Le bruit

Homme travaillant dans un atelier avec un casque pour se protéger du bruit

Préserver la santé auditive constitue un enjeu de prévention majeur dans les métiers du BTP. Du chantier à l’atelier, le bruit est omniprésent. Lors d’une exposition prolongée et répétée, il peut affecter la santé et le travail. Pour protéger les salariés des atteintes dues à cette exposition, le dispositif de prévention repose sur l’évaluation des risques puis l’adoption de mesures collectives et le port de protections individuelles contre le bruit (PICB).

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Évaluer et mesurer l’exposition au bruit

L’évaluation du risque lié au bruit constitue la toute première étape de la démarche de prévention. Elle comprend une estimation du niveau sonore et, si nécessaire, sa mesure. Selon la durée et le niveau de l'exposition, la réglementation définit trois seuils. À chaque seuil correspond un ensemble de mesures allant de la suppression ou réduction du bruit jusqu’à la diminution de l’exposition.

Commencez par l'évaluation des risques. C'est la première action d'une démarche de prévention qui passe par plusieurs étapes :

  1. Évaluer et mesurer les niveaux de bruit auxquels est exposé le personnel.
  2. Établir un programme de mesures techniques et/ou organisationnelles à partir des résultats de l’évaluation des risques.
  3. En complément, mettre à la disposition des salariés des protecteurs auditifs individuels. Veiller au port des PICB et à leur utilisation correcte.
  4. Informer et former les opérateurs.

En adoptant cette démarche, vous vous assurez d’être en conformité avec les dispositions légales. Pensez à respecter les obligations d’information, de formation et de surveillance médicale des travailleurs.

Effectuez votre évaluation des risques grâce à notre outil en ligne

Le niveau sonore des postes et des situations de travail

L'estimation du niveau sonore

Pour estimer le niveau sonore à un poste, effectuez au préalable le test suivant :

  • s'il est nécessaire d’élever la voix pour communiquer avec un collègue situé à 1 mètre, le risque lié au bruit est élevé.
  • s'il faut crier pour se faire entendre à 2 mètres de distance, le niveau sonore est évalué à au moins 85 dB (A) : le risque est avéré.

Une fois ce test réalisé, procédez à l’estimation :

  1. Caractérisez les sources de bruit (machines, outils, environnement, coactivité, voix, etc.).
  2. Distinguez les bruits continus et les bruits intenses mais de courte durée. Notez les situations dans lesquelles ils se produisent.
  3. Effectuez des mesures représentatives de l’activité.

Attention : prenez en compte tous les travailleurs concernés dans une unité de travail. Par exemple, plusieurs travailleurs sont exposés au bruit lorsqu’ils se trouvent au voisinage de quelqu’un qui pioche.

Organisez cette démarche en sollicitant le personnel, ses représentants, le CSE s’il existe ou, à défaut, le conseiller OPPBTP, le médecin du travail… En ce qui concerne le personnel, veillez particulièrement à prendre en compte le vécu des salariés pour établir le diagnostic et faciliter la priorisation des actions.

Le mesurage

Lorsque le risque est avéré, un mesurage est nécessaire pour déterminer son importance. Il doit être effectué par des personnes compétentes, internes ou externes à l’entreprise. Le mesurage peut être réalisé selon deux approches différentes mais souvent confondues, la cartographie et la dosimétrie.

  • La cartographie permet de repérer un certain nombre de sources de bruit et d’établir une carte de bruits aisément communicable.
  • La dosimétrie consiste à mesurer les niveaux sonores réellement reçus par les salariés, grâce à un appareil porté sur des périodes représentatives de l’activité (plusieurs heures).

Assurez-vous que les mesures sont réalisées conformément à la norme NF EN ISO 9612 sur la détermination de l'exposition au bruit en milieu de travail.

  Transcrivez les résultats de cette évaluation dans votre document unique

Le saviez-vous ?

Il est possible de faire appel aux experts des Carsat ou d’un bureau d’étude acoustique pour élaborer une cartographie acoustique du lieu. Le sonomètre permet également de mesurer les décibels, et il est parfois intégré dans l’EPI. Il existe aussi des applications pour smartphone qui évaluent le niveau sonore.

Les seuils d’exposition et les actions correspondantes

L’exposition au bruit dépend du niveau de bruit perçu par l’oreille, de la puissance acoustique, et de la durée. Des seuils d’exposition ont ainsi été établis. Ils sont déterminés à partir des deux valeurs suivantes :

  • l’exposition moyenne (Lex, 8h) : le niveau acoustique moyen sur une durée de 8 heures. S’exprime en dB(A).
  • le niveau de crête (Lp, c) : niveau instantané maximum observé pendant la journée de mesure. Il permet de mesurer les bruits intenses, mais de courte durée, comme par exemple l’impact d’un marteau sur de la tôle. S’exprime en dB(C).

Selon les seuils d’exposition, la réglementation prévoit un ensemble de mesures de prévention à mettre en œuvre.

Seuils d'exposition réglementaires au bruit

La valeur limite d’exposition prend en compte le port du PICB.

Compte professionnel de prévention

Le bruit appartient aux facteurs de risques professionnels pouvant être pris en compte au titre du Compte professionnel de prévention (C2P) lorsque l'exposition dépasse certains seuils définis à l'article D.4163-2.

Chaque seuil doit être considéré séparément pour que l'exposition au risque soit avérée. Voici les seuils retenus :

  • Pour le niveau d'exposition moyen du salarié sur 8 heures : au moins 81 dB (A) pendant 600 heures par an minimum.
  • Pour le niveau de pression acoustique de crête : au moins 135 dB (C), 120 fois par an minimum.

Pour rappel, ces niveaux sont définis par le niveau du bruit résiduel à l'oreille, c'est-à-dire lorsque les travailleurs portent les protecteurs individuels contre le bruit (PICB).

Le saviez-vous ?

Lorsqu’ils sont exposés quotidiennement à des niveaux de bruit supérieurs à 80 dB(A) ou à un niveau de crête supérieur à 135 dB(C), les travailleurs peuvent passer un examen audiométrique à leur demande ou à celle du médecin du travail.


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