Les activités exercées en milieu hyperbare

Activités en milieu hyperbare

L’intervention en hyperbarie est caractérisée par une pression du milieu de travail supérieure à la pression atmosphérique. Définie par la loi comme facteur de pénibilité, cette situation n’est pas rare et touche, pour la branche du BTP, les travaux publics sous-marins, les percements de tunnels et le travail en caisson hyperbare. Bien que fortement réglementés, les travaux hyperbares peuvent entrainer des incidents ou des accidents susceptibles d’engendrer des effets allant de la simple gêne au niveau des oreilles jusqu’au décès. Outre l’exposition à une pression supérieure à 100 hPa, le facteur de pénibilité associé à ces activités tient compte de plusieurs paramètres liés aux conditions de travail des scaphandriers.
Dossier en cours de mise à jour

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Comprendre les enjeux

Description et effets sur l'homme

Description

Un milieu hyperbare est un milieu subaquatique ou sec où la pression est supérieure à la pression atmosphérique. Toutes les activités menées dans ces milieux entraîne des contraintes physiologiques importantes et accentuent la pénibilité des tâches.

Effets sur l’Homme  

Le travail en hyperbarie peut entraîner des incidents ou accidents susceptibles d’engendrer des effets allant de la simple gêne au niveau des oreilles jusqu’au au décès.

On distingue 4 niveaux  de gravité parmi les accidents de plongée  :

Niveau 1 : les incidents

Situations de travail à l’origine d’un dysfonctionnement de la procédure de plongée qui n’ont donné lieu à aucun dommage corporel avéré : remontée rapide sans séquelles, non respect des paliers, dépassement mineur de la profondeur, …

Niveau 2 : les accidents dit « de type I » considérés comme « bénins »

  • Accidents cutanés liés à l’apparition de bulles de gaz dans les capillaires sous cutanés (« puces », « moutons »).
  • Accidents ostéo-arthro-musculaires provoqués par la présence de bulles de gaz dans les articulations, les tendons, les os et les vaisseaux articulaires (« bends ») qui peuvent évolués en cas d’absence de soin ou de survenues répétitives en ostéonécrose dysbarique  (tableau de maladie professionnelle N° 29). L’ostéonécrose dysbarique peut également survenir en absence de signe précurseur et avec une grande latence après l’exposition.

Niveau 3 : les accidents dit « de type II » considérés comme sérieux

  • Accidents vestibulaires : blocages circulatoires par des bulles d’azote.
  • Accidents cérébraux (rares) : dus à des troubles circulatoires  entraînant des troubles neurologiques (épilepsie, hémiplégie).
  • Accidents de la moelle épinière : paraplégie.

Niveau 4 : les accidents en plongée tels que des effets psychologiques (stress important par ex.) dus au défaut de visibilité ou à de forts courants, des accidents par noyade, des vertiges dus au découpage sous l’eau, …

Principales situations du BTP et facteurs aggravants

Les principales situations rencontrées dans le BTP sont :

Toutes les activités subaquatiques de génie civil ou de travaux publics tels que :

  • Inspections préalables à des travaux subaquatiques.
  • Balisage des travaux.
  • Travaux en zone portuaire ou site fluvial, lacustre ou maritime.
  • Travaux de géotechnique (forage, carottage).
  • Travaux sur ouvrages immergés, écluses, sas, aqueducs, collecteurs, assainissement,…
  • Travaux sur installations industrielles, nucléaires, médicales, agro-alimentaires, conchylicoles ou infrastructures métalliques.
  • Travaux sur canalisations ou câble en souille ou lestés.
  • Dépollution pyrotechnique.
  • Utilisation d’explosifs subaquatiques.
  • Travaux sur navire hors embarcation de plaisance et navires militaires (mise sur tin, travaux sur anodes sacrificielles, soudage, renflouement,…).

Les travaux à sec : caissons immergés, tunneliers.

Facteurs aggravants

L’homme n’étant pas un être aquatique, tous les facteurs considérés comme mineurs à l’air (sous pression atmosphérique) peuvent devenir aggravants sous l’eau :

  • La profondeur ;
  • La qualité du fluide dans lequel s’effectue la plongée ;
  • Le bruit et les ondes soniques ;
  • La luminosité ou son absence ;
  • Les conditions météorologiques ;
  • Les courants dans le fluide ;
  • Les matériels utilisés ;
  • Les circulation des embarcations ;
  • Les conditions d’entrée et de sortie ;
  • Les conditions de vie et l’hygiène
  • Les relations aux autres acteurs ou aux riverains

Caractérisation du risque

Le risque existe dès lors que la pression est supérieure à une pression de 100 hPa.

Cependant, les conditions de travail peuvent être appréciées différemment par les travailleurs selon des facteurs tels que :

  • Les conditions d’entrée et de sortie du poste de travail (habillage/déshabillage, port d’équipement lourds, douches répétitives, compression/décompression) ;
  • Les conditions environnementales d’exercice spécifiques au métier : liées notamment à la température, la vitesse du courant, la houle …
  • La profondeur, la fréquence et le temps d’exposition à une pression supérieure à 100 hPa ;
  • La nature des équipements de protection individuelle  mis à disposition des travailleurs ;
  • Les dangers du milieu de travail : obscurité, isolement, milieu hostile, présence d’animaux ou de végétaux dangereux;
  • Les peurs du travailleur ;
  • La capacité individuelle de lutte contre la narcose…

Évaluation du risque

L’évaluation des risques doit prendre en compte :

  • les risques liés à l’hyperbarie (maîtrise des techniques et des gaz) ;
  • les risques dus aux techniques des travaux réalisés ;
  • les facteurs aggravants et notamment les risques spécifiques liés à l’environnement dans lequel les travaux sont réalisés.

De plus, l’acceptabilité des conditions de travail doit être évaluée en vue d’aménager si besoin est  le poste de travail, la durée d’exposition, les rythmes de travail et les conditions de repos, de vie et d’accès sur zone ou autre.
L’évaluation consiste à définir les situations comportant des critères propices à de meilleures conditions de travail et celles qui impliquent des conditions préjudiciables. Un outil est en préparation.
Transcrire les résultats dans le document unique et dans le manuel de sécurité hyperbare.

Démarche de prévention

Certaines actions possibles en application des principes généraux de prévention sont détaillés aux pages 5 et 6 de la fiche Prévention des risques hyperbares de l’OPPBTP rédigée avec la collaboration des médecins du travail.

Pour définir les mesures de prévention et d’amélioration des conditions de travail, nous vous engageons à :

  • procéder à une analyse des postes de travail ;
  • vous appuyer sur des entretiens avec les scaphandriers à propos des difficultés particulières des chantiers,
  • prendre en compte ces questions lors des réunions de CHSCT ;
  • tenir compte l’avis du médecin du travail.

Liens utiles

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