Le secteur de la construction est le premier secteur économique qui recourt à l’acte d’intérim avec un total de 18,4 % du recours total à l’intérim au troisième trimestre 2023 (soit 141 500 ETP équivalent temps plein, voire le graphe 1 ci-dessous). Le taux de recours à l’intérim de la construction est l’un des plus élevés avec 8,3 % à la fin du deuxième trimestre 2023, le taux de recours national étant de 3,2 %. Ce taux est en léger recul depuis la crise Covid. Il avait alors atteint 10,3 % en 2018 et 2019.
Lors d’un accident impliquant un salarié intérimaire, l’agence d'emploi (AE) prend en charge la totalité du coût de l’accident du travail (AT), sauf pour les accidents graves (IPP – incapacité permanente partielle supérieure ou égale à 10 %) ou mortels, pour lesquelles l’entreprise utilisatrice (EU) prend en charge un tiers du coût de la rente qui résulte de l’accident. Ainsi jusqu’à récemment, les seules statistiques permettant de discriminer le secteur d’emploi d’un salarié intérimaire blessé concernaient uniquement les AT graves et mortels. Les données de la Cnam ne permettaient pas, par exemple, de connaître le nom et le secteur de l’entreprise utilisatrice (EU).
Le secteur de la construction cumule 45,5 % des accidents graves impliquant une incapacité permanente partielle (IPP) supérieure ou égale à 10 % subie par des salariés intérimaires en 2021, et en moyenne plus de 40 % au cours des cinq dernières années (38,6 % en 2017, 41,7 % en 2018, 44,2 % en 2019, 39,4 % en 2020).
De même, plus de la moitié des accidents mortels intérimaires, concernent des salariés intérimaires travaillant pour une EU du secteur de la construction (56,0 % en 2021, 51,2 % en 2020, 52,9 % en 2019, 48,9 % en 2018, 62,5 % en 2017).
Alors que la construction utilise moins de 20 % des travailleurs intérimaires, ceux-ci cumulent plus de 40 % des AT graves et plus de la moitié des décès. Les intérimaires du BTP subissent donc une surexposition très importante aux accidents graves et mortels.
Source : voir Tableau 3