Recenser les matériels et les équipements de travail nécessaires.
Balisage de la zone d'intervention
Une signalisation est mise en place pour l'intervention y compris sur site privé et/ou en intérieur.
Lors d'intervention sur la voie publique, le personnel met en place une signalisation temporaire adaptée. Il la renforce par un balisage de la zone d'intervention par des barrières extensibles, des barrières de regard, des chaînettes... L'équipe veille à protéger les ouvertures des 2 plaques d'égout.
Les différents équipements
Les équipements et dispositifs suivants sont remis aux égoutiers. Avant le début de l’opération, ils sont contrôlés par le surveillant suivant les préconisations du fabricant et les dispositions réglementaires. Il s'assure également de leur utilisation adéquate :
- appareils d'éclairage portatifs et lampes frontales,
- moyens de communication entre les intervenants, et entre le lieu d'intervention et leur base (talkie-walkie, sifflet...),
- détecteurs d'atmosphère portatif adapté aux risques évalués : oxygénomètre, explosimètre, détecteur de gaz et vapeurs,
- outillage adapté et en bon état,
- casques avec jugulaire,
- combinaison étanche jetable,
- chaussures, bottes ou cuissardes de sécurité de classe S5 SRC à coques et semelles antiperforation, résistantes aux huiles et hydrocarbures,
- gants étanches avec manchette en PVC nitrile contre l'abrasion, les coupures, les déchirures, les perforations, avec traitement antibactérien,
- lunettes masques antibuée ou écran facial et des protections auditives, si nécessaire,
- harnais antichute, trépied et potence,
- appareil de protection respiratoire isolant à adduction d'air comprimé ou autonome si une atmosphère saine ne peut être maintenue pendant toute la durée de l'intervention,
- masque autosauveteur. Le masque autosauveteur que chacun a sur soi ne doit être utilisé que pour évacuer une zone dangereuse et en aucun cas pour y travailler,
- gilet haute visibilité pour le surveillant en surface,
- panneaux de signalisation temporaire et balisage de la zone d'intervention,
- trousse de secours.
Equipements
Le détecteur de gaz
Chaque intervenant doit avoir sur lui un contrôleur d’atmosphère portatif en fonctionnement : cela permet la vérification en continu de l’atmosphère pour détecter immédiatement toute situation dangereuse (libération de gaz H2S dissous, fuite de gaz, défaut ou défaillance de ventilation…).
Porté au niveau de la cage thoracique, le détecteur 4 gaz portable mesure le risque d'explosion, de toxicité, le défaut ou l'excès d'oxygène (gaz explosifs, O2, CO et H2S). Il est correctement réglé (les seuils d'alarme basse et haute sont renseignés ou à défaut contrôlés) et permet la centralisation, l'archivage et le suivi des données.
Le détecteur est régulièrement calibré et mis en marche avant chaque intervention. Se référer à la notice du fabricant pour connaître le délai, qui est généralement de l'ordre de 10 minutes.
Détecteur 4 gaz Durant la journée, ne jamais éteindre le détecteur afin que les mesures soient effectuées en continu.
Le masque autosauveteur
Dans tous les cas, les intervenants portent un masque autosauveteur à la ceinture, en cas d'évacuation d'urgence. Ce masque est utilisé en cas d’alarme sonore et/ou visuelle du détecteur ou simplement sur avis des personnels identifiant toute situation anormale : odeur suspecte, gorge qui gratte, nez qui pique, présence d'animaux morts en quantité....
Un masque autosauveteur ne peut être utilisé que pour évacuer la zone dangereuse et en aucun cas pour y travailler. Les masques à cartouche filtrante ne doivent pas être utilisés car ils sont incapables de fournir l’oxygène nécessaire à la respiration de l’intervenant durant 10 à 15 minutes. Le non-respect de cette précaution entraîne fatalement l'asphyxie en cas de défaut d’oxygène.
Le masque autosauveteur est individuel et obligatoire : c'est le seul moyen pour un intervenant de s'en sortir en cas d'évacuation d'urgence. Ne pas en remettre au surveillant car il serait tenté de descendre en cas de problème.
Il faut avoir été formé à son utilisation.
Sur le terrain, le masque autosauveteur est valable 5 ans. Pour plus de lisibilité, apposez une étiquette sur l'emballage.
Masque autosauveteur Le harnais antichute
Chaque égoutier dispose d'un équipement de protection antichute complet composé d'un harnais et d'une longe. Ces équipements sont complétés par un dispositif d'ancrage mobile comme un trépied avec un enrouleur à rappel automatique. La présence d'un treuil d'évacuation de victime est recommandée. Ce dispositif permet de faciliter l'extraction de l'intervenant en cas de blessure ou de malaise.
Les documents spécifiques à l’intervention (plan de prévention ou permis d’entrer) précisent les points d’ancrage et les dispositifs d’amarrage prévus pour la mise en œuvre des équipements de protection individuelle, ainsi que les modalités de leur utilisation.
Lors de son intervention, si l'égoutier travaille près de l'échelle d'accès, il reste attaché à la longe, mais s'il s'éloigne, il se détache et attache la longe à l'échelle, à hauteur de regard, afin de la récupérer facilement en cas d'évacuation d'urgence.
Les protections respiratoires
Le port d'un masque respiratoire de type FFP2 est recommandé. Certaines interventions nécessitent un appareil respiratoire isolant (ARI). Le choix des moyens de communication se fait également en fonction de l'appareil de protection respiratoire utilisé.
Si le recours à un ARI est nécessaire pour effectuer une tâche (réalisation de certaines opérations telles que la déconsignation des arrivées de fluides, l'intervention dans un espace qui ne peut être assaini…), cet appareil est choisi en fonction de l’opération précise à accomplir (se reporter à la brochure INRS ED 6106 'Les appareils de protection respiratoire - choix et utilisation').
Le matériel
Mesures de prévention en zone ATEX
Si l’évaluation des risques laisse apparaître la possibilité de formation d’une atmosphère explosive (présence de matières organiques en décomposition, déversement accidentel d’hydrocarbures…), un détecteur d’atmosphère adapté à ce risque est utilisé.
Les équipements tels que l'éclairage, les appareils de ventilation, les contrôleurs d’atmosphère… sont conformes à la réglementation relative à la conception des appareils et des systèmes de protection destinés à être utilisés en atmosphère explosive - ATEX (cf. guide méthodologique INRS ED 945). Les matériels électriques et non électriques sont donc ATEX.
Mesures de prévention des risques électriques
Consigner les énergies et les fluides qui n’ont pu l’être depuis l’extérieur ; poser des obturateurs sur les arrivées de gaz et produits dangereux.
Si des travaux doivent être exécutés à proximité ou sur des équipements électriques, la consignation de ces équipements est réalisée conformément aux prescriptions de la NF C 18510.
Eclairage
Il faut s’assurer que l’installation d’éclairage électrique a été réalisée en tenant compte des égouts qui sont exigus et humides et qu’elle est conforme à la norme C15-100. En cas contraire, elle est consignée et le personnel travaille avec un éclairage de chantier approprié.
Un éclairage alimenté en très basse tension de sécurité - TBTS, constitué de lampes électriques portatives ou de lampes frontales, est mis à disposition des égoutiers.
Outillage
L’utilisation d’outils à main alimentés électriquement est interdite dans les zones présentant des risques d’inondation. Dans ces zones, seuls les outils à air comprimé ou hydrauliques sont utilisés.
Dans les autres zones, préférer les outils portatifs alimentés par batteries incorporées.
Mesures de prévention des risques de noyade
Faire procéder à la consignation hydraulique de la partie de l’ouvrage sur laquelle a lieu l’intervention pour empêcher qu’elle ne se remplisse accidentellement.
La consignation et la déconsignation des canalisations d’assainissement sont effectuées, sauf impossibilité, depuis l’extérieur de l’ouvrage. Si toutefois un opérateur est tenu de pénétrer dans l’ouvrage pour la réaliser, il est sécurisé contre les risques d’entraînement et est équipé d’un appareil respiratoire isolant.
Lorsque la consignation hydraulique ne peut être réalisée, le chef d’entreprise fait rechercher et analyser les informations météorologiques locales récentes (moins de 6 heures) et interdit la pénétration de personnes dans un égout en cas d’alerte météo de forte pluie ou d’orage. Ces informations sont réactualisées régulièrement pendant toute la durée de l’intervention. Il faut faire ressortir tous les égoutiers en cas d’alerte.
Le port d'un gilet de sauvetage autogonflable permet de prévenir le risque de noyade.
Les travailleurs intervenant au bord d’un puits, d’une fosse ou d’un réservoir contenant des liquides sont protégés contre les risques de chute dans ces effluents et contre les risques d’entraînement par des effluents en mouvement.
Mesures de prévention lors de travaux par points chauds
Les travaux par point chaud ne peuvent être réalisés que si un permis de feu a été délivré. Les opérateurs respectent scrupuleusement les dispositions de ce permis.