates. Les professionnels, conscients des risques associés, mettent déjà en œuvre des mesures de protection. Pour tenir compte du contexte réglementaire qui tend à se renforcer, ils ont souhaité évaluer leurs pratiques actuelles pour les faire évoluer et améliorer la protection des travailleurs ainsi que leurs conditions de travail.

Dernière mise à jour le : 23/03/2026

L’ouvrage « Isolation par projection de mousse polyuréthane - Rapport d’étude sur l’exposition professionnelle aux diisocyanates » décrit les différentes étapes de l’étude menée par l’OPPBTP en partenariat avec l’APST-BTP-RP, la FFB et l’UNECP-FFB.

Après une phase préparatoire pour définir les conditions de réalisation de ce projet, une étape d’observations de l’activité et de mesurages sur 15chantiers a été conduite. L’analyse combinée des constats et des résultats a permis de définir, avec les professionnels, des pratiques d’intervention intégrant la prévention des risques liés aux diisocyanates et l’amélioration des conditions de travail des opérateurs.

Les risques des diisocyanates dans l’isolation par projection de mousse polyuréthane

L’isolation par projection de mousse polyuréthane est une technique performante et largement utilisée dans le BTP. Elle expose toutefois les opérateurs aux diisocyanates, notamment au MDI, une substance classée sensibilisante respiratoire et cutanée.

L’exposition se fait principalement lors de la projection, qui génère des aérosols inhalables et des contacts cutanés. Les effets sur la santé peuvent être immédiats (irritations des yeux, de la peau, des voies respiratoires) ou différés, avec des pathologies comme l’asthme professionnel ou l’eczéma. Même à faible dose, une sensibilisation durable peut apparaître.

Une réglementation renforcée pour protéger les travailleurs

Face à ces risques, la réglementation européenne s’est durcie. Depuis août 2023, l’utilisation de produits contenant plus de 0,1 % de diisocyanates nécessite une formation obligatoire des opérateurs.

De nouvelles valeurs limites d’exposition professionnelle (VLEP) ont également été définies au niveau européen et devront être appliquées en France d’ici 2026. Ces évolutions imposent aux entreprises de mieux maîtriser les expositions sur chantier.

Une étude terrain sur 15 chantiers représentatifs

Le rapport repose sur une étude menée entre 2022 et 2023 sur 15 chantiers (maisons individuelles, logements collectifs, bâtiment industriel).

La méthodologie combine observations, entretiens et mesurages (individuels et ambiants), permettant d’analyser l’exposition réelle des opérateurs selon les phases de travail.

Les résultats montrent une forte variabilité des expositions selon les conditions de chantier, l’organisation du travail et les pratiques des équipes.

Des expositions élevées, surtout lors de la projection

La phase de projection est identifiée comme la plus exposante, avec des concentrations parfois supérieures aux valeurs limites.

Plusieurs facteurs influencent les niveaux d’exposition :

  • la ventilation des locaux,
  • la configuration du chantier,
  • le séquençage des tâches,
  • la présence simultanée d’opérateurs dans une même zone.

À l’inverse, le ponçage est globalement moins exposant, mais reste une phase à risque en l’absence de mesures adaptées.

L’organisation du chantier, levier clé de prévention

L’étude souligne que l’organisation du chantier est déterminante pour limiter les expositions.

Les bonnes pratiques identifiées incluent :

  • le calfeutrement de la zone de travail,
  • le maintien d’une ventilation naturelle,
  • la séparation des phases de projection et de ponçage,
  • un temps d’aération d’au moins une heure entre les phases.

À l’inverse, certaines pratiques (projection et ponçage simultanés, absence d’aération) augmentent fortement les risques.

Des équipements de protection à adapter aux situations

Les équipements de protection individuelle (EPI) sont essentiels mais parfois mal adaptés ou mal utilisés.

Le rapport recommande :

  • une protection respiratoire performante, idéalement à adduction d’air,
  • des combinaisons jetables adaptées (type 5/6),
  • des gants compatibles avec les risques chimiques,
  • un renouvellement régulier des équipements.

Le confort des EPI est également un enjeu, car un port contraignant peut réduire leur efficacité dans la durée.

Formation et prévention : des leviers incontournables

La formation des opérateurs est un élément central pour sécuriser les pratiques. Elle permet de mieux comprendre les risques, d’adopter les bons gestes et d’utiliser correctement les équipements.

Au-delà des obligations réglementaires, une approche globale combinant organisation, équipements et formation permet d’améliorer durablement la prévention des risques et les conditions de travail sur les chantiers.

Au sommaire du rapport d'étude « Isolation par projection de mousse polyuréthane - Rapport d’étude sur l’exposition professionnelle aux diisocyanates »

Retrouvez dans ce rapport d'étude à télécharger l’ensemble des étapes, ainsi que les préconisations organisationnelles et techniques auxquelles elles ont conduit.

  • Synthèse de l’étude
  • Objectifs
  • Contexte réglementaire
  • Méthodologie pour la réalisation des campagnes sur chantier
  • Résultats et interprétation
  • Bonnes pratiques d’intervention
  • Conclusion

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