Le chronotachygraphe, appelé aussi tachygraphe, est un appareil de contrôle installé à bord des véhicules auxquels s’applique le règlement (CE) n° 561/2006 du 15 mars 2006. Autrement dit, le chronotachygraphe doit être installé dans les véhicules affectés au transport par route de marchandises et dont la masse maximale autorisée dépasse 3,5 tonnes. Toutefois, tous les véhicules de plus 3,5 tonnes ne sont pas concernés par cette obligation. Sont notamment exemptés :
les véhicules d’une masse maximale autorisée ne dépassant pas 7,5 tonnes utilisés pour le transport de matériel, d’équipement ou de machines destinés au conducteur dans l’exercice de ses fonctions, uniquement dans un rayon de 100 km autour du lieu d’établissement de l’entreprise de transport et à condition que la conduite du véhicule ne constitue pas l’activité principale du conducteur et que le transport ne soit pas effectué pour le compte d’autrui ;
les véhicules d’une masse maximale autorisée ne dépassant pas 7,5 tonnes utilisés pour le transport de matériel, d’équipement ou de machines destinés au conducteur dans l’exercice de ses fonctions ;
les véhicules dont la vitesse maximale autorisée ne dépasse pas 40 km/h.
La technologie des tachygraphes a évolué pour passer du chronotachygraphe analogique au chronotachygraphe numérique, puis du chronotachygraphe numérique à un numérique plus avancé, c’est-à-dire intelligent.
Le chronotachygraphe analogique fonctionnait avec un disque qui enregistrait notamment la vitesse du véhicule, le temps de conduite et le temps de repos. Ce disque était journalier et nominatif, ce qui signifie que si le conducteur changeait de véhicule, il devait l’installer dans le chronotachygraphe du véhicule suivant. En outre, le conducteur devait remplir manuellement les informations relatives à son lieu de départ, les kilomètres parcourus…
Le chronotachygraphe numérique fonctionne avec une carte à puce valide pendant 5 ans, délivrée par l’Etat. Cette carte permet l’identification du conducteur, ainsi que le stockage des données relatives à son activité.
Le chronotachygraphe numérique intelligent de deuxième génération (1C V2 ou Gen2V2) utilise quant à lui désormais la géolocalisation. Il permet notamment d’enregistrer des données précises et fiables sur la distance parcourue par le véhicule, les temps de conduite, les pauses, les temps de repos des conducteurs, l’identité et l’activité du conducteur, les données relatives au contrôle, à l’étalonnage et à la réparation du tachygraphe. Ainsi, ce type de chronotachygraphe permet d’améliorer la sécurité routière et de s’assurer que les conditions de travail des conducteurs, notamment les temps de conduite et de repos, soient respectées. C’est pourquoi aujourd’hui, tous les véhicules neufs de plus de 3,5 tonnes mis en circulation doivent en être équipés.
Concernant les véhicules de plus de 3,5 tonnes immatriculés avant 2023, ils doivent être dotés d’un chronotachygraphe de deuxième génération (1C V2 ou Gen2V2). Toutefois, les véhicules équipés après le 15 juin 2019 d’un chronotachygraphe numérique de première génération, un délai leur est accordé : ils ont jusqu’au 19 août 2025 pour installer le chronotachygraphe de deuxième génération.
Le chronotachygraphe numérique permet d’avertir les conducteurs lorsqu’il détecte un événement, une anomalie, ainsi que le risque de dépassement du temps de conduite maximal autorisé sans interruption. Ces avertissements permettent de faciliter le respect de la réglementation en matière de temps de conduite et de repos. Ils sont visuels et peuvent aussi être sonores. Ils durent au moins 30 secondes, à moins que le conducteur en accuse réception, en appuyant sur une touche quelconque du chronotachygraphe. Le motif de l’avertissement est affiché et reste visible jusqu’à ce que le conducteur en accuse réception, à l’aide d’un code ou d’une commande spécifique sur le chronotachygraphe.
Le chronotachygraphe installé dans le véhicule doit être constamment maintenu en bon état de fonctionnement. Il est soumis à des inspections régulières effectuées par des ateliers agréés, pour s'assurer notamment qu‘il est correctement installé et qu’il enregistre correctement les données relatives aux temps de conduite et aux temps de repos. Ce contrôle doit être renouvelé tous les 2 ans sous peine d’être puni d’une amende de 750 euros maximum (contravention de 4e classe). Si cette infraction est constatée, le véhicule peut également être immobilisé et retiré de la circulation jusqu'à ce qu'il ait été mis en conformité.
Aussi, pour prévenir les risques routiers liés à la fatigue des conducteurs, les entreprises doivent s’assurer que les temps de conduite et les périodes de repos des conducteurs sont bien respectées, via l’utilisation des chronotachygraphes, et encourager leurs salariés à prendre des pauses régulières. Elles peuvent également mettre en place des sensibilisations à destination des conducteurs sur les risques routiers liés à la fatigue.