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Conduite d’engins de chantiers : simuler pour mieux former

Thierry Beaurepère - Mise à jour le 13/08/2020 16:00

L’entreprise de BTP Gagneraud a testé un simulateur de conduite d’engins de chantiers, avec un double objectif : gagner en efficacité, tout en améliorant la sécurité. Elle pourrait décider de s’équiper dans les prochains mois.

Simulation de conduite d'engins dans l'entreprise Gagneraud

 

C’est une machine qui rappelle les simulateurs de vol des compagnies aériennes ; un engin qui, avec son fauteuil qui bouge et ses joysticks, ferait le bonheur des geeks. Mais ici, pas de pilote d’Airbus pour apprendre à atterrir, pas de FIFA 2020 ou de Lapins Crétins, les stars des jeux vidéo. La drôle de machine est un simulateur de conduite aux engins de chantiers – du bulldozer à la grue à tour – que l’entreprise Gagneraud vient de tester. Une première.

À l’origine de ce bijou technologique, on trouve le Suédois Tenstar, spécialisé dans la fabrication de simulateurs à but pédagogique. « Déjà présents en France dans les secteurs agricoles et industriels, nous souhaitons nous développer dans le bâtiment », précise Logan Godefroy, responsable commercial. Le test effectué avec Gagneraud est donc une étape majeure. Sous l’impulsion de Marc Prouet, coordinateur national sécurité, et de Kevin Soudry, animateur QSE en Normandie, l’entreprise de BTP s’est lancée dans l’aventure, convaincue des potentialités du simulateur.

Transportable en camion (120 kg), il s’installe en une demi-heure. Il est simple d’utilisation : une prise électrique, une connexion internet, et le tour est joué ! Avec ses trois écrans de 49 pouces pour reproduire le champ de vision (et un quatrième placé dans le dos), son fauteuil électromécanique équipé de deux joysticks, d’un volant et de pédales, il peut reproduire toutes les situations de conduite, plus vraies que nature.

L’homme-clé : Kevin Soudry- Animateur QSE

Licencie en gestion du risque en entreprise, Kevin Soudry (31 ans) a rejoint Gagneraud en 2017 en tant qu’animateur QSE. Membre de la commission sécurité de la Fédération régionale des travaux publics (FRTP) de Normandie, et particulièrement sensible aux projets numériques, il a insisté pour que l’unité normande du groupe soit en pointe. « Le simulateur permet d’apprendre à conduire des engins et de s’initier aux bons gestes en toute sécurité », argumente-t-il.

Apprendre sans risques

Simulateur Tenstar -

Sur trois écrans de 49 pouces, le simulateur du fabricant Tenstar peut reproduire les situations de conduites d'un engin de chantier.

Une vingtaine de salariés – novices et expérimentés – s’y sont essayés, à travers des séances d’une demi-heure, pour faire remonter ressenti et informations. Les retours sont positifs : pas besoin d’immobiliser de vrais engins et de dépenser en carburant, utilisation de la machine durant les périodes creuses (notamment les intempéries), démultiplication des possibilités (formation initiale, continue…). « Surtout, sur simulateur, il n’y a pas d’appréhension, de retenue. On apprend plus vite, et sans risques. Il suffit d’une heure pour assimiler les automatismes de conduite d’une pelle », se félicite Kevin Soudry.

L’animateur pointe aussi du doigt le réalisme des situations, avec même le bruit du vent pour une formation de grutier, et la possibilité de réunir plusieurs salariés autour du simulateur, qui apprennent en regardant. Dans certains cas, par exemple un exercice de terrassement exigeant plus de précision, un casque de réalité virtuelle en 3D ajoute encore au réalisme.

Reste à valider la pertinence économique du simulateur. Il coûte 45 000 à 50 000 euros, auxquels il faut ajouter le prix des licences pour chaque engin de chantier simulé (environ 5 000 euros l’unité). L’OPPBTP va accompagner l’entreprise dans cette réflexion, notamment en formant six personnes sur le module « Relier prévention et performance économique. »

Le groupe Gagneraud

  • Groupe familial (bâtiment, travaux publics, production de matériaux…)
  • Création : 1880
  • Réseau de 28 entreprises autonomes (Gagneraud Construction, Marc S.A, Cathelain…) et cinq directions régionales
  • 3 000 salariés
  • 600 millions d’euros de chiffre d’affaires


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