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Poussières de bois : de nouvelles méthodes d'évaluation

- Mise à jour le 22/02/2019 12:00

Les moyens de réduire les risques liés aux poussières de bois font encore l’objet de nombreuses questions sur le plan réglementaire, technique et économique. Lors de la Journée technique Poussières de bois du 29 janvier dernier, de nouvelles méthodes d’évaluation des expositions, destinées à aider les entreprises, ont été présentées.

Opérateur travvaillant dans un atelier bois

 

Le risque poussières de bois, qui concerne 369 600 salariés, dont la moitié dans le BTP, reste encore complexe à appréhender par les entreprises concernées. Une Journée technique a été organisée le 29 janvier dernier par l'Institut technologique FCBA, en partenariat avec l’OPPBTP et avec le soutien du Codifab à la demande des organisations professionnelles. Cette journée a permis de faire le tour des enjeux et de présenter de nouvelles pistes d’action.

Outre le captage à la source et les systèmes d’extraction et d’aspiration la mise en œuvre d’une prévention collective efficace repose aussi en amont sur une évaluation du risque dont l’enjeu clé est le respect de la valeur limite d’exposition (VLEP), fixée par la France à 1 mg/m3. Le contrôle de cette dernière doit être réalisé suivant un arrêté métrologie mis en place en 2009 autour de la notion de groupes d’exposition homogène (GEH), un regroupement d’opérateurs effectuant les mêmes tâches, sur des machines et dans des conditions similaires permettant d'attribuer un niveau d’exposition identique pour tous. Toutefois, l’hétérogénéité des situations d’exposition dans les ateliers bois ne facilite pas la constitution des GEH.

Répondre aux besoins des entreprises

Une série d’études, pilotées par l'Institut technologique FCBA et financées par le Codifab, ont mis en évidence les difficultés rencontrées par les entreprises pour répondre à leurs obligations, mais aussi les limites de la mesure basée sur la pesée, qui ne fournit pas d’informations sur la situation d’exposition.

Une première avancée a donc consisté à se pencher sur l’utilisation d’appareils à lecture optique autorisant une mesure directe et en continu de l’empoussièrement. En s’appuyant sur cette métrologie prometteuse, la dernière étude en date, Propobois, initiée en 2016 dans le cadre d’une nouvelle convention FCBA-OPPBTP et menée avec le fabricant d’appareils optiques ATC-Casella , a voulu aller plus loin en répondant à deux besoins exprimés par les entreprises : « d’une part identifier et comprendre les situations d’exposition, d’autre part faciliter la constitution des GEH », a expliqué Lyne Bricka, chef de projet des études « Poussières de bois » à l'Institut technologique FCBA, qui en a dévoilé les premiers résultats.

ZOOM SUR

Un portail spécialisé en cours de développement

Le FCBA a annoncé la mise en chantier, au second semestre, d’un site consacré aux poussières de bois, à destination des professionnels de la filière. Cet outil permettra notamment aux entreprises de réaliser leur auto-évaluation du risque et d’identifier des pistes d’action en s’appuyant sur une base de données d’études et de bonnes pratiques. La plate-forme assurera également une veille réglementaire et favorisera les échanges entre entreprises et avec les fabricants.

Consulter le site de l'insitut FCBA

Identifier les sources d'expositions

Neuf entreprises, de taille et de secteur d’activité distincts, ont été sélectionnées et treize procédés différents étudiés. À partir de la matrice ED 62215, créée par l’INRS et enrichie de nouveaux procédés et critères, l’analyse a croisé deux axes, l’émissivité des machines, soit le niveau d’exposition généré intrinsèquement, et l’exposition de l’opérateur, qui dépend de son axe et de sa distance par rapport à la machine, des protections et de la durée d’exposition. Le croisement de ces données a abouti à une cotation finale destinée à constituer les GEH. Les mesures elles-mêmes ont été réalisées d’une part ponctuellement, afin de repérer les points les plus émissifs autour de la machine, et d’autre part sur toute sa durée d’utilisation. Grâce à ces relevés, en lien avec l’observation des situations de travail, une identification précise des sources d’exposition a été possible.

Protections collectives et bonnes pratiques

Prévention du risque poussières de bois

 

Des solutions pour limiter l’exposition aux risques

Les effets sur la santé liés à l’inhalation des poussières de bois ou à un contact cutané sont bien documentés : responsables de multiples allergies et pathologies ORL, ces particules sont mises en cause notamment dans les cancers naso-sinusiens et celui de l’ethmoïde. De par leur nature, elles peuvent également être à l’origine d’explosions ou d’incendies. Limiter l’exposition des opérateurs à ce risque d’autant plus pernicieux qu’invisible et à effets différés passe par :

  • des choix matériels, techniques et organisationnels adaptés, avec deux points de vigilance que sont le captage à la source des poussières au niveau des machines,
  • les systèmes d’aspiration et d’extraction installés au sein des ateliers.

Ces dispositifs requièrent d'importants investissements, qui ne doivent pas devenir des freins à la compétitivité.

Consulter notre dossier Poussières de bois

Définir les priorités d'action en matière de prévention

Dans le cas d’un centre d’usinage, par exemple, le pic le plus élevé a été associé à l’étape de nettoyage, très exposante. L’étude a aussi permis de mieux cerner les avantages et les limites des appareils à capteurs optiques, en vue de la publication à venir d’un guide de bonnes pratiques. L’INRS a également mené des tests sur des machines électroportatives, avec des relevés de niveaux d’émissions très variables d’un modèle à l’autre. Ces travaux ont un mérite évident pour les entreprises : leur permettre d’identifier leurs priorités d’action en matière de prévention et de mieux cibler leurs investissements. C'est ce que démontre l’étude Prévention et Performance de l’OPPBTP  Installation d'une aspiration haute dépression dans un atelier de menuiserie , un impact économique positif à la clé.

Mais les acteurs de la filière et leurs partenaires en prévention n’ont pas l’intention d’en rester là. En attendant une évolution réglementaire, qui prendrait mieux en compte les spécificités du risque poussières de bois, des guides et des outils pratiques exploitant les études en cours sont au programme. L’idée d’une labellisation des machines en fonction de leur niveau d’émissivité fait également son chemin.

À consulter également

Ministère du travail
Enquête Sumer 2010



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