Une troisième approche a été développée par la société Equans qui, avec l’aide du cabinet ID.QUATION, propose des parcours de formation de ses relais sur cinq jours. Deux jours au cours desquels sont exposées quelques bases en ergonomie en lien avec le contexte dans lequel ils évoluent. Un jour sur le terrain. Un quatrième jour de retour d’expérience pour analyser sa propre position d’observateur et enfin un dernier jour pour apprendre à être « ambassadeur » de cette approche.
Chacune des trois expériences partagées présente des forces et des faiblesses. Du côté des atouts de ces expériences, le fait qu’elles permettent de démultiplier le regard ergonomique dans des structures qui ne disposent que de quelques ergonomes. Grâce aux « relais », la démarche ergo est mieux connue, comprise et partagée. Ce réseau d'acteurs de terrain contribue à la cartographie des situations à problèmes, et permet d’impulser des actions de premier niveau. Pour autant, on ne devient pas ergonome en une simple formation, notent les intervenants. Par ailleurs, les différents outils de sensibilisation pourraient exposer au risque de faire un effet loupe sur la tâche analysée sans prendre en compte les temps de pause, la rotation des activités et l’organisation générale du chantier. Sans oublier les biais liés à l’observateur. Laurent Ranucci, référent santé et ergonomie chez Equans, constate ainsi que lors des exercices de cotation, les stagiaires ont « tous la même grille, tous la même vidéo et tous les mêmes temps de visionnage ». Les résultats sont souvent différents, ce qui est logique et ce phénomène est anticipé avec un système de cotation qui est en réalité semi-automatique, basé sur la capture de mouvements (motion capture).
Après huit années d’expérimentation, Armelle Delas constate que les relais ergo ont globalement atteint leur objectif en permettant notamment un « partage des bonnes pratiques, une fluidification des messages portés par le pôle ergo, une responsabilité de chacun des acteurs à la prise en compte de l’ergonomie dans son métier ». Même si ces outils ne sont pas parfaits et demeurent améliorables, ils aident à diffuser une approche ergo dans un secteur où les préventeurs sont bien souvent plus focalisés sur la sécurité que sur le bien-être et la santé. En espérant que, à l’avenir, ces relais resteront le bras armé des pôles ergonomie et qu’ils ne viendront pas à prendre la place de ces derniers.