« Au moment du décrochage, le câble tire 1 500 kg en tension, explique Cédric Raynal. Si on lâche d’un coup ou si un ancrage cède, l’hélicoptère va prendre une forte secousse et le crash est inévitable. Les poteaux béton risquent de rompre sous la torsion, avec un risque majeur pour les compagnons situés dans la nacelle. » Pour l’éviter, tous les points d’ancrage ont été doublés à l’aide de filins pouvant retenir dix fois la traction maximale que l’hélicoptère peut engendrer. De plus, la gueuse suspendue par une élingue à l’hélicoptère – et à laquelle le conducteur va être fixé – est également équipée d’une corde tenue au sol par un opérateur. « Ce dispositif dit de moulage consiste à donner du mou au câble pour le lâcher progressivement, sans qu’il ne touche les panneaux en dessous, et à accompagner le levage sur les premiers mètres », commente le chef d’entreprise. « La préparation avec Cédric est essentielle, notamment ce transfert progressif de la tension du câble à la machine, confirme Antoine Fontaine, le pilote de l’hélicoptère. Le tirage de câble n’est pas le plus dangereux des travaux héliportés mais c’est le plus pointu. Déposer des câbles, on sait faire, mais cette intervention est très particulière, car nous devons constamment garder la tension des câbles et l’hélicoptère vole avec une inclinaison. »